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		<title>Biodivers - Contributions de l’utilisateur [fr]</title>
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		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12314</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
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				<updated>2023-03-12T15:05:16Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Auteures */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodiversitymonitoring.ch/index.php/fr/ Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2013/765/fr Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [https://www.ateliernature.ch/lequipe/ atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12313</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12313"/>
				<updated>2023-03-12T15:03:14Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Bases légales */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodiversitymonitoring.ch/index.php/fr/ Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2013/765/fr Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12312</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12312"/>
				<updated>2023-03-12T15:01:48Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Bases légales */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodiversitymonitoring.ch/index.php/fr/ Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2013/765/fr Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12311</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12311"/>
				<updated>2023-03-12T14:58:36Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Bases légales */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodiversitymonitoring.ch/index.php/fr/ Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.fedlex.admin.ch/eli/cc/2013/765/fr Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12310</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12310"/>
				<updated>2023-03-12T14:57:19Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Menaces */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodiversitymonitoring.ch/index.php/fr/ Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12309</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12309"/>
				<updated>2023-03-12T14:54:57Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodiversitymonitoring.ch/index.php/fr/ Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12308</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12308"/>
				<updated>2023-03-12T14:52:33Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [http://www.biodiversitymonitoring.ch/fr/home.html Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12307</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12307"/>
				<updated>2023-03-12T14:49:57Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://scnat.ch/fr/uuid/i/f9d43fe8-182f-5d8a-9ddc-0c8c6e484037-Rapport_de_projet_en_allemand_Surface_requise_pour_la_conservation_de_la_biodiversit%C3%A9_et_des_services_%C3%A9cosyst%C3%A9miques_en_Suisse Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG (2019) : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole 2019].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [http://www.biodiversitymonitoring.ch/fr/home.html Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12306</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12306"/>
				<updated>2023-03-12T14:41:08Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand), [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://sciencesnaturelles.ch/uuid/ebe7067d-cf2b-5848-9c44-c2463c4a3086?r=20190807115818_1565134811_1a9bc2c4-f58d-5dba-8dde-525a8e077389 Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG (2019) : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole 2019].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [http://www.biodiversitymonitoring.ch/fr/home.html Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12305</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12305"/>
				<updated>2023-03-12T14:28:55Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/cartographie-et-evaluation-prairies-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par [http://www.dr-kapfer.de/index.php/download.html Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand)], [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://sciencesnaturelles.ch/uuid/ebe7067d-cf2b-5848-9c44-c2463c4a3086?r=20190807115818_1565134811_1a9bc2c4-f58d-5dba-8dde-525a8e077389 Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG (2019) : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole 2019].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [http://www.biodiversitymonitoring.ch/fr/home.html Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12304</id>
		<title>Milieux prairiaux/Informations de base</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Informations_de_base&amp;diff=12304"/>
				<updated>2023-03-12T14:27:12Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Grundlagen]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Fromentalwiese ABosshard zg 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Les prairies à fromental ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Succession et importance des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
A quelques exceptions près, les milieux prairiaux ne sont pas naturels – si on cesse d’utiliser ces surfaces, la plupart d’entre elles retournent à la succession naturelle. Maag et al. (2001) montrent les processus de succession à l’œuvre sur différentes stations. Chaque étape de la succession – d’une pelouse sèche jusqu’à la forêt par exemple – a sa propre valeur sur le plan écologique ; la diversité des espèces peut être augmentée par la présence dans le voisinage de plusieurs stades de succession différents (Diacon et al. 2011). Les différents stades de l’enfrichement et de l’embroussaillement sont des zones de refuge et des réservoirs de nourriture bienvenus pour les reptiles, les araignées et de nombreux insectes. Les friches jeunes, en particulier, peuvent être extrêmement précieuses sur le plan faunistique et floristique ; à l’inverse, la diversité spécifique est menacée à long terme dans les friches permanentes (Dipner &amp;amp; Volkart 2010). &lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- Abbildung weglassen, weil nicht in guter Qualität zur Verfügung; Alternative: Foto einwachsender Wiese. Les phases de l’embroussaillement des pelouses mi-sèches laissées à l’abandon sont présentées dans l’illustration suivante (source : Briemle et al. 1993) : --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux ont une grande importance à plusieurs égards, et ils rendent un large panel de services écosystémiques généraux, non spécifiques à ces milieux : production, ressources génétiques des plantes fourragères, services liés à la pollinisation, protection contre l’érosion, services culturels, stockage de carbone (Guntern et al. 2013). Les aspects esthético-paysagers de ces habitats revêtent aussi une grande importance, que ce soit en regard de leur exploitation touristique ou de leur fonction ressourçante. D’un point de vue agricole, le rôle des milieux prairiaux comme sites de production de fourrage est central. C’est bien la raison pour laquelle les prairies et pâturages se sont vus « optimiser » pour l’exploitation agricole au cours des dernières décennies. Les races à haut rendement posent des exigences élevées quant à la valeur nutritive des herbages, par exemple : dans les stades jeunes, la teneur en fibres est plus faible et la part de protéines brutes et de minéraux plus élevée. La valeur énergétique et la digestibilité du fourrage sont donc meilleures. A la lumière de ces exigences, une économie laitière à haut rendement et la conservation de milieux prairiaux riches en espèces ne sont pas compatibles (Gerowitt et al. 2011) ; les prairies intensives n’ont quasi pas de valeur sur le plan écologique, en comparaison avec les herbages riches en espèces.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Typologie des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux peuvent être classés en sous-catégories qui reflètent les critères botaniques, écologiques ou fourragers sur lesquels on met l’accent.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = haber fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Haber (2014) subdivise les milieux prairiaux au sens large comme représenté ci-dessus.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dietl &amp;amp; Grünig (dans Oppermann &amp;amp; Gujer 2003, p. 60), classent les prairies (de fauche) riches en espèces de Suisse en 19 types, selon leur bilan hydrique et de nutriments. Leur présentation en tableau montre les groupes et combinaisons d’espèces remarquables pour chaque type de prairies. La systématique susmentionnée a été encore développée pour les herbages fertilisés, et [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux Bosshard (2016) distingue par conséquent neuf types de milieux prairiaux fertilisés].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Genèse et répartition altitudinale des types de prairies fertilisées. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Clé de détermination dichotomique simplifiée des prairies à fromental et à avoine doré dans Bosshard (2016, p. 188).&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls Clé de détermination des types de prairies naturelles fertilisées de Suisse (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://ira.agroscope.ch/fr-CH/Page/Publikation/Index/46127 Clé de détermination des habitats des paysages cultivés ouverts (Buholzer et al. 2015)]&lt;br /&gt;
* La [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html méthode de cartographie et d’analyse utilisée pour l’élaboration de l’inventaire des prairies et pâturages secs] est présentée dans le rapport technique (Eggenberg et al. 2001)&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/4-pelouses-et-prairies.html Classification des habitats des milieux prairiaux selon Delarze et al. (2015)]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Etat et évolution des milieux prairiaux de Suisse=&lt;br /&gt;
==Origine des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux sont apparus en Europe centrale il y a 8000 ans, suite au défrichement de la forêt pour cultiver des champs. Les champs dont l’exploitation a par la suite été abandonnée se sont couverts d’herbe et ont été utilisés pour faire pâturer le bétail. On n’a aucune certitude concernant les endroits où se situaient les prairies de la Préhistoire ; Bosshard (2016) en fait une courte présentation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Kapfer (2010a, 2010b) et Bosshard (2016) éclairent l’origine et l’histoire de l’utilisation des prairies et pâturages, et les comparent aux formes d’utilisation actuelles : durant de nombreux siècles, les prairies ont fait partie du système cultural d’assolement triennal, orienté sur la culture de céréales. La pratique des foins et des regains, associée à un apport de fumier très faible (et limité aux alentours de la ferme) et à la pâture précoce qui était habituelle en ce temps-là, ont lentement conduit à un amaigrissement des sols et à des conséquences sur la végétation. Les prairies de fauche pures se sont développées à large échelle à partir du 19e siècle seulement ; auparavant toutes les prairies étaient aussi pâturées (pâture de printemps ou d’automne). Après la pâture précoce, les foins survenaient plus tard et les plantes des prairies pouvaient terminer leur cycle, les graines ayant le temps de mûrir et de se disperser. L’utilisation principale qui est faite de nos jours des prairies maigres et des prairies à fromental, par la pratique des foins, correspond à ce qui était alors la deuxième utilisation. Autrefois, les jours saints déterminaient le début et la fin de certains travaux agricoles. Ces repères temporels étaient cependant utilisés avec une certaine souplesse, en tenant compte du déroulement de l’année, pour le début de la fauche par exemple. La récolte des parcelles s’étalait sur plusieurs semaines. Le foin était séché sur les parcelles, ce qui favorisait le succès de la reproduction sexuée (Poschlod 2011). Au fil du temps, de nouvelles méthodes de récolte, des mesures d’irrigation et, récemment, des modifications phénologiques causés par le changement climatique ont avancé le moment de la coupe des prairies (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bewirtschaftungsschemata Kapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Schéma montrant l’exploitation des trois types de prairies les plus importantes de l’ancien système d’assolement triennal (Kapfer 2010b).&lt;br /&gt;
Alte Herbstwiese = Vieille prairie d’automne ; Alte Heuwiese = Vieille prairie à foin ; Alte Öhmdwiese = Vieille prairie à regain ; Düngung = Fertilisation; Frühjahrsvorweide = Pâture précoce; Bannzeit = pas d’exploitation ; Heuernte = Foins ; Herbstnachweide = Pâture d’automne ; Sommernachweide = Pâture d’été ; Öhmdernte = Regains.&lt;br /&gt;
Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''La pratique de la pâture précoce et ses effets sur le plan écologique (source : Bosshard 2015b)''' &amp;lt;br /&amp;gt; La première utilisation faite habituellement des prairies de fauche était, jusqu’au 18-19e siècle, la pâture précoce. Aujourd’hui c’est, à l’inverse et surtout dans la zone de montagne, dans les prairies intensives qu’elle est encore régulièrement pratiquée. La pâture précoce a pour effet à long terme de faire diminuer la teneur en nutriments et la vigueur d’une prairie et, du fait de l’apport de lumière dans le peuplement sur une courte période, de favoriser les plantes plus sensibles des prairies riches en espèces. La phase sans exploitation, entre la pâture de printemps et l’utilisation suivante sous forme de fauche, plus longue, conduit à une pousse produisant un foin appétant et riche (car contenant beaucoup de protéines), de sorte que la pâture précoce est susceptible de présenter un grand intérêt du point de vue fourrager et économique également.&lt;br /&gt;
La pâture superficielle, courte et ménageant la végétation, au printemps, a pour conséquences une végétation plus structurée, une floraison plus longue, une coupe des foins plus tardive, et certaines espèces (papillons diurnes, orthoptères et oiseaux nicheurs des prairies) peuvent en profiter (SHL 2008). Pour des raisons pratiques (coût logistique), la pâture précoce n’est une option que pour une minorité de surfaces d’herbages et est réalisable pour les surfaces SPB dans le cadre de projets de mise en réseau, par exemple – pour autant que les directives cantonales de mise en réseau le prévoient et le justifient.&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il faut considérer l’origine de la biodiversité des espèces dans les prairies sous cet angle historique (Poschlod 2011) : le cortège d’espèces des prairies de fauche de basse altitude, tel qu’il se présente actuellement, est probablement âgé d’au moins 300 ans ; le fromental (''Arrhenaterum elatius''), qui donne son nom à un type de prairies, ou Fenasse, a été introduit au début du 18e siècle, sous la forme d’un écotype du sud de la France amélioré par sélection. Il se peut que l’espèce qui donne quant à elle son nom aux prairies de fauches de montagne, à savoir l’avoine doré (''Trisetum flavescens''), ait, elle aussi, été introduite seulement à cette époque. Presque toutes les plantes des milieux prairiaux semblent provenir de la flore indigène (clairières forestières, bancs de gravier des zones alluviales, bordures des tourbières, par exemple). Plusieurs plantes fourragères ont été introduites (intentionnellement ou non), et il y a longtemps que l’être humain essaie d’augmenter le rendement par des semis ciblés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = kapfer genese fr.png&lt;br /&gt;
| text = Aperçu de la genèse des types d’exploitation des herbages d’Europe centrale (Kapfer 2010b). Source: Kapfer, A. (2010): Beitrag zur Geschichte des Grünlands Mitteleuropas im Hinblick auf den Arten- und Biotopschutz. Darstellung im Kontext der landwirtschaftlichen Bodennutzungssysteme. Dans : Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (5), S. 133–140.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Des synthèses et des explications plus détaillées sur l’origine et l’évolution des herbages sont données par [http://www.dr-kapfer.de/index.php/download.html Kapfer (2010a, 2010b) (en allemand)], [https://pudi.lubw.de/detailseite/-/publication/90005 Poschlod (2011)  (en allemand)] et Bosshard (2016).&lt;br /&gt;
* Le [https://hls-dhs-dss.ch/fr/articles/013861/2006-11-20/ Dictionnaire historique de la Suisse] présente des articles sur des thèmes tels que la fumure, le fourrage, l’irrigation, les prairies et les pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quantité et qualité – et leur évolution==&lt;br /&gt;
Les milieux prairiaux se sont fortement modifiés au fil de l’évolution des techniques agricoles (mécanisation, apport d’engrais) et des remaniements parcellaires de ces derniers siècles – et ils continuent à le faire. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le [[Media:Tabelle Grünland Auszug Flächenbedarf.pdf|tableau]] donne un aperçu de l’étendue des habitats des milieux prairiaux de Suisse et du changement quantitatif qu’ils connaissent. Source : « Guntern et al. (2013) : Flächenbedarf für die Erhaltung der Biodiversität und der Ökosystemleistungen in der Schweiz », S. 96. D’autres milieux prairiaux se trouvent dans les agglomérations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;SAU = Surface agricole utile, ZE = zone d’estivage&amp;lt;/small&amp;gt; &lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Habitat&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 10%&amp;quot;| Date&lt;br /&gt;
!colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Extension [ha]&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;width: 25%&amp;quot;| Remarques, source&lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Prairies et pâturages sur la SAU (sans ZE, ni prairies artificielles), dont :&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE extensives &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies SCE peu intensives&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|610’732 &amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;&amp;lt;br/&amp;gt;66‘056 &amp;lt;br/&amp;gt;22‘919&lt;br /&gt;
| (OFAG 2012) &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Présentant la qualité OQE : &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Pâturages, pâturages boisés : 5384 ha &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
- Prairies (y. c. surfaces à litière) : 28'864 ha&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Zone d’estivage (ZE) &amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|505'385 (12% de la Suisse)&lt;br /&gt;
| Selon (Walter et al. 2013)&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies et pâturages secs (PPS)&lt;br /&gt;
| 1900&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|760‘000 (bis 900‘000)&lt;br /&gt;
| (Eggenberg et al. 2001 ; Lachat et al. 2010b), disparition de 90 à 99% des surfaces de PPS régionalement, et de 95% en Suisse &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2010&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|37‘011&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|- style=&amp;quot;vertical-align:top;&amp;quot;&lt;br /&gt;
| Milieux prairiaux potentiellement précieux sur la SAU ou en ZE (sans PPS ni marais)&lt;br /&gt;
Modèle basé sur la déclivité et l’altitude des sites à espèces cibles et caractéristiques.&lt;br /&gt;
| 2012 &amp;lt;br/&amp;gt;Total : &amp;lt;br/&amp;gt;ZP : &amp;lt;br/&amp;gt;ZC : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMI : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMII : &amp;lt;br/&amp;gt;ZMIV : &amp;lt;br/&amp;gt;ZE :&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [ha] &amp;lt;br/&amp;gt;231’688 &amp;lt;br/&amp;gt;3797 &amp;lt;br/&amp;gt;354 &amp;lt;br/&amp;gt;2'023 &amp;lt;br/&amp;gt;6943 &amp;lt;br/&amp;gt;9223 &amp;lt;br/&amp;gt;10'984 &amp;lt;br/&amp;gt;198'364&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;width: 20%&amp;quot;| [%] &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;0.78 &amp;lt;br/&amp;gt;0.25 &amp;lt;br/&amp;gt;1.71 &amp;lt;br/&amp;gt;4.52 &amp;lt;br/&amp;gt;11.06 &amp;lt;br/&amp;gt;22.72 &amp;lt;br/&amp;gt;39.25&lt;br /&gt;
| (Walter et al. 2013) &amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;ZP = zone de plaine &amp;lt;br/&amp;gt;ZC = zone de colline &amp;lt;br/&amp;gt;ZM = zone de montagne&amp;lt;br/&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;Les milieux prairiaux forment quasi 100% de la ZE et de la SAU dans les ZM IV et ZM III.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|rowspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Prairies à fromental sur la SAU&lt;br /&gt;
| 1950&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Presque tout PPS, pâturages permanents, prés à litières, champs&lt;br /&gt;
| (Bosshard &amp;amp; Stähli 2012) : indications plus précises en cours d’élaboration pour le rapport final de l’étude en cours.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 2011&lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|3-8%&lt;br /&gt;
| Bosshard &amp;amp; Stähli 2012), dont env. 20% avec cortège d’espèces des prairies à fromental intensives des années 1950 et max 5% de bonne qualité (comm. pers. A. Bosshard)&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;-&amp;gt;Recul supposé de &amp;gt; 90% et presque 100% pour les peuplements riches en espèces (Bosshard 1998)&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Selon la statistique de la superficie, la surface des alpages a diminué de 3.2% entre 1979/85 et 1992/97, passant de 555662 à 537802 ha. Le déclin s’est poursuivi jusqu’en 2004/9 (résultats provisoires).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt; &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Baisse estimée de 25-30% entre 1995 et 2005 (Leibundgut 2007 cité dans Graf &amp;amp; Korner 2011). Ces ordres de grandeur sont confirmés en Valais et en Engadine par des études de cas.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Une comparaison avec la situation en Allemagne montre que la part de la surface totale utilisée comme herbages est similaire à celle de Suisse (zone de plaine) : 13% en Allemagne contre 14.7% en Suisse, dont la majeure partie fait l’objet d’une exploitation intensive (Boch et al. 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Nutzung LN BFS 2018 fr 96 dpi.png&lt;br /&gt;
| text = La répartition de la surface agricole utile dans les différentes catégories d’utilisation en Suisse. Source : OFS 2018, La Suisse en 21 infographies.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Entre 1990 et 2009, la superficie des herbages a diminué de 875000 ha en Allemagne. Entre 2003 et 2012, la perte nette des prairies permanentes se monte à environ 5%. En Suisse, les surfaces agricoles et celles d’alpage représentent ensemble plus d’un tiers de la superficie totale ; entre 1985 et 2009, 85000 ha d’entre elles ont disparu, ce qui correspond à la surface du canton du Jura (OFS 2018). Les prairies à fromental – le type de prairies le plus fréquent et le plus productif sur les bons sols de plaine en Europe centrale jusqu’au milieu du siècle dernier – ont disparu en maints endroits, en l’espace de quelques décennies. Cette évolution est allée de pair avec une péjoration de leur qualité : une comparaison de 1950 et 2009 montre que les prairies autrefois qualifiées d’« intensives » présentaient en général un niveau de qualité QII, alors que les prairies à fromental encore existantes aujourd’hui n’atteignent que le tiers de ces exigences qualitatives (« Fromentalwiesenprojekt » (projet prairies à fromental), Bosshard 2016). En ce qui concerne les habitats particulièrement précieux, la surface des prairies et pâturages secs a reculé de 95% entre 1900 et 2010.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Zuerich Umweltbericht zg.png&lt;br /&gt;
| text =  Diminution des prairies riches en espèces du canton de Zurich. &lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Fläche = Surface, Artenreiche Fettwiesen = Prairies grasses riches en espèces, Mager- und Trockenwiesen = Prairies maigres et prairies sèches, Landwirtschaftliche Nutzflächen = Surface agricole utile &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Baudirektion Kanton Zürich (2008), Umweltbericht 2008.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les zones de montagne de Suisse, l’évolution des cultures fourragères et des prairies et pâturages a pris une autre direction que sur le Plateau : les sites difficiles à exploiter car escarpés ou peu accessibles, et souvent parsemés de nombreuses microstructures, ont été de plus en plus utilisés comme pâturages ou alors leur exploitation a carrément été abandonnée – une grande partie d’entre eux s’étant par conséquent embroussaillée ou étant retournée à la forêt. Lors des 150 dernières années, la surface forestière a connu, selon les régions, une augmentation de 30 à 100% au détriment des prairies et pâturages. La majorité des herbages riches en espèces de Suisse se trouve aujourd’hui dans ces sites difficiles, à partir de la zone de montagne I ; leur part est particulièrement élevée dans la zone d’estivage. Elles continuent toutefois de disparaître sous l’effet tant de la déprise que de l’intensification agricoles (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La part de SPB de niveau de qualité II ne cesse d’augmenter ; l’objectif de 40% a été atteint pour la première fois en 2007. En plaine, leur proportion reste cependant encore basse, avec 28% (OFAG 2018). Depuis 2014, il existe aussi des contributions pour les surfaces herbagères et les surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage ; la part de ces surfaces présentant le niveau de qualité II se montait en 2017 à 217496 ha.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|- &lt;br /&gt;
|colspan=&amp;quot;5&amp;quot;| '''Parts de surfaces SPB avec niveau de qualité II (en ha) (source : rapport agricole OFAG 2019)'''&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! Type de SPB QII&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de plaine&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de collines&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Zone de montagne&lt;br /&gt;
! style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | Total&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies extensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 11495&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 7395&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 17411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 36301&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Prairies peu intensives&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 130&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 411&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3220&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 3761&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Pâturages extensifs et pâturages boisés&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 1468&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 2830&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 14759&lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 19057&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Surfaces herbagères et surfaces à litière riches en espèces dans la zone d’estivage&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| style=&amp;quot;text-align:right;&amp;quot; | 223509&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Entwicklung BFF Q2 2001 2016 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Evolution (en ha) des prairies et pâturages riches en espèces (inscrits comme SPB de qualité II) entre 2001 et 2016 (source : données OFAG).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les changements qualitatifs que connaissent les prairies et pâturages concernent le niveau général de nutriments, qui a énormément augmenté, et la disparition de la mosaïque, autrefois étendue, de surfaces diversement utilisées (Schmid et al. 2007). Bosshard (2016) décrit d’autres changements qualitatifs intervenus durant le dernier siècle : l’intensité de l’exploitation a été décuplée : fauche plus précoce, fréquence d’utilisation beaucoup plus élevée et utilisation simultanée de parcelles beaucoup plus grandes. Les rendements ont augmenté de 60 à 80%. Les microstructures et les éléments du paysage cultivé ont disparu. Les machines lourdes provoquent le compactage du sol, problématique, et les méthodes de récolte destructives, en particulier pour la faune, se répandent – sous la forme de faucheuses rotatives, de conditionneuses, d’ensilage. Aujourd’hui, on privilégie l’utilisation de lisier (purin), qui fournit des éléments nutritifs rapidement disponibles, au lieu du fumier solide autrefois habituel ; l’ensilage se substitue au fourrage sec (foin), ce qui a avancé la date d’utilisation de la première pousse ; un plus grand nombre d’utilisations annuelles est possible, la récolte se fait plus vite et les plantes ont moins de temps pour grainer. Les améliorations foncières, les remaniements pour regrouper les parcelles et la disparition des limites extensives de parcelles ont également de grands impacts. L’automatisation à venir de l’exploitation est une prochaine étape. Pro Natura montre clairement des exemples de transformation de prairies autrefois riches en espèces en prairies grasses pauvres en espèces [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages sur sa page].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les impacts écologiques des changements décrits ci-dessus sont multiples – en voici quelques exemples : l’intensification de la culture des herbages et les dates de fauche plus précoces conduisent à une diminution du stock grainier dans le sol (Klimkowska et al. 2007). Ces mêmes dates de fauches plus précoces provoquent un chevauchement avec la saison de reproduction des oiseaux qui nichent au sol ; les nids sont détruits mécaniquement lors de la fauche, ou deviennent plus accessible aux prédateurs, ou encore l’offre alimentaire est décimée durant une phase critique de l’élevage des jeunes (Britschgi et al. 2006). Les surfaces individuelles tout comme la surface totale des prairies de grande valeur écologique sont trop petites et trop fragmentées. Les petites parcelles prairiales sont particulièrement sensibles aux effets de bordure, négatifs (pénétration d’autres espèces par exemple) et à la dérive écologique. La taille moyenne des PPS d’importance nationale est aujourd’hui de 4.7 ha et de 10.5 ha dans la zone d’estivage (Guntern et al. 2013) : une recolonisation par les papillons diurnes, les bourdons et les reptiles est possible lorsque les parcelles ne sont pas éloignées de plus de 1 à 3 km. Les orthoptères et carabes caractéristiques, par contre, ne franchissent que rarement une distance supérieure à 100 m.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Apport de nutriment dans les milieux prairiaux''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’azote est un élément constitutif de tous les êtres vivants ; les plantes l’absorbent par leurs racines sous forme d’ammonium ou de nitrate. L’azote assimilable par les plantes est, dans les situations naturelles, une denrée rare dans la plupart des sols. Au cours des dernières décennies cependant, d’énormes quantités de composés azotés ont atterri dans les sols, sous forme d’engrais minéraux, de lisier ou par des processus de combustion – directement, ou indirectement par voie aérienne. L’apport naturel d’azote atmosphérique biologiquement actif n’est que de 0.5 à 2 kg/ha. Ce sont aujourd’hui 16 kg/ha en moyenne qui finissent dans le sol, ce qui correspond à la quantité épandue sur des prairies mi-intensives. Peter (2011) indique que, pour trois des quatre formes d’azote qui affectent l’environnement (ammoniaque, nitrate et oxyde nitreux), l’agriculture est la principale émettrice au niveau suisse. Il faudrait ainsi réduire de moitié les émissions d’ammoniaque provenant de l’agriculture pour éviter un effet substantiellement nocif sur les écosystèmes sensibles. Pour les prairies riches en espèces (étages collinéen et montagnard), la valeur-seuil critique est de 10 à 30 kg N par hectare et par an (Guntern 2016a). Ce sont donc 49% des prairies sèches qui sont ainsi concernées par les effets négatifs des apports d’azote atmosphérique, par exemple ; les valeurs-seuils critiques (critical loads) sont massivement dépassées dans de nombreux habitats (OFEV 2017). Ces apports ont pour conséquence l’acidification du sol, un fort déclin de la diversité végétale et la domination d’un petit nombre d’espèces de graminées ; ils sont co-responsables d’un appauvrissement extrême des espèces dans les milieux prairiaux, en particulier en plaine (Bosshard 2016). La végétation actuelle y est plus vigoureuse et plus dense que celle d’autrefois.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Stickstoffbilanz 2015 BFS fr.png&lt;br /&gt;
| text = Le bilan azoté des surfaces agricoles (alpages inclus) montre certes un excédent qui diminue dans une perspective à long terme, mais malgré cela, on comptait en 2015 un excédent de 60 kg/ha (années 1990 &amp;gt; 80 kg/ha). Source : agriculture et alimentation, Statistique de poche OFS 2018).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le phosphore est lui aussi un élément essentiel des plantes, et il est employé comme engrais dans l’agriculture. L’excédent de phosphore des dix dernières années se monte à 400 t/an.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = phosphorbilanz 2018 fr zg.png&lt;br /&gt;
| text = Bilan de phosphore des surfaces agricoles. Quantités de phosphore entrantes et sortantes des sols agricoles.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans les herbages intensifs, on observe en outre une augmentation des apports de zinc et de cuivre, qui proviennent des engrais de ferme (purin et fumier) resp. de l’alimentation des animaux (Gubler et al. 2015). En raison de l’intensité d’exploitation élevée, on peut s’attendre à ce que la vie du sol soit perturbée aussi dans les milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires : &lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/biodiversite-en-Suisse-etat-et-evolution.html Biodiversité en Suisse : état et évolution]&lt;br /&gt;
* Guntern et al. (2013) : [https://sciencesnaturelles.ch/uuid/ebe7067d-cf2b-5848-9c44-c2463c4a3086?r=20190807115818_1565134811_1a9bc2c4-f58d-5dba-8dde-525a8e077389 Surface requise pour la conservation de la biodiversité et des services écosystémiques en Suisse]&lt;br /&gt;
* OFEV (2017) : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/sol/publications-etudes/publications/sols-suisses.html Sols suisses ; état et évolution – 2017]&lt;br /&gt;
* OFS (2018) : [https://www.bfs.admin.ch/bfs/fr/home/statistiques/catalogues-banques-donnees/publications/ouvrages-synthese/memento-statistique-suisse.html Mémento statistique de la Suisse]&lt;br /&gt;
* OFAG (2019) : [https://www.agrarbericht.ch/fr Rapport agricole 2019].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Etat et évolution des biocénoses des milieux prairiaux==&lt;br /&gt;
Une étude comparative menée par Schlup et al. (2013) a trouvé un plus grand nombre d’espèces de plantes vasculaires dans les milieux prairiaux extensifs (pâturage à crételle, prairie à fromental, prairie à avoine doré et pelouse mi-sèche) que dans les herbages moyens de Suisse. De plus, les herbages extensifs abritaient un nombre nettement plus élevé d’espèces indicatrices, d’espèces caractéristiques et d’espèces menacées. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte des espèces généralistes et une uniformisation se produit. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = TWW Kennarten fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Le tableau montre l’importance des habitats de valeur pour la conservation de nombreux groupes d’animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
On voit qu’une part considérable des espèces est fortement liée aux prairies et pâturages secs. La perte et la dégradation des habitats ont une influence négative sur la biodiversité dans les milieux prairiaux, comme le montre la représentation suivante, tirée du monitoring de la biodiversité en Suisse (OFEV) :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Indikatoren fr zs.png&lt;br /&gt;
| text = Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages - Indice* de 0 (biocénose uniforme) à 100 (biocénose variée), basé sur la comparaison par paires de toutes les surfaces d’un échantillon, en %. * Moyenne sur cinq ans. Source : OFEV : Monitoring de la biodiversité en Suisse (MBD) 2018&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La diversité spécifique a globalement reculé depuis le milieu des années 2000 et indique une uniformisation des prairies et pâturages à l’échelle de toute la Suisse, ce qui équivaut à une perte de biodiversité. Cependant, la perte de biocénoses dans ces habitats est déjà enclenchée depuis au moins quelques décennies : la diversité spécifique végétale de 81 prairies a été presque divisée par deux au cours des 120 dernières années (Schlup et al. 2013). On constate de façon générale que ce sont surtout les espèces fréquentes, qui n’ont pas d’exigences particulières quant à leur habitat, qui augmentent. Les espèces spécialisées des milieux prairiaux subissent une pression de plus en plus forte de la part des espèces généralistes, ce qui conduit à une uniformisation des prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des oiseaux qui nichent dans les champs, les prairies et les pâturages sont en déclin du fait de la forte intensité de l’exploitation agricole : l’indice suisse pour les oiseaux nicheurs typiques des milieux cultivés (46 espèces OEA) a diminué de presque 30% depuis 1990, et l’indice européen des oiseaux agraires de plus de 50% (OFAG 2017, Becker et al. 2014). L’image bucolique de la montagne en prend aussi un coup : une comparaison à long terme réalisée par la Station ornithologique montre que la part de prairies peu intensives et riches en espèces est tombée en Engadine de 32 à 27% en 22 ans, et que les effectifs nicheurs de l’Alouette des champs, du Pipit des arbres et du Tarier des prés ont chuté de 44-61% (Korner et al. 2017). La baisse de l’offre en nectar et en fleurs retire leurs bases alimentaires aux insectes butineurs. Wesche et al. (2014) ont constaté une chute dramatique du nombre d’individus (&amp;gt;60%) chez les orthoptères et les punaises des marais et des prairies sèches en 50 ans, alors que les nombres d’espèces sont soit stables soit en augmentation. La composition botanique des prairies à fromental montre une diminution moyenne du nombre d’espèces de 30% par rapport aux années 1950, avec une sensible réduction de la qualité en parallèle (Bosshard 2015c).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le programme de monitoring ALL-EMA examine dans le paysage cultivé ouvert de Suisse la situation des espèces et des habitats faisant partie des objectifs environnementaux pour l’agriculture, ainsi que les changements qu’ils subissent, et évalue les surfaces de promotion de la biodiversité. Une première analyse complète de l’état de la biodiversité est prévue pour 2020.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/monitoring-analyse/all-ema.html ALL-EMA]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/etat/indicateurs.html Diversité des biocénoses dans les prairies et les pâturages (OFEV)]&lt;br /&gt;
* [http://www.biodiversitymonitoring.ch/fr/home.html Monitoring de la biodiversité en Suisse]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/objectifs-environnementaux-agriculture-rapport-d-etat.html OFEV &amp;amp; OFAG (2016) : Objectifs environnementaux pour l’agriculture OEA]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Menaces=&lt;br /&gt;
43% des types d’habitats réunis sous le terme de « milieux prairiaux » sont considérés comme menacés. Les surfaces les plus précieuses des prairies et pâturages secs (PPS) sont décrites dans un inventaire – 95% des PPS de Suisse ont disparu depuis 1900.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Gefaehrdungskat Grünland fr.png&lt;br /&gt;
| text = Répartition des 30 types d’habitats des milieux prairiaux dans la Liste rouge des habitats de Suisse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les causes de menaces et les facteurs principaux sont (Delarze et al. 2015, Bosshard 2016, Becker et al. 2014) :&lt;br /&gt;
* La disparition des habitats des milieux prairiaux : due à l’abandon de l’exploitation dans les sites difficiles et à la succession qui s’ensuit, à la conversion des milieux prairiaux en champs ou prairies artificielles, et à l’urbanisation et la construction de routes. Cette perte a pour conséquence que les habitats restants sont souvent trop petits et/ou menacés d’isolement. Il peut s’écouler des décennies entre la fragmentation ou les effets de bordure et la disparition des espèces. Des surfaces moyennement précieuses disparaissent dans la zone d’estivage. L’instrument des SPB actuel ne donne pas de prescriptions concernant les critères d’exploitation dans la zone d’estivage. Certains indices semblent montrer que l’inventaire des PPS est incomplet. Des surfaces précieuses risquent de disparaître à cause d’une intensification, d’une exploitation inadéquate ou d’un abandon de l’exploitation.&lt;br /&gt;
* L’intensification, une exploitation moderne ou inadéquate, ainsi que les apports d’engrais : le changement structurel que connaît l’agriculture et l’intensification qui y est liée exercent divers effets sur les milieux prairiaux. La fertilisation et les compléments alimentaires administrés au bétail multiplient les apports d’engrais et eutrophisent le sol. De nombreuses espèces des herbages sont prétéritées par la fumure, les plantes à fleurs tout particulièrement, ce qui entraîne une baisse de la diversité des espèces ; grâce à ces nutriments supplémentaires, un petit nombre d’espèces poussent vite, forment rapidement une biomasse importante, et font de l’ombre au sol, au détriment de la croissance des autres plantes (Gerowitt et al. 2013). L’intensification comprend en outre l’utilisation plus précoce de la végétation pour obtenir une meilleure qualité de fourrage (pour les vaches laitières à haut rendement) ; une puissance générale d’exploitation plus élevée (avec machines lourdes) ; des utilisations plus fréquentes ; l’usage de pesticides ; les remaniements parcellaires ; la disparition des structures ; ainsi que les techniques de culture visant à drainer, chauler ou irriguer les parcelles. De plus, les parcelles sont nivelées ou passées au girobroyeur. Le fait que les dates de fauche soient fixées à l’avance rendent le paysage monotone et font disparaître les sources de nourriture toutes en même temps. Tous ces facteurs ainsi que l’abandon de certaines formes d’utilisation conduisent à une uniformisation des habitats.&lt;br /&gt;
* Le changement climatique est un facteur significatif de la transformation subie par la biodiversité et les écosystèmes (Guntern 2016b), en particulier l’augmentation de la température et les changements du régime hydrique. Les températures plus élevées et les précipitations plus nombreuses conduisent, dans des conditions d’humidification du sol régulières, à une croissance de plus en plus rapide des herbages. Les résultats du monitoring de la biodiversité indiquent que certains habitats du Plateau deviennent plus chauds d’une part, et plus secs d’autre part (BDM-Facts N° 4, OFEV 2012).&lt;br /&gt;
* Les espèces invasives exogènes peuvent aussi avoir un impact négatif sur la biodiversité. Jusqu’à maintenant, les espèces suivantes surtout posent des problèmes à large échelle dans les prairies extensives : la Vergerette annuelle (''Erigeron annuus''), les deux solidages (''Solidago canadensis'' et ''S. serotina'', surtout dans les prairies humides ou à humidité variable sous-utilisées ou fauchées tardivement) ainsi que le Séneçon sud-africain (''Senecio inaequidens''). D’autres néophytes à potentiel invasif figurent sur la Watch List des néophytes. La (remarquable) résistance contre les espèces nouvellement introduites semble être une caractéristique des prairies d’Europe centrale (Bosshard 2016).&lt;br /&gt;
* Selon le type d’habitat et l’endroit, les activités de loisirs et l’usage récréatif des prairies et pâturages peuvent aussi constituer une menace. En Allemagne, les cultures énergétiques (production de biogas, colza pour la production de carburant) et l’agrivoltaïque sont aussi des facteurs de risques possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = rationelle Mahd as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les machines à récolter tuent et blessent de nombreux animaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques facteurs menaçant les milieux prairiaux sont exposés plus en détail ci-dessous.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Sous-utilisation et abandon de l’exploitation ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’exploitation extensive devient de moins en moins rentable dans les régions où les conditions de production sont défavorables (déclivité, structure du sol). Depuis 30 ans, on assiste dans l’espace alpin à un changement des formes d’exploitation, qui vont toutes vers une diminution de l’exploitation : on passe de la fauche à la pâture, et de la pâture au retour à la friche (PNR 48 2007). La sous-exploitation ou son abandon complet mènent à court terme à des phénomènes de friche, à moyen terme à l’embroussaillement et au reboisement. Lorsque la biomasse n’est pas exportée, la lumière vient de plus en plus à manquer au cours de l’année, surtout pour la couche dense proche du sol, en raison d’un feutrage de l’herbe sèche. Les espèces rares et menacées sont justement souvent celles qui disparaissent en premier et qui sont remplacées par des espèces généralistes, avant que les ligneux ne colonisent la surface (Bosshard 2016). Dans les cas favorables, on peut déjà faire face à une forêt là où s’étendait une prairie ou un pâturage maigre seulement 20 ans auparavant. Dans les herbages très maigres cependant, l’abandon de l’exploitation et la transformation en friche ne mènent pas à la disparition d’espèces car la vigueur de la végétation n’est pas suffisante pour former un feutrage, ou celui-ci ne perdure pas (emporté par le vent p. ex.). Le reboisement naturel sur les sites difficiles est interprété comme l’expression d’un changement sociétal et économique de fond, dans lequel le recul de la pauvreté et l’augmentation de la prospérité jouent un grand rôle (PNR 48 2007). Les travaux d’entretien sont aussi menacés par la disponibilité des forces de travail qui diminue : pour garantir sur le plus long terme possible la productivité du biotope cultivé, des travaux d’entretien – tels que le nettoyage de printemps, une fauche précise, l’exportation du produit de la coupe, etc. – sont nécessaires pour assurer un lit de germination adéquat et la présence de sites propices.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Girobroyage ''': &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les girobroyeurs réduisent les cailloux et les rochers en miettes, écrasent et cassent le sol, éliminent les microstructures et les inégalités de terrain. Cette destruction irréversible de la végétation naturelle et de la diversité microstructurelle est coresponsable, entre autres, de la disparition du Pipit des arbres, et de l’Alouette des champs de leurs zones de reproduction jurassiennes. On a fait un large emploi des girobroyeurs dans le Jura depuis les années 1990 pour éliminer les microstructures – précieuses – et aplanir les surfaces dans leur ensemble. La situation légale diffère selon les cantons (SO, JU et VD interdit, NE et BE en partie autorisé) et, malgré l’interdiction, des cas non autorisés sont connus (Apolloni et al. 2017). Les girobroyeurs sont aussi employés régulièrement dans les Alpes, en altitude. Ils constituent une menace si important pour la biodiversité qu’ils devraient être interdits.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* Delarze et al. (2016) : [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Milieux Liste Rouge des habitats de Suisse]&lt;br /&gt;
* Prairies et pâturages secs de Suisse (PPS) [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html Inventaire, aide à l’exécution, fiches pratiques et exemples de cas]&lt;br /&gt;
* [https://biotopschutz.wsl.ch/fr.html Suivi des effets de la protection des biotopes en Suisse]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Bases légales =&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983407/index.html Loi sur l’agriculture (LAgr)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/fr/classified-compilation/19983381/index.html Ordonnance sur la terminologie agricole (OTerm)]&lt;br /&gt;
* [https://www.admin.ch/opc/de/classified-compilation/20130216/index.html Ordonnance sur les paiements directs (OPD)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/oekologischer-leistungsnachweis.html Prestations écologiques requises (PER) selon l’OPD, vue d’ensemble de tous les articles]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege.html Contributions à la biodiversité selon le type de SPB et le niveau de qualité]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/qualitaetsbeitrag.html Autres détails sur les contributions pour la qualité des SPB (QI et QII)]&lt;br /&gt;
* [https://www.blw.admin.ch/blw/fr/home/instrumente/direktzahlungen/biodiversitaetsbeitraege/vernetzungsbeitrag.html Autres détails sur les contributions de mise en réseau]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/info-specialistes/mesures-de-conservation-de-la-biodiversite/infrastructure-ecologique/biotopes-d_importance-nationale/prairies-et-paturages-secs.html L’inventaire des prairies et pâturages secs et les ordonnances et directives d’application correspondantes] forment la base légale pour la protection nationale des prairies et pâturages secs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Ce qu’on ignore encore pour la pratique =&lt;br /&gt;
Les thèmes qui accusent – au moins en partie – des lacunes dans nos connaissances sont les suivants :&lt;br /&gt;
* Présence et répartition des surfaces herbagères précieuses sur le plan écologique dans la zone d’estivage, inventaire couvrant toute la superficie&lt;br /&gt;
* Il manque les bases scientifiques concernant les besoins en fumure des prairies à fromental et des prairies à avoine doré en regard de leur diversité botanique ; des essais pratiques sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* On n’a quasi pas d’expérience avec la pâture précoce en lien avec la promotion de la biodiversité dans les prairies riches en espèces ; des suivis planifiés à un échelon supérieur sont souhaitables.&lt;br /&gt;
* Dates de fauche basée sur la phénologie&lt;br /&gt;
* Influence de l’utilisation de souffleurs sur la biodiversité, en particulier sur la faune (Richner et al. 2014 éclairent l’influence sur la végétation)&lt;br /&gt;
* Etudier les effets sur la faune de tous les outils de fauche et de conditionnement dans des conditions comparables. Comportement des populations sur des prairies à coupes multiples durant l’année.&lt;br /&gt;
* Données sur l’ampleur et la répartition du compactage des sols.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature=&lt;br /&gt;
Les publications au sujet des milieux prairiaux sont très nombreuses. Nous mettons à votre disposition [[Media:documentation habitats prairiaux Liste de littérature.pdf|la liste complète de la littérature utilisée]].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12303</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
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				<updated>2023-03-05T19:11:22Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Auteurs */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] et [https://www.holosem.ch/ HoloSem p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ Floretia], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410210~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/de/verwaltung/dfr/landwirtschaft/programm-labiola/aus-der-praxis?dc=8ede2663-6ddc-4778-bdec-29b103efb775_de AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/fr Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12302</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12302"/>
				<updated>2023-03-05T19:07:02Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] et [https://www.holosem.ch/ HoloSem p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ Floretia], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410210~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/de/verwaltung/dfr/landwirtschaft/programm-labiola/aus-der-praxis?dc=8ede2663-6ddc-4778-bdec-29b103efb775_de AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12301</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12301"/>
				<updated>2023-03-05T19:05:18Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] et [https://www.holosem.ch/ HoloSem p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ Floretia], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410210~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12300</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12300"/>
				<updated>2023-03-05T19:02:17Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences : */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] et [https://www.holosem.ch/ HoloSem p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ Floretia], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410210~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ www.regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12299</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12299"/>
				<updated>2023-03-05T18:57:20Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Méthodes d’enherbement direct */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] et [https://www.holosem.ch/ HoloSem p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ Floretia], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://www.agridea.ch/old/fr/publications/publications/production-vegetale-environnement/herbages/enherbement-direct-de-prairie-riches-en-especes-dans-lagriculture/ « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ www.regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12298</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12298"/>
				<updated>2023-03-05T18:56:29Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Méthodes d’enherbement direct */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] et [https://www.holosem.ch/ HoloSem p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ www.floretia.ch], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://www.agridea.ch/old/fr/publications/publications/production-vegetale-environnement/herbages/enherbement-direct-de-prairie-riches-en-especes-dans-lagriculture/ « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ www.regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12297</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12297"/>
				<updated>2023-03-05T18:53:34Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Méthodes d’enherbement direct */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora], initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ regioflora.ch] et [https://www.holosem.ch/ holosem.ch p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ www.floretia.ch], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://www.agridea.ch/old/fr/publications/publications/production-vegetale-environnement/herbages/enherbement-direct-de-prairie-riches-en-especes-dans-lagriculture/ « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ www.regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12296</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
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				<updated>2023-03-05T18:49:38Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) et l’ensemencement est souvent difficile, surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ regioflora.ch]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme regioflora.ch, initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ RegioFlora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ regioflora.ch] et [https://www.holosem.ch/ holosem.ch p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ www.floretia.ch], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://www.agridea.ch/old/fr/publications/publications/production-vegetale-environnement/herbages/enherbement-direct-de-prairie-riches-en-especes-dans-lagriculture/ « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ www.regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement&amp;diff=12295</id>
		<title>Milieux prairiaux/Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement</title>
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				<updated>2023-03-05T18:13:11Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Aufwertung und Neuschaffung durch Direktbegrünung und Ansaat]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahd Spenderfläche 1 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Divers procédés permettent de transformer en relativement peu de temps un peuplement monotone en une prairie riche en fleurs et en espèces. Cet article présente les différentes méthodes de revalorisation des prairies. Illustrée ici, la fauche matinale de la végétation humide d'une surface donneuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
{{TOC limit|3}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Introduction=&lt;br /&gt;
La création ou la restauration de prairies riches en espèces est l’une des mesures les plus efficaces pour la promotion de la biodiversité. Une prairie riche en espèces peut abriter de 30 à plus de 60 espèces de plantes sur un seul mètre carré.&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Il n’existe aucun autre habitat au monde où autant d’espèces végétales peuvent coexister dans un si petit espace. Et un principe écologique empirique affirme qu’on trouve 10 espèces animales pour une espèce végétale établie.&lt;br /&gt;
Même avec quelques mètres carrés, on peut donc faire énormément pour la biodiversité en créant une prairie riche en espèces. Ce chapitre décrit les diverses méthodes permettant de créer un tel habitat, leurs avantages et inconvénients respectifs, et les sites dans lesquels on peut aspirer de façon réaliste à tel ou tel type de prairie plus ou moins riche en espèces. Les explications développées ici s’adressent au premier chef aux praticiens et praticiennes qui ne se contentent pas d’appliquer des recettes, mais souhaitent aussi comprendre les liens écologiques.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; Tandis qu’au maximum une grosse dizaine d’espèce sont présentes dans les prairies intensives ou les surfaces de gazon, à titre de comparaison.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- vorläufig weglassen: : Evolution des objectifs et questionnements ==&lt;br /&gt;
La création et la revalorisation de prairies riches en espèces n’ont pris une certaine ampleur que dans les années 1990. Les discussions dans le cadre de la politique agricole à propos de la destruction massive de la biodiversité par une agriculture toujours plus intensive ont été une incitation à rechercher d’autres options. Dans les années 1990, pour la première fois en Suisse, on a prescrit une part minimale de surfaces proches de l’état naturel pour chaque exploitation agricole, et des tentatives ont été menées avec des ensemencements pour que réapparaissent dans le paysage cultivé les prairies riches en espèces, pratiquement disparues de certaines parties de la Suisse alors qu’elles étaient autrefois présentes presque partout. Dans les réserves naturelles, les projets de transports et les agglomérations, on a aussi créé de plus en plus de prairies riches en espèces. La présence sur le marché de précieux mélanges de graines riches en espèces, du moins pour les stations sèches, a été un élément décisif.&lt;br /&gt;
Comme le décrit l’article dans un bref résumé retraçant l’histoire de ces procédés, beaucoup de choses ont changé depuis les premiers essais systématiques d’ensemencements de prairies riches en espèces menés dans les années 1980 et 1990. Encore à l’heure actuelle, les connaissances s’étoffent sans cesse, de nouvelles méthodes d’ensemencement sont développées et de nouveaux mélanges de semences ou procédés sont commercialisés. Dans le même temps, la conscience, les priorités et les objectifs accompagnant la création de prairies riches en espèces n’ont cessé d’évoluer.&lt;br /&gt;
Depuis quelques années, par exemple, on prête attention non plus seulement aux espèces végétales implantées, mais aussi à la diversité génétique au sein des espèces. On exige ainsi de plus en plus l’emploi d’écotypes locaux ou régionaux en Suisse et en UE, en le prescrivant même par de nouveaux textes de loi. Si par le passé on utilisait presque exclusivement des semis standard, ce changement de mentalité a donné un net élan à l’usage de procédés d’enherbement direct. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis standard et enherbement direct – explications==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = ArtenreichesAutochthSaatgut_Ernte_aus_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Semence autochtone riche en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Des termes spécialisés – peu connus du grand public – sont employés dans le cadre de la promotion et la création de prairies riches en espèces. Les plus importants d’entre eux sont expliqués ci-après, ce d’autant plus que certains sont encore « jeunes » et que leur emploi ne fait pas encore l’unanimité, ce qui peut conduire à des malentendus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Description des types de semences et des origines des semences''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Jusqu’il y a quelques années, la semence habituelle utilisée pour l’ensemencement des prairies riches en espèces était la '''''semence''' standard'' : chaque espèce est cultivée en culture pure afin de produire des graines, et celles-ci sont ensuite mélangées selon une recette particulière. On parle donc aussi de semences de multiplication. La semence d’origine provient soit de plantes sauvages (nommée semence de base), ou de variétés sélectionnées ou du commerce.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Si un mélange de semences est composé exclusivement d’espèces dont la semence de base provient de plantes sauvages récoltées dans une région donnée, et que ce mélange est commercialisé dans la même région, on parle de '''''semence''' régionale''. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
A l’opposé des semences standard, on trouve les '''''techniques d’enherbement direct'''''. La semence est ici prélevée directement sous forme de mélange sur les prairies donneuses adaptées, et transférée sans reproduction intermédiaire sur les surfaces à ensemencer, ou receveuses. La méthode est de ce fait aussi décrite comme un procédé de « copie de prairie ». A cette fin, on peut utiliser différentes techniques de récolte et de transfert : transfert de foin, moisson de prairie, ou transfert de mottes. Les semences impliquées dans les méthodes d’enherbement direct sont nommées ''semences '''autochtones''' ou '''locales''''', ce qui les distingue des semences régionales présentées ci-dessus. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Les autres termes spécialisés''' cités dans cet article sont chaque fois expliqués dans le texte, ou leur signification est facile à déduire du contexte.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Création de prairies riches en espèces : bref historique d’un développement dynamique=&lt;br /&gt;
C’est dans les années 1960 qu’on a pour la première fois créée des milieux prairiaux riches en espèces à grande échelle à des fins de protection de la nature (cf. Bosshard &amp;amp; Klötzli 2003 &amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt;). A cette époque, l’intérêt était tout entier focalisé sur les stations pauvres en nutriments situées dans les réserves naturelles. Les moyens employés étaient la colonisation naturelle par des espèces des environs, mais des transferts de foin, des plantations et des transferts de mottes commençaient également à être utilisés. Il n’existait alors pas encore dans le commerce de mélanges de semences avec les espèces indigènes souhaitées. Les mélanges à disposition provenaient tous de l’étranger. Ils étaient composés d’espèces non-indigènes voire de variétés issues de sélection, en complète contradiction avec les objectifs de protection de la nature poursuivis.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. &amp;amp; F. Klötzli 2003: Restoration Ecology. in : Bastian O. &amp;amp; U. Steinhardt (eds) : Development and Perspectives in Landscape Ecology : conceptions, methods, application. Kluwer. ISBN 1-4020-0919-4.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== De nouveaux mélanges de semences synonymes de succès==&lt;br /&gt;
Ce n’est qu’à la fin des années 1980 que la protection de la nature a élargi son attention – jusqu’alors focalisée sur les réserves naturelles – et qu’on a réalisé que la biodiversité ne pouvait être conservée que si des mesures de protection de la nature pouvaient déployer leurs effets sur une plus grande surface, et donc que de nouvelles surfaces riches en espèces pouvaient être créées également hors des réserves naturelles. Les zones du paysage exploitées par l’agriculture – et avec elles les surfaces plus riches en nutriments – ont ainsi gagné leur place au cœur des efforts de revalorisation.&lt;br /&gt;
Comme il n’existait presque plus de biotopes très riches en espèces dans la zone cultivée de plaine, des projets planifiant et mettant en œuvre des revalorisations écologiques ont été lancés en collaboration avec les exploitations agricoles dans différentes régions de Suisse et dans d’autres pays européens. Au début des années 1990, l’un de ces projets, « Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand »&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; – projet pilote bénéficiant d’un large soutien politique et institutionnel – a développé et testé des mesures pour la future politique agricole sur neuf exploitations du canton de Zurich.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;3&amp;lt;/sup&amp;gt; Landwirtschaft und Naturschutz aus Bauernhand. Schlussbericht des CH91-Pilotprojektes auf 9 Bauernhöfen im Kanton Zürich 1989-1991. Zürcher Vogelschutz, Zürcher Naturschutzbund, WWF Sektion Zürich und Zürcher Bauernverband, Zürich. 58 p. (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une biodiversité élevée est-elle possible sur des sols riches en nutriments ?==&lt;br /&gt;
Ces mesures comprenaient également les premiers essais avec différents types de prairies riches en fleurs pour tester les semences alors nouvellement disponibles. En effet, à cette époque déjà, l’on était conscient, sur la base de nombreuses recherches, que les graines de la plupart des espèces des prairies ne survivent que peu de temps dans le sol&amp;lt;!-- Link auf Pflanzenartikel, wenn dort Infos zu Lebensdauer von Samen ergänzt worden ist --&amp;gt;. Cela signifie qu’une utilisation intensive pendant 3 ou 4 ans seulement fait déjà disparaître les espèces végétales des prairies riches en fleurs. Il ne suffit pas simplement de repasser à une exploitation extensive pour les ramener – même après des années d’attente. Elles doivent être réintroduites, c’est-à-dire semées.&lt;br /&gt;
On ignorait cependant tout de la capacité des espèces ainsi introduites à s’établir sur les sols riches. Cela contredisait en tout cas la théorie écologique de l’époque. Il n’empêche que, dès la deuxième année des semis tests dans le projet pilote zurichois, une végétation prairiale basse, riche en espèces et rappelant les prairies maigres s’est développée sur des surfaces assolées qui étaient auparavant exploités de manière intensive.&lt;br /&gt;
Ce succès inattendu a donné lieu à une thèse de doctorat. D’innombrables surfaces d’essai ont été semées de mélanges variés de graines de fleurs, légumineuses et graminées de prairies, sur plus d’une dizaine d’hectares répartis sur de nombreuses exploitations agricoles de Suisse orientale (Bosshard 1999&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt;). Les premiers essais ont cependant conduit à des peuplements végétaux instables, qui après quelques années de succès, se sont fait envahir et ont à nouveau perdu la majorité des espèces semées. En améliorant la composition des espèces, en particulier celle des graminées, on est finalement parvenu à établir une végétation de prairie fleurie stable sur le long terme, y compris sur des sols qui étaient auparavant utilisés de manière intensive. La thèse de doctorat a abouti à recommander quatre mélanges de semences – aujourd’hui bien établis sur le marché suisse et connus sous les noms de ''Salvia'', ''Humida'', ''Broma'' et ''Montagna'' – avec lesquels des centaines voire des milliers d’hectares de prairies riches en espèces ont été entretemps ensemencés, et qu’on continue d’utiliser, surtout dans l’agriculture mais aussi de plus en plus en zone urbaine.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;4&amp;lt;/sup&amp;gt; Bosshard A. 1999 : Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303 Stuttgart. 201 S. (en allemand) [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Version en ligne]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Large choix de semences, mélanges à succès==&lt;br /&gt;
On doit tout cela au travail de pionnier mené avec enthousiasme par différents semenciers qui, dès le milieu des années 1990, ont mis à disposition des nouveaux mélanges en Suisse un choix toujours plus grand d’espèces de prairies typiques d’origine suisse. Depuis quelques années, on trouve également un vaste choix d’écotypes indigènes pour les graminées à destination de ces mélanges.&lt;br /&gt;
Le taux de réussite des ensemencements riches en espèces dans l’agriculture atteint actuellement plus de 90%, mesuré au niveau de qualité botanique QII (voir chapitre suivant). Des séries étendues de données montrent que le nombre d’espèces et la part des fleurs ont tendance à augmenter au fil des ans sur les stations sèches, tandis qu’ils baissent plutôt sur les stations humides ou ombragées dans les mélanges de fleurs de prairies existants.&lt;br /&gt;
Ce taux de réussite élevé ne dépend cependant pas que de semences optimales ; il est aussi tributaire d’un ensemencement effectué correctement, surtout dans les sols relativement riches en nutriments (voir chap. [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales &amp;quot;Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales&amp;quot;]). Même si on ne dispose pas d’analyses systématiques à ce jour, les taux de réussite dans les cantons où il existe un service de conseil ou d’accompagnement pour la revalorisation des prairies, ou dans ceux où un tel accompagnement est obligatoire, (LU, AG, TG, par exemple), semblent nettement plus élevés que dans les autres régions.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;5&amp;lt;/sup&amp;gt; voir Brönnimann &amp;amp; Minloff 2015 ainsi que les résultats non publiés des monitoring de plusieurs cantons.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Système pour promouvoir les prairies fleuries dans l’agriculture suisse ==&lt;br /&gt;
Le moteur principal de l’ensemencement de prairies fleuries sur les surfaces agricoles est l’incitation financière par le système des paiements directs. Dans le sillage de la réforme agraire, les « contributions à la qualité écologique » ont été introduites dès 2001 (appelées dès 2014 « contributions pour les surfaces de promotion de la biodiversité de qualité QII », abrégées « SPB QII »). Elles sont versées à la condition qu’au moins 6 espèces des plantes d’une [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1547~1/3~410245~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Aspects-l%C3%A9gaux-et-administratifs/Indicateurs-de-qualit%C3%A9-biologique-pour-le-nord-des-Alpes/Deutsch/Print-Papier liste d’environ 45 plantes indicatrices] soient attestées par un relevé effectué sur une surface de 3 m de rayon dans une prairie écologique inscrite comme telle. Ces dernières années, ces contributions à la qualité n’ont cessé d’augmenter, tandis que les « contributions de base à la biodiversité » ont diminué dans la même proportion, augmentant par là l’attractivité des ensemencements. Il n’est pas rare que les coûts d’un réensemencement soient amortis après 1 à 2 ans déjà grâce aux contributions à la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Portée écologique des méthodes d’enherbement direct=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ansaat_eines_gefrästen_Streifens_mit artenr_autochth_Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Bande fraisée ensemencée par de la semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les mélanges pour prairies fleuries contenant des écotypes d’origine suisse ont été bientôt utilisés en si grand nombre que cette évolution a fait l’objet d’une critique de plus en plus forte du côté de l’écologie et de la protection de la nature. En effet, toutes les prairies nouvellement semées présentaient la même apparence dans tout le pays, montrant presque toujours la même composition d’espèces et se basant toutes sur le même petit nombre d’écotypes issus des semences d’origine des semenciers, que ces prairies se situent en Valais, dans le Seeland, dans le Randen ou aux Grisons. Cette standardisation contraste avec l’énorme diversité des différents types de prairies naturelles de Suisse, qui se distinguent fortement d’une région à l’autre par leur cortège floristique spécifique.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Par ailleurs, un nombre croissant d’études ces dernières années a montré qu’il existait une grande diversité génétique à petite échelle au sein même de chaque espèce végétale. Plus les régions d’origine d’individus de la même espèce sont éloignées géographiquement et climatiquement l’une de l’autre, plus les différences génétiques entre ces individus sont manifestes &amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt;. Cela se reflète aussi dans le comportement écologique. Beaucoup d’espèces des prairies étudiées poussent mieux si les plantes proviennent de la région. Ainsi, les plantes d’origine régionale ont formé en moyenne 10 pourcent d’inflorescences en plus que leurs congénères provenant d’autres régions, par exemple &amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt;.&amp;lt;br /&amp;gt;  &lt;br /&gt;
Les plantes montrent des adaptations et différences génétiques d’une vallée à l’autre, et même d’une prairie à l’autre – qu’on appelle des écotypes. Cette diversité génétique interne à l’espèce est souvent difficile à percevoir extérieurement, mais revêt une grande importance sur le plan écologique. Elle est en effet synonyme de l’adaptation des plantes aux visages très variés que prennent les différentes stations et formes d’utilisation, et constitue ainsi une condition essentielle de la stabilité des écosystèmes. Les études ont montré que le degré de couverture était plus élevé et par conséquent le succès de l’ensemencement plus grand lorsqu’on avait utilisé des écotypes régionaux au lieu de semences de zones plus éloignées. Réciproquement, moins d’espèces non souhaitées et non semées (néophytes p. ex.) pouvaient s’établir (Weisshuhn et al. 2012 &amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt;). C’est un indice clair que ces plantes sont adaptées aux conditions régionales. Elles se développent donc mieux à proximité de leur lieu d’origine. D’autres études montrent en outre que la consanguinité des semences autochtones est moindre que celle des semences issues de la multiplication &amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;6&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka, W. et al. (2016) p ex. : Genetic differentiation within multiple common grassland plants supports seed transfer zones for ecological restoration. – Journal of Applied Ecology 54/1, 116-126. [https://besjournals.onlinelibrary.wiley.com/doi/full/10.1111/1365-2664.12636 PDF].&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;7&amp;lt;/sup&amp;gt; Durka W. et al. (2019) : Regionales Saatgut von Wiesenpflanzen: genetische Unterschiede, regionale Anpassung und Interaktion mit Insekten. Natur und Landschaft 94/4, 146-153. [https://www.regioflora.ch/de/assets/content/pdf/News/Regionales%20Saatgut%20von%20Wiesenpflanzen.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;8&amp;lt;/sup&amp;gt; Weisshuhn K., Prati D., Fischer M., Auge H. (2012) : Regional adaption improves the performance of grassland plant communities. Basic and Applied Ecology 13/6, 551-559. [https://www.sciencedirect.com/science/article/abs/pii/S1439179112000710 résumé]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;9&amp;lt;/sup&amp;gt; Aavik T., Bosshard D., Edwards P., Holderegger R., Billeter R. (2014) : Genetische Vielfalt in Wildpflanzen-Samenmischungen. Agrarforschung Schweiz 5 (1): 20–27. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Aavik_et_al_Agrarfo2014.pdf PDF]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Origine des semences : recommandations, standards et prescriptions légales=&lt;br /&gt;
En 1998 déjà, la commission suisse pour la conservation des plantes sauvages CPS, qui fait aujourd’hui partie d’Info Flora, a publié des recommandations pour tenir compte de la diversité génétique au niveau de l’écotype. Elles réclament que les semences et les plants utilisés pour les prairies fleuries proviennent de la même région biogéographique que la parcelle receveuse. Pour les espèces fréquentes et taxonomiquement peu différenciées, il faut tenir compte des 6 divisions principales de la Suisse – à savoir Jura, Plateau, versant nord des Alpes, Alpes occidentales, Alpes orientales et versant sud des Alpes (voir illustration ci-dessous). Pour les espèces taxonomiquement difficiles et à répartition irrégulière, il faut respecter les 11 subdivisions. En outre, les recommandations préconisent de tenir compte des différences dépendant de la station et de la région telles que l’altitude, les conditions édaphiques et l’exposition. Ce n’est qu’à ces conditions que la surface à enherber peut répondre aux exigences écologiques des espèces qu’on introduit. Les recommandations indiquent aussi que les espèces menacées ne doivent pas être commercialisées dans les mélanges de graines. Des [https://www.infoflora.ch/fr/flore/introduction.html directives spécifiques s’appliquent à ces espèces].&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les directives d’Info Flora correspondent à ce qui est par ailleurs stipulé par différentes lois et ordonnances, en particulier la loi sur la protection de la nature et du paysage qui exige la protection de la faune et de la flore indigènes ainsi que de leur diversité biologique et de leurs habitats naturels &amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt;. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans les faits, les directives de Info Flora ne sont malheureusement respectées que de façon très limitée. Une partie du problème se situe du côté du commerce. Même si les entreprises productrices de semences connaissent l’origine des plantes et procèdent séparément à la multiplication, ces origines ne sont hélas pas marquées sur les étiquettes – pour des raisons logistiques et de coûts liés. Lorsqu’il achète de la semence standard, l’utilisateur se trouve donc dans l’impossibilité de respecter les recommandations, puisque les origines sont mélangées dans les emballages de semences du commerce. Certains cantons ont passé des accords avec les producteurs de semence pour les ensemencements agricoles, et obtiennent des mélanges spécifiques de et pour leur région, adaptés aux habitats – mais c’est malheureusement l’exception.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
D’autre part, les directives ne sont très souvent pas encore parvenues jusqu’aux utilisateurs. En pratique, on voit ainsi souvent les recommandations de Info Flora ne pas être suivies par manque de connaissance ou par suite d’une inscription incorrecte, dans les régions même où la semence adéquate serait disponible. C’est en particulier le cas dans le domaine des transports (enherbement de talus, etc.) où des centaines d’hectares sont enherbés chaque année.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = biogeografische Regionen CH.png&lt;br /&gt;
| text = Les régions biogéographiques de Suisse &amp;lt;br/&amp;gt; (source : Gonsetz, Y.; Wohlgemuth, T.; Sansonnens, B.; Buttler, A. (2001): Les régions biogéographiques de la Suisse – Explications et division standard. Cahier de l’environnement n° 137. Office fédéral de l’environne-&lt;br /&gt;
ment, des forêts et du paysage Berne. 48 pages).&lt;br /&gt;
}}                                                                       &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Au vu de l’uniformisation et de l’altération&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; de la flore à large échelle du fait de l’utilisation de mélanges de semences non conformes aux directives, la pression s’est faite plus forte pour utiliser des semences autochtones de provenance locale là où leur origine est traçable dans le détail (voir à ce sujet le tableau 1). En 2014, l’ordonnance sur les paiements directs a été complétée avec une précision stipulant, pour l’ensemencement de prairies fleuries dans le cadre agricole, l’usage de l’enherbement direct dans les limites des disponibilités (OPD art. 58 al. 8). L ‘Allemagne fait un pas de plus en exigeant, dès 2020, l’emploi généralisé de semence régionale lors de la création de prairies en paysage ouvert (BNatSCHG §40).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Ce changement de mentalités et l’adaptation partielle de la législation qui l’a accompagné ont donné un élan certain à la pratique de l’enherbement direct. C’est ainsi qu’on effectue de plus en plus souvent des transferts de foin en Suisse, et le succès est systématiquement au rendez-vous lorsque le procédé est appliqué correctement&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt;. Comme les transferts de foin ne peuvent souvent être réalisés que de manière limitée, notamment pour des raisons logistiques, différentes techniques ont été développées ces 10 dernières années pour récolter des semences autochtones (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#M.C3.A9thodes_d.E2.80.99enherbement_direct Méthodes d’enherbement direct])&amp;gt;. Les semences peuvent être ainsi séchées, nettoyées et mises en sac sur les surfaces donneuses. De cette façon, les semences peuvent donc être utilisées avec exactement la même flexibilité que les semences standards en ce qui concerne tant la technique que la date d’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;10&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir la synthèse complète et l’interprétation des bases légales dans les [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen »], pages 11-15 (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;11&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir encadré 1 pour une explication et des exemples.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;12&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir l’étude &amp;lt;!-- noch nicht beschaffen können: Wolfgang Bischoff/Pro Natura et l’étude --&amp;gt;Pro Natura/Ö+L 2017 ([https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/05/BerichtAnsaatenArtenreicheWiesenKtAG2014-16.pdf lien ici]) (en allemand).&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Le goulet des surfaces donneuses==&lt;br /&gt;
Les surfaces donneuses adéquates sont si rares cependant – surtout sur le Plateau et dans certaines régions des Préalpes – que la production de semences autochtones ne peut de loin pas couvrir les besoins potentiels. Dans ces régions, les semences standards avec écotypes régionaux vont continuer à représenter un pilier essentiel pour la renaturation de prairies riches en espèces – ce d’autant plus que c’est pour le Plateau que la disponibilité des espèces est justement la plus grande pour la semence standard. Dans les régions de montagne et sur le versant sud des Alpes au contraire, la semence standard adéquate est pour ainsi dire inexistante, tant en raison de la grande diversité des conditions qui varient avec la station et l’altitude, que de la disponibilité très limitée des espèces poussant dans ces régions biogéographiques. Par conséquent, les surfaces donneuses existent très souvent en grand nombre dans ces régions, de telle sorte que l’emploi de semence autochtone pourrait à l’avenir y être privilégié. Les services responsables et les autres acteurs doivent abandonner la pratique qui avait cours jusqu’à aujourd’hui et qui consistait à utiliser, dans ces régions, des mélanges contenant des écotypes du Plateau. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Qu’est-ce que « l’altération de la flore » ?''' &amp;lt;br /&amp;gt; Par « altération de la flore », on entend la dégradation de la biodiversité des plantes indigènes par l’introduction d’espèces botaniques étrangères ou d’écotypes étrangers.&lt;br /&gt;
Les effets dommageables sur la biodiversité peuvent advenir par deux processus :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
a) Les espèces ou les écotypes indigènes sont évincés par les espèces ou les écotypes introduits. On connaît l’impact des néophytes envahissantes, c’est-à-dire d’espèces botaniques provenant d’autres continents qui se répandent de façon agressive, telles que le Solidage du Canada (''Solidago canadensis'') ou la Renouée du Japon (''Reynoutria japonica''). Certaines espèces indigènes peuvent elles aussi se montrer envahissantes, comme le Roseau commun (''Phragmites australis'') et le Rhinanthe velu (''Rhinanthus alectorolophus''). L’évincement des populations locales du roseau commun par l’écotype européen dans une grande partie de l’Amérique est un bon exemple d’une invasion par un écotype (voir Kowarik 2003).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
b) Les écotypes locaux se croisent avec les écotypes introduits et perdent par là leurs adaptations écologiques et physiologiques spécifiques, parfois marquées, aux conditions locales (climat, station, exploitation). En faisant disparaître l’écotype concerné, le croisement fait aussi disparaître un élément de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le processus b) est probablement beaucoup plus significatif que le a), mais il est aussi beaucoup plus difficile à observer et à démontrer. Les deux processus ont un impact négatif également sur la faune, en plus de la flore.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Source : [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. p. 21.] (en allemand)&lt;br /&gt;
&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La disponibilité des semences d’écotypes régionaux a constitué un progrès fondamental par rapport aux « semences à bas prix » importées précédemment de l’étranger qui, outre des écotypes de nombreux autres pays, contenaient aussi parfois des formes sélectionnées ou des espèces absolument pas indigènes en Suisse. La Pimprenelle (''Sanguisorba muricata''), très ressemblante à la Petite Pimprenelle (''Sanguisorba minor''), indigène, en est un exemple. Le Trèfle des prés (''Trifolium pratense''), le Lotier corniculé (''Lotus corniculatus'') et la Fenasse (''Arrhenatherum elatius''), dont on utilisait régulièrement des formes sélectionnées jusqu’il y a encore quelques années, sont d’autres exemples.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Où peut-on installer quels types de prairies riches en espèces ?=&lt;br /&gt;
Les prairies riches en espèces peuvent être installées presque partout, à condition que la méthode d’ensemencement et la semence soient appropriées pour la station et qu’on ait défini et entériné l’utilisation future de la surface. Des types de prairies différents se développent en fonction de la station et de l’utilisation, présentant un cortège d’espèces et une biodiversité différente. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les terrains les plus importants pour l’installation de prairies riches en espèces sont les réserves naturelles, les anciennes terres assolées, les prairies appauvries et jusque là intensives de la zone agricole, les ouvrages de protection contre les crues et les espaces des cours d’eau, les talus des voies de communication, les surfaces de pelouse dans les parcs et les jardins, les alentours récemment créés des lotissements, ainsi que des objets plus petits tels que les îlots routiers et de petits bouts de jardin.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les prairies des stations relativement pauvres en nutriments avec une utilisation extensive – à savoir des surfaces qu’on ne fertilise pas et qu’on fauche une ou, au maximum, deux fois par an – deviennent particulièrement riches en espèces (ill. 2). Plus la teneur en nutriments et la fréquence des coupes augmentent, plus le nombre d’espèces baisse. En procédant correctement et avec une exploitation adéquate, des types de prairies riches en fleurs peuvent pourtant être installées à long terme avec succès sur les sols riches en nutriments, auparavant soumis à une utilisation intensive. De nombreuses espèces de fleurs très intéressantes pour les insectes peuvent s’établir durablement même sur les pelouses coupées jusqu’à six fois par an ; c’est le cas de la Sauge des prés (''Salvia pratensis''), de la Marguerite (''Leucanthemum vulgare''), de la Brunelle commune (''Prunella vulgaris''), du Thym serpolet (''Thymus serpyllum'') et d’autres. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Dans des conditions très pauvres en nutriments (sols nus p. ex.)&amp;lt;!--Link auf Pionierflächen, wenn vorhanden--&amp;gt;, on trouve un peu moins d’espèces et la floraison est un peu moins intense, raison pour laquelle l’établissement d’espèces menacées réussit mieux sur ces stations.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
L’évaluation du type de prairie riche en espèces qui peut être créé sur une station donnée est décisive pour le succès ultérieur. Mais cette évaluation n’est souvent pas facile. Il vaut dont la peine de faire appel à un ou une spécialiste pour cette première étape cruciale. Cette personne peut fournir les indications les plus importantes concernant le type de prairies qu’on peut viser, la préparation correcte du sol, la méthode de semis, les semences adéquates et le type d’exploitation et d’entretien qu’il faut mener, pour la situation en question.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Les types de prairies les plus importants et les stations dans lesquelles on peut les implanter pour obtenir des prairies riches en espèces ==&lt;br /&gt;
Les 5 [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux types de prairies] qui suivent sont globalement les plus appropriés pour la création de prairies riches en espèces jusqu’à 1000 m d’altitude (voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »]). Ils sont présentés dans la série ci-dessous selon un gradient d’humidité (de sec à humide) et de teneur en nutriments (de pauvre à riche en nutriments).&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen_Neuanlage_fr.png&lt;br /&gt;
| text = Ecogramme des types de prairies les plus importants qui entrent en ligne de compte pour la création de prairies riches en espèces. Les endroits très secs présentent une disponibilité en nutriments très limitée, raison pour laquelle il n’y a pas de prairies dans le coin supérieur droit du graphique.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
1. '''Pelouse sèche médio-européenne'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt;  (''Xerobromion'') : ce type de prairie ne se forme que sur des stations très ensoleillées et chaudes à sol très maigre (sols nus tels que surfaces sableuses ou graveleuses, p. ex.). Ces pelouses sèches sont clairsemées, très riches en espèces, mais souvent un peu moins fleuries que les pelouses mi-sèches. Les pelouses sèches ne sont souvent fauchées qu’une fois tous les deux ans, de sorte à permettre également à des buissons ligneux bas, comme différentes espèces de genêts, de se développer. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
2. '''Pelouse mi-sèche à brome dressé'''&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; (''Mesobrometum'') : type de prairie fleurie riche en espèces répandue sur les stations ensoleillées et avec humus, pauvres (ou au moins à faible teneur) en nutriments. On y fait les foins chaque année en juillet et elles sont fauchées une deuxième fois en automne, selon leur vigueur. Les espèces caractéristiques sont le Brome dressé (''Bromus erectus''), qui forme des peuplements, et, chez les espèces autres que les graminées, le Thym serpolet, l’Esparcette à feuilles de vesce (''Onobrychis viciifolia''), la Sauge des prés notamment, ainsi que l’Origan (''Origanum vulgare'') et la Bugrane (''Ononis sp.'') en cas d’exploitation faible. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3. '''Prairie à fromental sécharde ''' (''Arrhenatheretum salvietosum'') : prairie relativement riche en espèces, très riche en fleurs, sur laquelle on fait généralement les foins dans la deuxième moitié de juin, puis les regains 1 à 2 fois par la suite. Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations ensoleillées. La Sauge des prés, le Salsifis des prés (''Tragopogon pratensis'') et la Marguerite sont des espèces caractéristiques. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
3a. '''« Pelouse fleurie » ''': lorsque la fréquence de coupe est très élevée, des pelouses au sens horticole du terme se forment sur les stations à prairies à fromental – à savoir des stations sèches ou moyennes à sol bien approvisionnés en nutriments. Sur une pelouse coupée toutes les semaines ou toutes les deux semaines, seul un petit nombre d’espèces survit, la plupart étant des graminées basses formant des stolons, quelques espèces de trèfles, et quelques autres. En réduisant la fréquence de coupe à 5 à 6 maximum par année et en cessant de fertiliser, on donne une chance de s’établir et de se reproduire à de nombreuses espèces des prairies à fromental et parfois aussi des pelouses mi-sèches à brome dressé. Ce « type de prairie » est en général appelé pelouse fleurie et se répand de plus en plus dans les agglomérations. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
4. '''Prairie à fromental fraîche''' (''Arrhenatheretum cirsietosum oleracei'') : relativement riche en espèces et en fleurs. Exploitation / entretien comme pour (3). Elle se forme sur des sols plutôt riches en humus, souvent intensivement fertilisés auparavant, dans des situations relativement ombragées et/ou fraîches à humides. Les espèces caractéristiques sont le Silène fleur de coucou (''Silene flos-cuculi'') et le Cirse jaunâtre (''Cirsium oleraceum''). Si l’utilisation est extensive (fauche tous les 2 ans ou chaque année en fin d’automne), des ourlets de mégaphorbiaies (''Filipendulion, 4b'') se développent sur les stations ombragées ou humides, avec des espèces colorées telles que la Reine de prés (''Filipendula ulmaria''), les lysimaques (''Lysimachia sp.'') et la Salicaire commune (''Lythrum salicaria'').&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
5. '''Prés à litière ''' &amp;lt;!---Link auf Feuchtgebiete wenn vorhanden--&amp;gt;(''Molinion'', ''Caricetum davallianae'', entre autres) : les stations maigres humides à inondées sont plutôt rares pour la création de prairies et elles naissent surtout de mesures de construction réalisées à cette fin dans des projets de protection de la nature, par la remise en eau ou [https://biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau/Cr%C3%A9ation_de_nouveaux_plans_d%E2%80%99eau la création d’étangs] par exemple. Des types de prés à litière bas souvent très riches en espèces se forment dans ce genre de conditions. Ils sont généralement fauchés une fois par an en fin d’automne.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;13&amp;lt;/sup&amp;gt; Le terme « pelouse » est ici utilisé dans son sens phytosociologique et signifie « végétation basse  d’herbacées ».&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = artenhaeufigkeiten wiesen fr.png&lt;br /&gt;
| text = Relation entre l’intensité d’exploitation, le rendement et la diversité (densité d’espèces) d’espèces végétales dans les prairies naturelles, représentée schématiquement ; valeurs indicatives pour les prairies des stations sèches et mésiques des étages collinéen et montagnard de Suisse. La fumure et la fréquence d’utilisation augmentent de la gauche vers la droite. MS = matière sèche. Le domaine portant le chiffre 1 correspond aux pelouses mi-sèches à brome dressé des altitudes inférieures, celui portant le chiffre 2 aux prairies à fromental. Source : Bosshard 2016, complété.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Evaluation de la station et de la végétation=&lt;br /&gt;
'''Une évaluation correcte de la station'''&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt;  '''et de la végétation présente''' est une condition essentielle pour la réussite des semis de prairies riches en espèces. Ces deux étapes déterminent si une action d’ensemencement peut être menée, si oui laquelle, quelle semence choisir pour que l’opération soit couronnée de succès, ainsi que l’endroit où un ensemencement est le plus judicieux, si plusieurs variantes sont possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;14&amp;lt;/sup&amp;gt; Ou la création artificielle des conditions correspondantes, en décapant/remblayant le sol par exemple, voir chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Revalorisation_par_l.E2.80.99amaigrissement « Revalorisation par l’amaigrissement »] &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les cas où un ensemencement n’est pas nécessaire mais où la patience et un entretien adéquat suffisent==&lt;br /&gt;
On peut souvent renoncer à un ensemencement des surfaces qui abritent déjà quelques fleurs des espèces souhaitées, indépendamment d’un diagnostic de la station. Les prairies naturelles pauvres en espèces présentent souvent encore des restes des espèces cibles, dans leurs bords par exemple, ou sur les zones de sol peu profond. Par ailleurs, les prairies naturelles&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; sont généralement précieuses notamment parce que les espèces qui y ont survécu sont représentées par des écotypes anciens et locaux ; on doit donc faire preuve en général d’une grande retenue lorsqu’on transforme les anciennes prairies naturelles. Elles peuvent retrouver petit à petit une grande diversité d’espèces si on cesse de les fertiliser et qu’on réduit la fréquence de la fauche – une coupe deux fois par an suffit la plupart du temps.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Les anciennes surfaces de pelouse qui n’ont pas été fertilisées pendant longtemps, accueillent souvent encore par endroits une diversité étonnante de fleurs de prairies telles que marguerites, lotiers et sauges. Si ces espèces sont encore régulières, il est suffisant de réduire fortement le rythme de coupe (à maximum 6 fois par an) pour qu’une prairie fleurie plus ou moins riche en espèces fasse son retour d’elle-même en quelques années.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
La fiche d’Agridea « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ([https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier téléchargement ici]) est utile pour déterminer s’il est nécessaire d’ensemencer ou s’il suffit simplement d’attendre.&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-400px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Weg artenreicheWiese fr.png&lt;br /&gt;
| text =  [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier &amp;quot;Pour obtenir des prairies riches en espèces&amp;quot;] .&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;15&amp;lt;/sup&amp;gt; Les prairies naturelles sont des prairies qui n’ont plus été tournées ni semées depuis au moins 30 ans.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Revalorisation botanique par semis des prairies naturelles appauvries==&lt;br /&gt;
Si une prairie s’est appauvrie sur le plan botanique, suite à une utilisation intensive par exemple, et qu’elle ne montre plus de reliques de l’association végétale recherchée, la diversité botanique ne revient souvent pas toute seule, même avec une extensification de l’utilisation et même après des décennies – comme le montrent de nombreuses études (Bosshard 1999, Kiehl 2010&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; p. ex.).&lt;br /&gt;
D’une part, la plupart des espèces de prairies ne se dispersent que lentement, de l’autre, la végétation en place empêche efficacement l’établissement des nouvelles espèces, et il manque le stock grainier de la majorité des espèces prairiales qu’on espère puisque les graines de la plupart ne survivent que quelques années dans le sol.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour enrichir un peuplement appauvri, il n’y a donc pas d’autres solutions que de réintroduire les espèces manquantes par des mesures appropriées&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
On dispose fondamentalement de trois possibilités pour ce faire – qui toutes nécessitent d’adapter l’utilisation (pas de fumure, régime de coupe adéquat, notamment) :&lt;br /&gt;
# '''Méthode du sursemis : ''' les prairies naturelles envahies par les graminées et pauvres en fleurs, dont la composition en graminées les range encore dans une certaine mesure dans la catégorie des prairies à fromental au sens strict, ne devraient pas être tournées/sarclées ni ensemencées. Une revalorisation par un simple sursemis dans le peuplement existant, comme cela se fait dans les prairies intensives avec les mélanges fourragers, ne fonctionne pas avec la semence de prairie fleurie. Il existe en revanche deux méthodes de sursemis nécessitant un peu plus de travail qui fonctionnent sans retourner le sol. La première de ces méthodes pour installer des espèces de prairie fleurie consiste à semer à la volée une sélection d’espèces de la région de manière ciblée sur les zones « de faiblesse » (secteurs de végétation endommagée, taupinières, ouvertures provoquées intentionnellement, etc.) durant plusieurs années. L’autre méthode consiste à faire sécher plusieurs années de suite sur la surface à revaloriser l’herbe fraîchement coupée de prés riches en fleurs (prairies à fromental). Les graines qui en tombent conduisent à une augmentation notable de la diversité des espèces et des fleurs après quelques années. Il faut toutefois disposer, sur l’exploitation ou dans le voisinage, d’un pré à foin qui puisse jouer le rôle de prairie source. Ces deux méthodes permettent de ne pas perturber inutilement la couverture et la structure de la végétation et du sol, et de conserver les écotypes encore présents dans la prairie naturelle existante. Elles exigent cependant beaucoup de patience et un travail relativement important, et ne fonctionnent que dans les stations avec une teneur en nutriments plutôt faible.&lt;br /&gt;
# '''Semis en bandes :''' cette méthode est relativement simple et sûre et permet aussi de réinstaller les espèces souhaitées dans le peuplement sans que toute la prairie naturelle existante doive être éliminée. On procède en passant un motoculteur ou une herse entraînée par prise de force (herse rotative p. ex.) dans la prairie existante, sur des bandes de 3 à 6 m de large espacées de 15 à 20 m. Il est souvent nécessaire de répéter trois fois l’opération à 2 semaines d’intervalle jusqu’à ce que l’ancienne végétation soit complètement morte. Au printemps, les bandes exemptes de végétation et bien séparées les unes des autres peuvent être ensemencées avec des graines adéquates ou un enherbement direct. Plus les bandes sont larges, plus on limite les dégâts causés par les gastéropodes. Les espèces qui s’établissent dans les bandes ensemencées peuvent à partir de là essaimer dans le peuplement environnant, pour autant qu’on laisse le foin sécher au sol et qu’on le répartisse sur toute la surface à la faneuse rotative. &lt;br /&gt;
# '''Ensemencement sur toute la surface :''' si la situation de départ n’est pas celle d’une prairie naturelle méritant d’être conservée, il est conseillé d’éliminer complètement la végétation existante sur toute la surface en labourant puis en hersant, ou en hersant seulement mais plusieurs fois de suite avec une herse rotative entraînée par prise de force (ou machine similaire). Voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Evaluation_de_la_station_et_de_la_v.C3.A9g.C3.A9tation Evaluation de la station et de la végétation] pour les détails de la préparation du lit de semence et de l’ensemencement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;16&amp;lt;/sup&amp;gt; Plant species introduction in ecological restoration : Possibilities and limitations. Basic and Applied Ecology 11/4, 281-284&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;17&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir à ce sujet en particulier la fiche d’Agridea [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier « Pour obtenir des prairies riches en espèces » ] ainsi que Huguenin-Elin et al. 2012.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Quelles surfaces conviennent (ou pas) pour des ensemencements ? ==&lt;br /&gt;
Les ensemencements permettent de rétablir des prairies stables riches en espèces dans presque toutes les stations (sol, exposition, altitude, etc.) – à condition de semer correctement les bonnes espèces et les bons écotypes et d’adapter ensuite l’entretien au peuplement végétal.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale : ''' les stations maigres ensoleillées sont propices au développement d’un plus grand nombre d’espèces végétales et animales et à des espèces plus rares que les surfaces plus riches en nutriments ou plus ombragées. Sur les sols secs très pauvres, la diversité d’espèces redevient plus faible ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces voir l'illustration concernant la richesse en espèces]) [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Les_types_de_prairies_les_plus_importants_et_les_stations_dans_lesquelles_on_peut_les_implanter_pour_obtenir_des_prairies_riches_en_esp.C3.A8ces et l’ensemencement est souvent difficile], surtout sur les sols nus graveleux avec peu ou pas de grains fins (sable, limon, argile).&amp;lt;!-- Cette situation est encore accentuée par une exposition au sud ou ombragée. Si on se trouve en présence d’un risque d’érosion, il est conseillé d’ajouter une petite quantité d’humus aux surfaces de gravier pur, afin qu’une couverture végétale fermée puisse se développer. --&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Les situations convenant moins ou dans lesquelles il est difficile d’ensemencer des prairies riches en espèces sont les suivantes :'''&lt;br /&gt;
* '''Stations ombragées'''. Ces stations sont par nature plus pauvres en espèces et moins fleuries que les prairies de situations ensoleillées. De plus, l’action des gastéropodes peut particulièrement affecter les plantules dans ces stations, surtout celles des fleurs. Ce facteur, parfois sous-estimé, est encore accentué si les surfaces ensemencées sont petites ou étroites et qu’elles peuvent ainsi facilement être gagnées depuis les bords par ces animaux. Conseil : les surfaces à ensemencer entourées de prairies ou de bosquets ne devraient pas être plus étroites que 6 m ni pus petites qu’un are (10x10m).&lt;br /&gt;
* '''Marais asséchés'''. Sur ce genre de sol, la dégradation de la tourbe a libéré une telle quantité de nutriments qu’on assiste rapidement à la domination de quelques espèces au détriment de la plupart des espèces semées. Dans ces conditions (rares), répandre des semences de prairie riche en espèce ne sert généralement à rien. Une remise en eau permet toutefois de leur redonner une valeur écologique. &amp;lt;!-- Link auf Feuchtgebiete--&amp;gt;&lt;br /&gt;
* '''Surfaces envahies de « mauvaises herbes ». ''' La prudence est requise dans les stations auparavant envahies de Rumex à feuilles obtuses (''Rumex obtusifolius''). Les graines de rumex enfouies dans le sol gardent leur pouvoir germinatif pendant des années. Même si aucun rumex n’est visible avant l’ensemencement, les graines de cette plante, produites lors d’un envahissement antérieur, peuvent germer en grand nombre après un labour ou un hersage. La lutte contre cette espèce problématique peut être très laborieuse&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt;. Les Cirses des champs (''ou chardons des champs Cirsium arvense'') et quelques néophytes envahissantes – en particulier les solidages et la vergerette annuelle (''Erigeron annuus'') – sont également des plantes à problème. L’espèce de cirse mentionnée, qui produit des stolons, et dont les fleurs sont par ailleurs très attirantes pour les abeilles et les papillons, disparaît le plus souvent d’elle-même avec une fauche régulière. Les néophytes mentionnées en revanche doivent être systématiquement éliminées (arrachées) dès le début. Si l’entretien est correct, quasiment aucune autre espèce communément considérée comme mauvaise herbe ne pose problème pour le développement du peuplement que l’on souhaite. En particulier les espèces qui apparaissent souvent en masse l’année du semis, comme les chénopodes (''Chenopodium sp.'') ou différentes graminées (Echinochola pied de coq (''Echinochloa crus-galli''), sétaires (''Setaria spp.''), millets (''Panicum spp.'')), disparaissent toutes d’elles-mêmes deux ans après le semis déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;18&amp;lt;/sup&amp;gt; Nous ne pouvons pas détailler ici la façon de procéder avec les surfaces montrant une pression élevée de rumex.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Influencer la station==&lt;br /&gt;
Si, dans un projet d’ensemencement, on a la possibilité d’influencer les propriétés du sol, on peut envisager les mesures suivantes pour créer des conditions – en général – plus pauvres en nutriments (dans l’ordre décroissant d’efficacité et croissant de coûts) : &lt;br /&gt;
# Décaper la couche supérieure du sol (la plupart du temps horizon A, le cas échéant également horizon B),&lt;br /&gt;
# Remblayer avec un substrat pauvre en nutriments ou l’incorporer dans le sol (gravier ou sable le plus souvent – ce qui nécessite généralement une couche d’au moins 30 cm pour le remblayage, &lt;br /&gt;
# Amaigrir, par exemple en cultivant une plante à gros besoins nutritifs telle que le maïs ou le ray-grass. L’efficacité de cette méthode fait toutefois débat. Une réduction nettement plus importante des nutriments disponibles est obtenue par le simple fait de ne plus tourner ni remuer le sol autant que possible (ce qui empêche la mobilisation oxydative des nutriments, voir Bosshard 1999). Cela est possible sur les surfaces arables peu envahies de mauvaises herbes, en faisant directement succéder l’ensemencement à un stade de friche avec chaumes.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est également toujours possible de « configurer » à neuf le sol partout où il est travaillé, par exemple dans les projets de construction, de façon à ce qu’il convienne au mieux à la végétation visée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut influencer d’autres facteurs liés à la station pour favoriser le type de prairie visée, en redessinant le terrain (exposition, influence de la nappe phréatique, etc.) ou en réduisant l’influence de l’ombre (étagement de lisière, rabattage de haie, etc.) par exemple.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tableau : Arbre décisionnel simplifié pour le choix de l’ensemencement adapté dans les stations en dessous de 1000 m (Source : Inspiré de Bosshard 2000, [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6, 161-171](en allemand). &lt;br /&gt;
Voir le chapitre [http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Typologie_des_milieux_prairiaux « Typologie des milieux prairiaux »] pour déterminer le type de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot; &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
! colspan=&amp;quot;2&amp;quot;|Type&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1a'''&lt;br /&gt;
| sol relativement profond à très profond, à utilisation jusque là moyennement intensive à très intensive (ou teneur en phosphore supérieure à 100 ppM), avec bilan hydrique équilibré : → végétation visée = prairie à fromental typique (Arrhenatheretum). Voir le texte pour les détails.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot;| '''1b'''&lt;br /&gt;
| sols peu profonds ou perméables (graveleux, sableux), ou station très sèche, ou pauvre en nutriments en raison de la végétation existante (rendement &amp;lt; 30 dt/an) ; situation ensoleillée :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b1&lt;br /&gt;
| sol calcaire ou pH &amp;gt; 6 : → végétation visée = pelouse mi-sèche à brome dressé (Mesobrometum). Voir le texte pour le choix du semis.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1b2&lt;br /&gt;
| teneur en calcaire essentiellement faible ou pH &amp;lt; 6 : → végétation visée = prairie à fétuque rouge et agrostide (Festuca-Agrostion), év. pelouse maigre acide (Nardion) (au-dessus de 600 m) ; enherbement direct, il n’existe pas de semence standard adaptée.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1c'''&lt;br /&gt;
| comme 1b, mais situation ombragée : &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c1&lt;br /&gt;
| station plutôt sèche (exposition surtout nord, ombre due à la forêt p ex.) : → prairie à fétuque rouge et agrostide (semence voir 1c1). &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1c2&lt;br /&gt;
| comme 1c1, mais avec précipitations &amp;gt; 1200 mm/an et au moins un peu de calcaire dans le sol ou pH &amp;gt; 6 : → prairie à fétuque rouge et agrostide (voir 1c1) ou variante maigre d’une prairie à fromental humide avec un enherbement direct ou la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1d'''&lt;br /&gt;
| sols à tendance hydromorphe (à assèchement périodique) :&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d1&lt;br /&gt;
| sols plutôt profonds et/ou plutôt riches en nutriments : → végétation visée = prairie à fromental fraîche, ensemencement par enherbement direct ou par la semence standard Humida. &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | 1d2 &lt;br /&gt;
| sol maigre ou peu profond : → associations de pré à litière par des méthodes d’enherbement direct (pas de semence standard adaptée sur le marché). Clarifier en détail la phytosociologie avant de choisir la surface donneuse adéquate (Molinion, Caricion, entre autres).&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1e'''&lt;br /&gt;
| sol mouillé ou à inondation périodique : comme 1d2.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| colspan=&amp;quot;2&amp;quot; style=&amp;quot;width:100px; text-align:center;&amp;quot; | '''1f'''&lt;br /&gt;
| sol nu : → végétation visée : flore rudérale ou pelouse clairsemée à brome dressée (voir texte) ; selon la situation, renoncer à l’ensemencement, ensemencer avec un mélange de flore rudérale, ou (si le sol est calcaire) procéder à un enherbement direct avec pelouse mi-sèche médio-européenne (''Mesobrometum'') ou pelouse sèche médio-européenne (''Xerobrometum''), pour autant qu’on en ait à disposition. Petites surfaces : tester la plantation de plants individuels.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Semence : composition d’espèces et provenance correctes=&lt;br /&gt;
Le succès de la création et de la restauration des prairies riches en espèces dépend très fortement de l’origine géographique et des caractéristiques de la station, de la qualité et de la composition de la semence. La composition et l’origine de la semence jouent un rôle majeur du point de vue de la biodiversité également.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Dans ce chapitre, nous décrivons les différents types de semence avec leurs avantages et inconvénients ainsi que les fournisseurs qui existent en Suisse. Le tableau décisionnel ci-dessous constitue un premier outil simple pour décider où semer quel type de semence. Le chapitre 6 du  [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf document « Leitfaden für naturgemässe Begrünungen », (p. 39 et suiv.)] (en allemand) donne des informations complémentaires sur chaque type de semence et ses utilisations possibles.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = tab bossh fr.png&lt;br /&gt;
| text = '''Tableau décisionnel pour le choix des semences pour un enherbement effectué en Suisse'''. La sélection des semences selon ce tableau garantie le respect de la Lois sur la protection de la nature (LPN) et de la Convention sur la biodiversité (CBD). Les méthodes citées en premier sont prioritaires du point de vue écologique. Méthodes figurant entre parenthèses : la disponibilité des semences diffère en fonction de la région. '''A''' = graines ou biomasse végétale autochtones (provenant d’un semis d’herbe à semences, d’un transfert de mottes ou d’autres méthodes d’enherbement direct). '''W''' = semences commerciales régionales, '''Z''' = semences commerciales standard. &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source (en allemand) : Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz  - Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard A., Mayer P., Mosimann A., 2015 &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = direktbegruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des techniques d'enherbement. Source: Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct sont en général nettement meilleures pour la conservation de la biodiversité que l’utilisation de  [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Semis_standard_et_enherbement_direct_.E2.80.93_explications semence standard]. Pour les ensemencements sur les surfaces vouées à la protection de la nature, il faut en général préférer les enherbements directs – à savoir le transfert de foin ou l’emploi de semence autochtone en sacs – et n’utiliser la semence standard qu’en cas exceptionnel (p. ex. pour un réseau de surfaces extensives qui ne sont pas directement des surfaces de protection de la nature).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La méthode de l’enherbement direct, c’est-à-dire un ensemencement qui implique la semence dite ''autochtone'', est souvent décrite comme une méthode de « copie de prairie ». Au lieu de reproduire les espèces individuelles, de les cultiver en monocultures et de le mettre ensuite sur le marché dans des mélanges définis, les graines produites chaque année dans les prairies riches en espèces, appelées '''prairies donneuses''' (ou '''prairies sources'''), sont utilisées directement, sans multiplication intermédiaire. Le semis de ces graines sur la '''surface receveuse''' (ou '''prairie cible'''), doit avoir lieu dans un rayon le plus court possible, idéalement à l’échelle locale, c’est-à-dire à une distance de 15 km par exemple. C’est ainsi qu’on parle également de semence locale.  &amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt;.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Tout aussi important que le principe « De la région pour la région », le principe de la station équivalente doit également être suivi : la surface donneuse et la surface à ensemencer doivent se ressembler le plus possible, c’est-à-dire montrer un type de sol, une altitude, une exposition, un type d’entretien ou d’utilisation similaires (voir à ce sujet l’aide à la décision de [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ regioflora.ch]).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les méthodes d’enherbement direct ont connu un développement et une amélioration notables ces dernières années en Suisse et à l’étranger&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt;, de sorte qu’ils sont désormais fiables et donnent de bons résultats si on procède correctement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A l’heure actuelle, certaines entreprises proposent de la semence autochtone pour la plupart des régions de Suisse&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt;. La plateforme regioflora.ch, initiée par Pro Natura et mise en place en collaboration avec Info Flora, Agridea et plusieurs cantons, décrit les méthodes d’enherbement direct, donne des références bibliographiques et contient aussi une compilation de différents fournisseurs de graines et de spécialistes. [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ RegioFlora] soutient aussi une [https://www.regioflora.ch/app/fr/index.html base de données de surfaces sources] – cependant encore lacunaire selon les régions – qui doit aider les utilisateurs à trouver une surface donneuse adéquate.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une bonne collaboration avec les propriétaires et surtout avec les exploitants des surfaces sources est décisive pour les procédés d’enherbement direct. C’est en effet grâce à eux que la diversité des espèces recherchée existe encore sur ces surfaces. L’utilisation d’une prairie comme surface donneuse signifie souvent pour les exploitants qu’ils lui accordent une valeur particulière. La reconnaissance de cette valeur demande plus que simplement utiliser la prairie. Pour obtenir l’autorisation de récolter, il est opportun de dédommager les exploitants pour le travail plus important que ce résultat implique.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;19&amp;lt;/sup&amp;gt; Note : c’est valable également pour le transfert de mottes, qui compte aussi parmi les méthodes d’enherbement direct. Dans ce procédé, on transfère des portions de végétation entières, y compris la couche supérieure du sol, au lieu des graines.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;20&amp;lt;/sup&amp;gt; Voir liste bibliographique complète chez [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ regioflora.ch] et [https://www.holosem.ch/ holosem.ch p. ex.]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;21&amp;lt;/sup&amp;gt; Informations complètes concernant l’offre sur [https://floretia.ch/fr/ www.floretia.ch], qui présente aussi l’assortiment de semences régionales issues de multiplication, en plus de semences autochtones.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Les différentes techniques d’enherbement direct en détail==&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = agridea_verfahren_fr_400dpi.png&lt;br /&gt;
| text = Comparaison des méthodes autres que le transfert de foin. Source : &amp;quot; Enherbement direct de prairies riches en espèces dans l'agriculture&amp;quot; (Agridea, 2015)&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Transfert de foin, aussi appelé technique de l’herbe à semences :===&lt;br /&gt;
La surface donneuse est fauchée &amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; au moment de la maturité optimale des graines de la majorité des espèces (stade pâteux mou), par conditions humides, et tout le matériel végétal est transféré sur la surface à ensemencer, à raison d’un rapport 1/1 la plupart du temps. La technique de l’herbe à semences est décrite en détail dans la fiche [https://www.agridea.ch/old/fr/publications/publications/production-vegetale-environnement/herbages/enherbement-direct-de-prairie-riches-en-especes-dans-lagriculture/ « Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture » (Agridea 2015)] ([https://www.youtube.com/watch?v=IsI8ivNB9u0 voir aussi le film du FiBL ici]). L’avantage de cette méthode consiste dans le fait que toutes les exploitations agricoles possèdent les machines nécessaires, et que son coût est relativement faible si l’agriculteur peut réaliser le travail lui-même. En outre, des espèces de la petite faune et des mousses sont transférées en même temps sur la surface receveuse, et la couche de végétaux qu’on dépose constitue une première protection contre l’érosion et améliore les conditions de germination. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les inconvénients sont la logistique qui est souvent difficile, un investissement en temps relativement grand et, surtout, la nécessité d’étendre la végétation immédiatement après l’avoir coupée. D’une part, l’été n’est souvent pas le meilleur moment pour semer, d’autre part de nombreuses surfaces ne sont souvent pas prêtes à recevoir des semences à la période où la matière végétale est récoltée et doit être étendue (lors des projets de construction par exemple). Le fait que différents moments de récolte et différentes surfaces donneuses ne puissent se combiner que de manière limitée et moyennant un travail plus important est un autre inconvénient de la méthode.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;22&amp;lt;/sup&amp;gt; La faucheuse à barre de coupe et la faux sont idéales. Selon l’accessibilité et la praticabilité de la surface, on peut aussi utiliser un broyeur-aspirateur, qui coupe et aspire l’herbe en un seul passage. Toutefois ce procédé tue la majeure partie de la petite faune, si bien que le bénéfice mentionné d’un transfert d’animaux est annulé.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertragung 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Transfert de foin.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Moisson de prairie ===&lt;br /&gt;
Les semences sont récoltées sur la surface source avec une moissonneuse-batteuse spécialement réglée pour cette tâche. Cette méthode ne fonctionne cependant que sur un terrain plat alors que la plupart des surfaces non semées – et qui peuvent donc convenir comme prairies donneuses pour l’enherbement direct – sont en pente. De plus, certaines espèces particulières ne sont quasi pas récoltées. Les avantages résident dans le rendement de surface relativement grand. Les semences de différentes prairies récoltées à des moments différents peuvent en outre être mélangées, et les graines semées au moment voulu et jusqu’à 2 ou 3 ans (selon le stockage) après la récolte. On a peu d’expériences en Suisse avec cette méthode ; on les doit surtout à la haute école d’agronomie HAFL de Zollikofen près de Berne qui a mené des essais. Depuis 2019, Regiosaat.ch est la première entreprise à mettre sur le marché des semences autochtones obtenues par moisson de prairies.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe une variante de la moisson de prairie : la technique Heudrusch®. Développée et pratiquée en Allemagne par Joe Engelhardt, elle consiste à récolter l’herbe humide comme pour un transfert de foin, mais au lieu de la transférer directement, on la fait sécher et on la bat avec une infrastructure spéciale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Ernte_mit_Maehdrescher 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à la moissonneuse-batteuse.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
===Brossage===&lt;br /&gt;
Les graines sont récoltées directement sur les plants avec des outils à brosses spéciaux. Cette méthode est moins efficace que la moisson de prairie, mais permet, avec des outils de dernière génération, de récolter les semences sur des surfaces donneuses raides, inondées ou à la topographie difficile. De plus, selon l’outil employé, on peut « personnaliser » la récolte en choisissant ou en excluant certaines espèces&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt;. Une végétation trop dense ou trop haute limite l’emploi de cette technique, comme cela peut être le cas dans des prairies à fromental ou mégaphorbiaies très riches en nutriments. Comme pour la moisson de prairie, on peut combiner facilement différentes surfaces sources et différents moments de récolte et ainsi optimiser la composition des espèces. De même, le moment de l’ensemencement est flexible. La méthode est actuellement proposée en Suisse uniquement par [http://www.agraroekologie.ch/ Ö + L]. Cette entreprise a développé un outil spécifique à cette fin, [http://www.holosem.ch/ebeetle/angebot/ l'eBeetle].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;23&amp;lt;/sup&amp;gt; Il va de soi que cela ne vaut que si les toutes les surfaces donneuses que l’on combine sont situées dans une même région de petite taille et appartiennent au même type de prairies de stations comparables.&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Autres techniques ===&lt;br /&gt;
En plus des trois méthodes principales mentionnées ci-dessus, il en existe d’autres pour l’enherbement direct, qui sont toutefois nettement moins efficaces et par conséquent applicables seulement à petite échelle, ou en complément des méthodes citées. Parmi elles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte à la main''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
les espèces souhaitées peuvent bien entendu également être récoltées à la main dans les surfaces donneuses. Ce procédé permet certes une cueillette très ciblée et individualisée de chaque espèce à maturité optimale (qui intervient en général au stade pâteux mou), mais il demande beaucoup de temps et n’est réaliste que pour de petites surfaces. La récolte manuelle peut cependant jouer un rôle important en complément de la moisson de prairie ou du transfert de foin, puisqu’on peut compléter efficacement la récolte des graines de certaines espèces qui, pour différentes raisons (période de maturité, présence très isolée, etc.) ne sont pas transférées ou pas récoltées mécaniquement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Récolte avec petites machines portatives''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
il existe sur le marché des aspirateurs et d’autres techniques portatives avec lesquelles on peut récolter les graines de la surface donneuse sur la végétation sur pied. Ces méthodes sont cependant peu efficaces, et là aussi ne conviennent qu’à de petites surfaces. Par rapport à une récolte manuelle elles n’offrent de réels avantages que dans des cas particuliers. Ce genre d’outils n’est utilisé que très ponctuellement en Suisse. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Fleur de foin''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
cette méthode était usuelle pour améliorer les prairies et en créer de nouvelles jusqu’au milieu du siècle dernier. Elle consiste à ramasser les graines tombées au sol dans la grange et à les semer directement. Comme il n’existait jusque dans les années 1950 presque que des prairies riches en espèces (Bosshard 2016&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt;), cette méthode a autrefois remarquablement fonctionné. Aujourd’hui la fleur de foin est composée avant tout de graines de prairies grasses et intensives pauvres en espèces, et contient souvent de nombreuses espèces indésirables telles que les rumex et chardons, de sorte que cette méthode est en général à déconseiller absolument.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Transfert de mottes''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
dans les cas où une prairie riche en espèces doit être détruite et restaurée ensuite, la méthode du transfert de mottes ou du replacement de mottes est particulièrement adaptée. La végétation d’origine est stockée en grandes dalles au moyen d’une pelleteuse et replacée après les travaux sur la surface à enherber. C’est le canton des Grisons qui dispose de la plus grande expérience de cette méthode, car le transfert de mottes y fait aujourd’hui partie du procédé principalement utilisée dans la construction routière et les projets d’améliorations foncières.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Enherbement spontané ''' &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
partout où les proches alentours présentent encore des surfaces riches en espèces comprenant les espèces cibles, et partout où on peut s’attendre à les trouver dans la banque de graines du sol, l’enherbement spontané entre aussi en ligne de compte. Cette méthode consiste à ne rien semer, mais simplement à attendre que les espèces convenables s’établissent à nouveau d’elles-mêmes. Cette méthode est conseillée surtout pour les régions de montagne, pour autant que seules des petites surfaces, ou des surfaces de quelques mètres de large seulement, doivent être enherbées, et que des prairies riches en espèces soient présentes dans les environs immédiats (distance &amp;lt; 20 m).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;24&amp;lt;/sup&amp;gt; Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Bosshard A. 2016. Haupt-Verlag, Berne. 265 p. [https://issuu.com/haupt/docs/9783258079738 Sommaire, résumé et échantillon de lecture p. 1-34] (en allemand). &lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Saatguternte_Mesobr_mit_eBeetle 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Récolte de la semence à l'eBeetle.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Une planification rigoureuse incontournable==&lt;br /&gt;
Les méthodes « Transfert de foin » à «Récolte à la main» requièrent une planification soigneuse. Comme les récoltes ne sont effectuées que dans un cadre local, la semence adéquate n’est souvent pas disponible en stock, mais elle est produite spécifiquement, « sur demande », surtout en cas de besoins relativement importants. Cela signifie qu’au plus tard en mai, on doit être au clair sur les besoins de semences et sur les localités et conditions concernées par l’enherbement. Ainsi, si on souhaite semer au printemps – période optimale pour les semis – la récolte doit être déjà terminée l’été d’avant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Informations complémentaires sur les méthodes d’enherbement direct==&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Guide pratique d’Agridea sur l’enherbement direct des prairies riches en espèces dans l’agriculture (2015)]&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf « Guide pour un enherbement direct respectueux de la nature »]&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/accueil/ Regio Flora, Favoriser la diversité régionale dans les herbages]&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (Ed.) 2012: Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein.&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/ HoloSem®]&lt;br /&gt;
* [https://www.regiosaat.ch/ www.regiosaat.ch (en allemand)]&lt;br /&gt;
* [https://www.conservationevidence.com/actions/133 Conservation Evidence] (page anglaise offrant une foule d’informations scientifiques de fond provenant de différentes études)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Emploi et acquisition de semence standard de prairies fleuries==&lt;br /&gt;
Dans les régions où il existe trop peu de surfaces sources de qualité, ou dans celles où, pour d’autres raisons, il n’est pas possible de procéder à des enherbements directs, les semences de prairies fleuries riches en espèces contenant les écotypes des régions biogéographiques concernées (voir ill. 1) sont une bonne option.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En Suisse, les entreprises suivantes proposent de la semence standard de prairies fleuries contrôlée : [https://www.ufasamen.ch/fr Ufa], [https://www.hauenstein.ch/fr/ Hauenstein], [http://www.sativa-rheinau.ch/fr.html Sativa], [https://www.ericschweizer.ch/fr/acceuil Schweizer]. Les deux premières ont le plus vaste assortiment, la troisième propose des semences bio. Quelques-uns des mélanges proposés changent presque chaque année, il est donc conseillé de consulter les pages actualisées du site internet des entreprises concernées, ou leurs prospectus abondamment illustrés, pour déterminer le mélange de fleurs le plus approprié à l’application prévue.&lt;br /&gt;
Il faut absolument faire attention à l’origine biogéographique de la semence lors de l’achat. L’information selon laquelle le mélange est composé d’écotypes suisses ne suffit pas, car ce genre de semences est souvent le résultat d’un mélange de graines originaires de régions biogéographiques différentes. On trouve encore d’innombrables mélanges sur le marché qui ne mentionnent que la part des fleurs d’écotype indigène, alors que la part des graminées n’est pas spécifiée – elle représente souvent bien plus de 90 % du mélange – et que celles-ci viennent généralement de l’étranger et comprennent parfois même des variétés de sélection. Ce genre de semences est nettement meilleur marché mais, pour les raisons exposées au chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Introduction Introduction], elles sont déconseillées, voire non conformes au droit selon le domaine d’utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des mélanges de semences riches en espèces sont composés d’écotypes de la région biogéographique du Plateau. Ce genre de mélange ne doit pas être utilisé dans le Jura, en montagne ou au Tessin. Pour ces régions, à défaut d’une offre en semence standard adéquate, il n’y a que la semence autochtone qui entre en ligne de compte pour la majorité des utilisations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Quelques cantons ([https://lawa.lu.ch/-/media/LAWA/Dokumente/Landwirtschaft/Biodiversitaetsfoerderflaechen/Merkblaetter/MB_Blumenwiese_Neuansaat.pdf LU] et [https://www.ag.ch/media/kanton_aargau/dfr/dokumente_3/landwirtschaft_2/umweltprojekte/naturnahe_landwirtschaft_1/merkblaetter_labiola/20_Labiola_MB_Saat_und_Pflanzug_okt16.pdf AG] p. ex.) ont développé des mélanges à prairies fleuries pour l’agriculture adaptés au contexte cantonal en collaboration avec le commerce. Leur composition floristique diverge parfois légèrement des mélanges courants, et parfois la semence de base de certaines espèces est originaire du canton concerné. On peut acquérir ces mélanges en partie via le commerce et en partie via le canton et les services chargés de cette tâche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Garantie de qualité ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Bosshard_NEAT_Amit_HoloSem_Saatgut_angesaet_zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Talus récemment ensemencé selon le standard HoloSem.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les recommandations d’Info Flora et Regio Flora mentionnées dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Origine_des_semences_:_recommandations.2C_standards_et_prescriptions_l.C3.A9gales Origine des semences] en ce qui concerne le choix de la semence de base et des surfaces donneuses, et la répartition spatiale des semences, concernent autant la semence standard que les enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour la semence standard, les entreprises semencières de Suisse ont élaboré, dans les années 1990, une convention qui tient compte des recommandations de Info Flora (à l’époque la CPS) ; cet accord est le résultat d’un processus de plusieurs années, mené conjointement avec l’Association pour le Développement de la Culture Fourragère et l’Institut de recherche de Reckenholz. Les entreprises semencières se sont déclarées prêtes à n’utiliser que des écotypes suisses indigènes pour leurs mélanges à prairies fleuries, à annoncer aux organismes de recherche les champs prévus pour la récolte avec les indications demandées (provenance de la semence d’origine, taille des parcelles, p. ex.), et à faire inspecter les multiplications par échantillonnage. Cette convention n’est cependant respectée que pour la composition en fleurs de la semence, la part de graminées est quant à elle encore souvent d’origine étrangère et non certifiée, surtout pour les mélanges utilisés dans les projets touchant les voies de communication.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En plus des recommandations de Info Flora / RegioFlora, il existe pour les enherbements directs un standard de qualité développé par la branche elle-même : [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/le-standard-holosem/ le standard Holosem]. Ce dernier existe depuis 2014 et définit quelles exigences concernant la qualité et la station doivent être respectées lors de la récolte de la semence, fixe la distance maximale de dispersion de la semence autochtone à 15 km, tout en tenant compte en plus de la région biogéographique de la station et de l’altitude, notamment. Ce standard comprend aussi des exigences quant à la documentation, et au choix des surfaces donneuses, entre autres. Il est de plus en plus utilisé dans les processus de soumission, afin d’assurer une qualité minimale homogène des enherbements directs.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La qualité de l’accompagnement et de l’activité de conseil des acteurs impliqués (exploitants des surfaces par exemple), qui peuvent également réaliser eux-mêmes le transfert de foin, est tout aussi importante et efficace qu’un standard. Un conseil spécialisé peut augmenter de façon substantielle la réussite et la qualité des surfaces ensemencées. On peut le voir par exemple dans le canton d’Argovie, où les paysans intéressés peuvent faire appel gratuitement à ce genre de conseil et où le succès des transferts de foin est examiné au travers d’un monitoring. La page internet de regioflora.ch offre aussi une aide précieuse pour le déroulement correct des transferts de foin : les informations y sont présentées de façon détaillée et compréhensible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = wichtigste Begruenungsverfahren fr.png&lt;br /&gt;
| text = Illustration 5 : vue d’ensemble des méthodes d’enherbement les plus importantes et périodes optimales, pour une altitude jusqu’à env. 1000 m. L'ouvrage mentionné présente en page 31 un tableau qui traite également les altitudes plus élevées. [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Source : Bosshard, A., Mayer, P., Mosimann, A., 2015. Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität. Ö+L Ökologie und Landschaft GmbH (en allemand)]&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Réalisation pratique des semis et entretien des prairies riches en espèces&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt;=&lt;br /&gt;
Les semences riches en espèces sont trop coûteuses pour ne pas les mettre en place de façon optimale. Car même en utilisant la meilleure semence, le succès ne sera au rendez-vous qu’en procédant au semis dans les règles de l’art et en mettant en place un entretien ou une exploitation adaptée.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;sup&amp;gt;27&amp;lt;/sup&amp;gt; Source : [http://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ Holosem (en allemand)]&lt;br /&gt;
&amp;lt;/small&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Préparation du lit de semences ==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Empfängerfläche 5 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = La préparation de ce lit de semences a consisté en un labour puis en plusieurs hersages espacés d'environ trois semaines.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
L’un des prérequis important pour le succès de l’ensemencement est d’avoir un lit de semence exempt de végétation, fin et bien appuyé.&lt;br /&gt;
Le sol peut être débarrassé de sa végétation par un labour ou par plusieurs passages de la herse, dans des cas particuliers également en le recouvrant d’une feuille noire ; il est déconseillé de pulvériser de l’herbicide. Semer dans des prairies existantes (sursemis) sans éliminer l’ancienne végétation ne fonctionne qu’au prix d’un travail important (voir [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Revalorisation_botanique_par_semis_des_prairies_naturelles_appauvries « Méthode du sursemis »])!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Un « sol bien appuyé » signifie qu’il s’est écoulé au moins trois à quatre semaines depuis le dernier travail profond du sol (labour hersage, apport d’une couche de sol). En effet, si le sol est trop lâche lors du semis, le contact entre la terre et les graines n’est pas optimal et les jeunes pousses risquent de ne pas pouvoir s’enraciner correctement ; en outre, l’approvisionnement en eau depuis le sous-sol est insuffisant, ce qui peut provoquer de grands déficits en cas de sécheresse.&lt;br /&gt;
Immédiatement avant le semis, le sol peut, si nécessaire (« culture de mauvaises herbes »), être encore hersé ou fraisé très superficiellement (sur env. 3 cm de profondeur).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Moment du semis==&lt;br /&gt;
Dans la mesure du possible, les semis devraient avoir lieu en avril ou mai. Ne vaut pas pour les transferts de foin, qui doivent être réalisés lorsque les graines de la prairie source sont mûres, donc en général en juin ou juillet. Les semis plus tardifs peuvent être sensiblement compromis par les périodes de sécheresse ou de canicule (surtout les graminées). Les pertes durant l’hiver pour les semis d’automne sont en général aussi considérables (surtout pour les fleurs – par opposition aux graminées). Si les semis ne peuvent pas avoir lieu en avril ou en mai, par exemple en raison de la protection contre l’érosion, mettre en place des cultures dérobées ou des cultures couvrantes est une option. Les conseils d’un ou une spécialiste sont alors recommandés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Semis==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Hydrosaat mit autochthonem Saatgut 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = Semis hydraulique de semence autochtone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Les semences, dans la quantité prescrite, sont disséminées en surface à la main ou avec les machines adéquates (Hydroseeder, semoir, épandeur à engrais) selon la situation et le parc de machines. Ne pas enfouir les graines dans le sol ! Pour les plus petites surfaces, il est conseillé de semer à la main, en disséminant d’abord la moitié des graines en croix (c’est-à-dire de gauche à droite, puis d’arrière en avant), pour assurer un semis régulier. Il faut passer le rouleau immédiatement après le semis sur les sols meubles (p. ex. surfaces agricoles). Les rouleaux articulés (rouleaux Cambridge p. ex.) conviennent bien. Les petites surfaces peuvent aussi être « frappées » ou « damées ».&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien des surfaces réensemencées dans l’année==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mahdgutuebertr_Keimungsphase mit ebenfalls uebertragener Trockenwiesenschnecke 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le transfert de foin a aussi transporté des escargots depuis leur prairie sèche d'origine.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
Presque toutes les plantes des prairies riches en espèces germent quelques semaines après le semis et ne se développent ensuite que très lentement. Les « mauvaises herbes », par contre, germent pour la plupart tout de suite après le dernier travail du sol, puis elles commencent immédiatement à pousser. Les plantes annuelles peuvent massivement proliférer après peu de temps déjà, surtout sur les sols riches en humus.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il s’agit alors de garder son sang-froid : ce phénomène est normal et ne met en aucune façon le futur développement de la prairie en péril. Il est toutefois important de ne pas attendre trop longtemps pour effectuer la « coupe d’entretien », afin que les jeunes pousses des espèces semées ne meurent pas sous une épaisse couverture végétale par manque de lumière.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Règle générale ''': après le semis, dès que le sol est densément couvert de « mauvaises herbes » au point qu’il n’est plus visible par endroit, une coupe d’entretien doit être effectuée :&lt;br /&gt;
* Couper haut (5-10 cm).&lt;br /&gt;
* Le produit de la coupe doit être exporté.&lt;br /&gt;
* Répéter éventuellement la coupe d’entretien dans l’année du semis si les espèces annuelles se développent rapidement encore une fois. &lt;br /&gt;
* Même dans les cas où une coupe d’entretien n’était pas nécessaire durant la saison d’été, il convient d’effectuer une telle coupe en automne, avant l’hivernage, idéalement dans la première moitié de septembre.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est important de jeter encore un coup d’œil à la végétation en automne : elle ne devrait pas être plus haute qu’un poing à l’entrée dans l’hiver, afin que les jeunes plantules ne soient pas recouvertes par un « tapis » de végétation écrasée par la neige. C’est la raison pour laquelle la première, ou simplement la dernière de deux coupes d’entretien, est indiquée idéalement pour la première moitié de septembre. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si des rumex (''Rumex obtusifolius'') ou des néophytes envahissantes se développent, il est recommandé de les arracher ou les couper déjà dans l’année du semis. Pour toutes les autres « mauvaises herbes », désherber ne sert à rien, au contraire cela serait contreproductif, la coupe d’entretien suffit tout à fait. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
A noter que pendant l’année du semis, on ne voit encore pratiquement rien des espèces semées et il est difficile de juger si un ensemencement est réussi ou non. Aucun jugement hâtif ne devrait donc être émis sur sa réussite.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Entretien les années suivantes==&lt;br /&gt;
Ce n’est que l’année suivant le semis qu’on peut voir s’il évolue dans la bonne direction. Le visage de la future prairie commence à se dévoiler de plus en plus. Selon la station et les espèces semées, il faut cependant souvent au moins une année supplémentaire jusqu’à ce que toutes les plantes se soient bien établies et qu’un peuplement stable puisse se constituer.&lt;br /&gt;
Comme pour un bon vin, la patience est de mise pour les réensemencements ! '''Grand bien ne vient pas en peu d’heures…''' &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’année qui suit l’ensemencement est cependant déjà adéquate pour commencer avec un entretien ou une utilisation réguliers d’une à deux coupes annuelles. La fauche doit absolument être adaptée au peuplement végétal visé et donc aux espèces semées. Il est difficile d’émettre ici des recommandations universelles. Mais de façon générale, les points suivants sont à respecter ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche « Conservation et revalorisation par la fauche »]) :&lt;br /&gt;
* Il n’est en aucun cas nécessaire d’effectuer plus de deux coupes par an dans les prairies non fertilisées. Au contraire, cela nuit à la diversité des espèces et provoque inutilement du travail et des coûts, et consomme des ressources en vain.&lt;br /&gt;
* La fauche devrait avoir lieu généralement environ 1 à 2 semaines après l’essentiel de la floraison afin de permettre que les graines atteignent leur maturité. Dans de nombreux cas, le moment optimal de coupe se situe en plaine dans la deuxième moitié de juin ou la première de juillet.&lt;br /&gt;
* Là où il n’existe pas de directives pour la date de la première coupe (surfaces de compensation écologiques dans l’agriculture p. ex.), une variation annuelle du régime de fauche est bénéfique à la biodiversité (faucher une fois plus tôt, une fois plus tard, etc.).&lt;br /&gt;
* Toujours laisser sur pied de petits secteurs afin de permettre aux animaux de se réfugier dans les structures qui restent, et aux espèces à floraison tardive de poursuivre leur développement jusqu’à la maturité des graines. Le mieux est de laisser à chaque coupe 10% de la surface non fauchée sous forme de bandes refuges, à des endroits différents chaque fois. On peut aussi conseiller d’échelonner la fauche (dates de coupe différentes par petites surfaces avec au moins 3 semaines d’intervalle), là où c’est possible au regard du surplus de travail que cela nécessite.&lt;br /&gt;
* Si possible laisser sécher l’herbe sur place pendant 2 à 3 jours sans précipitations (foin séché au sol) afin que les graines puissent mûrir et tomber.&lt;br /&gt;
* Exporter le foin en tous les cas. Le broyage réduit en général rapidement la diversité botanique.&lt;br /&gt;
* Si le Rumex à feuilles obtuses ou des néophyte envahissantes telles que les solidages américains ou la Vergerette annuelle se développent, il faut les éliminer régulièrement, et autant que possible dès le début. Plus on agit tôt et sérieusement, plus on s’épargne du travail plus tard.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
En suivant ces recommandations, on peut apprécier une prairie fleurie colorée après une année ou deux déjà.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Si on souhaite promouvoir la biodiversité encore plus efficacement après un ensemencement réussi, il est recommandé ([http://80.241.221.112/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Mesures_g.C3.A9n.C3.A9rales Mesures générales]) d’ajouter encore de la valeur aux prairies fleuries avec des structures telles que des tas de branches, un mur en pierres sèches, des surfaces en gravier, [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau un petit étang], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Haie une haie] ou des arbres isolés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations supplémentaires :&lt;br /&gt;
* [https://www.holosem.ch/fr/localseed/richtig-ansaeen/ HoloSem&amp;lt;sup&amp;gt;®&amp;lt;/sup&amp;gt;]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Information et motivation pour une tâche collective exigeante=&lt;br /&gt;
Choisir la bonne méthode au bon moment et au bon endroit pour favoriser la biodiversité de façon optimale lors des revalorisations de prairies et de semis dans les milieux prairiaux est exigeant, et il n’est pas rare que cela occasionne un surplus de travail et fasse surgir des obstacles. Les présentes explications ne le cachent pas.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il est donc d’autant plus important d’attirer sans relâche l’attention des nombreux acteurs impliqués dans les différentes étapes des processus décisionnels sur l’importance des revalorisations de prairies et sur les chances qu’elles offrent, et de les informer et former sur les diverses possibilités existantes et les avantages et inconvénients des méthodes à disposition.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La tâche d’information et de motivation à propos des revalorisations qu’il convient de réaliser ou pas, du lieu pour le faire et de la façon de le faire, est d’autant plus grande que des acteurs très différents sont impliqués en fin de compte : architectes-paysagistes, paysagistes, spécialistes des suivis environnementaux, responsables environnementaux, spécialistes de la protection des sols sur les chantiers, maîtres d’ouvrage, bureaux d’écologie, services publics variés du niveau communal au niveau fédéral, écoles, organismes de formation continue, etc. etc. – et last but not least agricultrices et agriculteurs. Toutes et tous ont régulièrement à décider de ce qui se passe dehors, dans le paysage situé à nos portes. Il faut souhaiter que les présentes informations (élaborées par l’association biodivers) contribuent à une maîtrise encore meilleure de ces défis à l’avenir, afin qu’on se saisisse d’une façon plus volontaire encore des innombrables occasions de revaloriser les prairies en faveur de la nature.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Littérature complémentaire=&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~1425~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Pour-obtenir-des-prairies-riche-en-esp%C3%A8ces/Deutsch/Print-Papier Pour obtenir des prairies riche en espèces. Fiche technique, Agridea, 2010.]&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/fr/A~2591~1/3~410250~Shop/Publications/Production-v%C3%A9g%C3%A9tale-Environnement/Herbages/Enherbement-direct-de-prairie-riches-en-esp%C3%A8ces-dans-l%27agriculture/Deutsch/Print-Papier Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture. Guide pratique, Agridea, 2015.]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Leitfaden_naturgemaesse_Begruenungen_def.pdf Leitfaden für naturgemässe Begrünungen in der Schweiz. Mit besonderer Berücksichtigung der Biodiversität, Bosshard et al. 2015 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2015/11/Guideline_restoration_deutsch.pdf Leitfaden zur Renaturierung von artenreichem Grünland. SALVERE 2012 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/wp-content/uploads/2017/08/Wiesenrenaturierung_NuL_2000.pdf Blumenreiche Heuwiesen aus Ackerland und Intensiv-Wiesen. Eine Anleitung zur Renaturierung in der landwirtschaftlichen Praxis. Naturschutz und Landschaftsplanung 32/6 (2000), 161-171. (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Gürke, J., ed. : Pro Natura, 2014. Créer sa prairie fleurie pas à pas, Pro Natura Pratique No. 21.&lt;br /&gt;
* Kirmer A., Krautzer B., Scotton M., Tischew S. (eds) 2012 : Praxishandbuch zur Samengewinnung und Renaturierung von artenreichem Grünland. Lehr- und Forschungszentrum Raumberg-Gumpenstein (en allemand).&lt;br /&gt;
* Kiehl K., Kirmer A., Shaw N., Tischew S. (eds) 2014 : Guidelines for Native Seed Production and Grassland Restoration. Cambridge Scholars Publishing.&lt;br /&gt;
* Brönnimann D. und Minloff L., 2015 : Entwicklung von angesäten extensiven Wiesen im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* Zemp-Lori N., 2016 : Besiedlung angesäter extensiver Wiesen durch Tagfalter im Naturnetz Pfannenstil. Bachelorarbeit&lt;br /&gt;
* [https://www.research-collection.ethz.ch/handle/20.500.11850/143994 Renaturierung artenreicher Wiesen auf nährstoffreichen Böden. Ein Beitrag zur Optimierung der ökologischen Aufwertung der Kulturlandschaft und zum Verständnis mesischer Wiesen-Ökosysteme. Dissertationes Botanicae Band 303, Stuttgart 1999 (en allemand).] &lt;br /&gt;
* [https://www.agraroekologie.ch/wp-content/uploads/2016/10/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen – Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland. Naturschutz und Landschaftsplanung 42 (7), 2010, 212-217 (en allemand).]&lt;br /&gt;
* Grün Stadt Zürich, Fachbereich Naturschutz, 2010. Pflegeverfahren. Ein Leitfaden zur Erhaltung und Aufwertung wertvoller Naturflächen, Leitfaden. Zürich (en allemand).&lt;br /&gt;
* [http://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Pour des informations supplémentaires, voir HoloSem / Documents techniques.]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les documents suivants présentent des informations et des outils concernant le travail et les coûts que nécessitent les mesures décrites :&lt;br /&gt;
* Catalogues des semences et sites internet des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement#Emploi_et_acquisition_de_semence_standard_de_prairies_fleuries fournisseurs de semences] standards et autochtones cités&lt;br /&gt;
* Catalogue des articles normalisés (payant)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Pour les compléments bibliographiques, voir sous [https://www.holosem.ch/fr/begruenungen/fachunterlagen/ Documents techniques].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = WiesenhausMatzingen_auchHaeuser_eignen_sich_fuer_artenreiche_Wiesen 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Des maisons peuvent aussi accueillir des prairies riches en espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Autres chapitres sur les milieux prairiaux =&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux#Introduction Introduction]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique Ecologie utile pour la pratique]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/de/index.php/Gr%C3%BCnland/Praxisbeispiele Praxisbeispiele]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Avec la collaboration de || Regula Benz||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Université de Berne, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Andrea Lips ||  [https://www.pronatura.ch/de Pro Natura]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Winu Schüpbach|| [https://www.quadragmbh.ch/ quadra gmbh] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12294</id>
		<title>Milieux prairiaux/Ecologie utile pour la pratique</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12294"/>
				<updated>2023-03-05T16:43:31Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Plantes et animaux des milieux prairiaux */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Praxisrelevante Ökologie]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Halbtrockenrasen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les prairies mi-sèches riches en fleurs ont fortement diminué et devraient donc être favorisées comme de nombreux autres habitats prairiaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Habitats des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite de plus près la naissance, l’histoire et le développement des milieux prairiaux. Dans cet article, nous employons, pour les types d’habitats non fertilisés et ceux qui ne sont pas anthropogènes, la classification de Delarze et al. (2015) ; pour les herbages fertilisés (prairies et pâturages gras), nous utilisons celle de Bosshard (2016). Les zones humides, les marais, les clairières forestières, les surfaces rudérales et la végétation pionnière sont traités dans d’autres articles du présent site. Les friches à graminées ne sont pas abordées ; comme il s’agit souvent d’associations rudérales, elles se verront traitées plus tard dans un autre article, le cas échéant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tableau suivant (d’après Delarze et al. 2015) montre les habitats du domaine « milieux prairiaux » qui, selon notre évaluation, nécessitent des mesures de promotion (voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation] (oui/non). Cette évaluation se base sur les indications concernant la « situation en Suisse » et sur la faisabilité de la promotion par l’être humain (création par l’être humain possible). Les habitats marqués d’un « P », pour habitats primaires, sont ceux qui ne dépendent pas d’une influence anthropogène, et ceux avec un « (P) » ne nécessitent généralement pas d’exploitation par les humains pour exister au-dessus de la limite de la forêt (source : Delarze et al. 2015). Degré de menace : LC = non menacé, NT = potentiellement menacé, VU = vulnérable, EN = en danger. Degré de régénération (R) : R2 = 5 à 10 ans, R3 = 10 à 25 ans, R4 = 25 à 50 ans, R5 = 50 à 200 ans (source : Delarze et al. 2015). Pour les prairies et pâturages gras, c’est la classification de Bosshard (2016) qui est reprise (n° 4.5, marqué d’une *). n.d. = non disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Nr.&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
! Mesures nécessaires&lt;br /&gt;
! Menace&lt;br /&gt;
! Durée de régénération&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4&lt;br /&gt;
| Pelouses et prairies&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0&lt;br /&gt;
| Gazons et prairies artificielles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.1&lt;br /&gt;
| Prairie temporaire sur terre assolée&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.2&lt;br /&gt;
| Gazon artificiel, terrain de sport, milieu urbain, etc.&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.3&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à basse altitude (talus de route, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.4&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à haute altitude (piste de ski, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1&lt;br /&gt;
| Dalles rocheuses et lapiez&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.1&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires de basse altitude ''Alysso-Sedion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.2&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires et lapiez de montagne ''Drabo-Seslerion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.3&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de basse altitude ''Sedo-Veronicion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.4&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de montagne ''Sedo-Scleranthion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.1&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles (climat continental, Valais central et Grisons) ''Stipo-Poion'' et ''Cirsio-Brachypodion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.2&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche médio-européenne ''Xerobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.3&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche insubrienne ''Diplachnion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| EN&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.4&lt;br /&gt;
| Pelouse mi-sèche médio-européenne ''Mesobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3&lt;br /&gt;
| Pelouses et pâturages maigres d’altitude&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.1&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à seslerie ''Seslerion''&lt;br /&gt;
| en partie, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.2&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à laiche ferme ''Caricion firmae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.3&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire fraîche ''Caricion ferrugineae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.4&lt;br /&gt;
| Gazon des crêtes ventées ''Elynion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.5&lt;br /&gt;
| Pâturage maigre acide ''Nardion''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.6&lt;br /&gt;
| Pelouse rocheuse acide ''Festucion variae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.7&lt;br /&gt;
| Pelouse acide de l’étage alpin supérieur ''Caricion curvulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4&lt;br /&gt;
| Combes à neige&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.1&lt;br /&gt;
| Combe à neige calcaire ''Arabidion caerulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.2&lt;br /&gt;
| Combe à neige acide ''Salicion herbaceae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5*&lt;br /&gt;
| Prairies grasses&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.1*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de basse altitude ''Arrhenatherion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC bis VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.2*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de montagne ''Polygono-Trisetion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.3*&lt;br /&gt;
| Pâturage de basse et moyenne altitude ''Cynosurion''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.4*&lt;br /&gt;
| Pâturage gras subalpin et alpin ''Poion alpinae''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6&lt;br /&gt;
| Friches à graminées &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.1&lt;br /&gt;
| Friche à chiendent ''Convolvulo-Agropyrion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.2&lt;br /&gt;
| Friche à ''Brachypodium pinnatum''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.3&lt;br /&gt;
| Friche à ''Arrhenaterum elatius''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.4&lt;br /&gt;
| Friche à ''Molinia arundinacea''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.5&lt;br /&gt;
| Friche à ''Calamagrostis varia''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = prairiaux fertilises fr.png&lt;br /&gt;
| text = Classification des milieux prairiaux fertilisés (prairies et pâturages gras). &amp;lt;br/&amp;gt; ° Le chiffre correspond au nombre habituel d’utilisations annuelles (+/-1). &amp;lt;br/&amp;gt; Source: Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard (en allemand).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations complémentaires :&lt;br /&gt;
L’ouvrage « Guide des milieux naturels de Suisse » (Delarze et al. 2015) décrit l’aspect, la structure, les caractéristiques biologiques et les facteurs écologiques des groupes d’habitats. Des fiches donnent les caractéristiques de chaque habitat : y sont décrits l’aspect et l’écologie, le lien avec l’être humain, la définition et les limites, la classification, les espèces caractéristiques, les valeurs biologiques, les exigences écologiques et les menaces, ainsi que la répartition.&lt;br /&gt;
Dans son chapitre 5, le livre « Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas » (Bosshard 2016) – disponible uniquement en allemand – traite la typologie des prairies ; il propose et explique une nouvelle classification des milieux prairiaux fertilisés.&lt;br /&gt;
Le site internet sur les [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/classification.html milieux de Suisse (TypoCH)] indique les espèces dominantes, les caractéristiques et les espèces moins strictement liées à chaque habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen.png&lt;br /&gt;
| text = Sélection de types de prairies (depuis en haut à gauche) : prairie mi-sèche, prairie de fauche de montagne, pelouse sèche, pelouse calcaire sèche à laîche ferme.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Facteurs déterminants=&lt;br /&gt;
D’une part, la flore et la faune présentes dans un habitat dépendent de facteurs liés à la station et des interactions écologiques ; d’autre part, la forme que prennent les habitats dans les milieux prairiaux (à l’exception des habitats primaires) dépend fortement de l’utilisation qu’en font les humains. Elle varie selon le type d’exploitation passé et actuel. Les bases théoriques qui sous-tendent le rapport entre les facteurs pédologiques de la station, les conditions climatiques, le régime hydrique et le cycle des nutriments avec la végétation sont présentés plus en détail dans [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes l’article sur les plantes vasculaires]. &lt;br /&gt;
Historiquement, une majorité des prairies d’Europe centrale est issue de pâturages extensifs. Les surfaces non exploitées en cultures arables étaient utilisées pour une [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Fauche_et_p.C3.A2ture_combin.C3.A9es.2C_p.C3.A2ture_pr.C3.A9coce_de_printemps première pâture de printemps (mise à l’herbe)] et fauchées seulement plus tard dans l’année, une fois que la végétation avait repoussé. Il s’ensuivait un amaigrissement des surfaces intrinsèque au système et, pendant une longue période, la situation sur le plan des nutriments fut le facteur qui limitait l’exploitation. Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite plus en détail l’histoire de cette évolution.&lt;br /&gt;
Au cours des siècles, diverses espèces animales (oiseaux des prairies nichant au sol, certains papillons de jour) ont vu leur reproduction s’adapter aux systèmes d’exploitation de l’assolement triennal qui avait alors cours. Les plantes développèrent des caractéristiques déterminées génétiquement et s’adaptèrent aux conditions locales de leur station et au type d’exploitation : c’est ainsi que se formèrent ce qu’on appelle des écotypes, aux propriétés particulières concernant le moment de la floraison, la tolérance à la pâture et à la fauche, la résistance à la sécheresse, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi tous les facteurs abiotiques qui déterminent la composition de la végétation, la composition du sol, l’hydrologie et les conditions climatiques sont les plus importants. Les conditions météorologiques extrêmes comme la sécheresse estivale, les hivers rigoureux pauvres en neige ou les gels printaniers intenses ont également un fort impact : les longues périodes de sécheresse peuvent provoquer la mort de la végétation et aboutir ainsi à une couverture végétale plus clairsemée, avec des zones de sol nu, qui favorisent le succès de la reproduction par graines de nombreuses espèces. En outre, la composition de la végétation est aussi déterminée par des facteurs biotiques : beaucoup d’espèces peuvent survivre des années dans le stock grainier d’une station sans apparaître à l’air libre. Cependant, les espèces des prairies et les espèces spécialisées des prairies et pâturages secs (PPS) ont, comparativement aux espèces moins spécialisées, plutôt une tendance à produire des graines à courte durée de vie dont le pouvoir germinatif n’excède pas 1 à 3 ans (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard einflussfaktoren de.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) représente les facteurs abiotiques et biotiques essentiels et l’influence de l’exploitation dans l’apparition et l’évolution des herbages dans un diagramme concis. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Conséquences de l’exploitation=&lt;br /&gt;
Le type et l’intensité de l’exploitation ont une grande influence sur la diversité spécifique des milieux prairiaux. Selon comment ils sont utilisés et fertilisés, des synergies ou des objectifs contradictoires apparaissent en matière de biodiversité : si elle est trop intensive ou trop extensive, l’exploitation nuit à la biodiversité ; de même, son absence est préjudiciable. Lorsque de nombreuses espèces de plantes profitent de l’apport de lumière créé par l’exploitation (coupe, pâture), l’augmentation de la fréquence des coupes a un impact négatif, vu que seules quelques espèces peuvent survivre à une coupe fréquente. Aux altitudes moyennes, une grande diversité floristique et faunistique est corrélée à la pauvreté en nutriments des habitats prairiaux (Roth et al. 2013, Schlup et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard p42 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) montre le potentiel de productivité des herbages en fonction de l’intensité d’exploitation et de l’altitude. &amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
zunehmende Nutzungsintensität = Intensité croissante, Ertrag = Rendement (dt MS/ha/an), Anteil der ertragsbildenden Faktoren = Part des facteures influençant le rendement, Artenvielfalt = Diversité spécifique, Artenzusammensetzung = Cortège d'espèces, Bodenstruktur = Structure du sol &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre l’exploitation intensive, l’abandon de l’exploitation des habitats prairiaux dont la pérennité dépend de l’intervention humaine pose aussi problème du point de vue de la biodiversité. Que l’exploitation disparaisse ou soit inadéquate, la succession écologique se poursuit plus ou moins rapidement (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Succession_et_importance_des_milieux_prairiaux Succession et importance des milieux prairiaux]. Une exploitation inadéquate ou trop fréquente conduit au feutrage de la végétation, celle-ci est trop haute en hiver, le sol reçoit donc moins de lumière et la germination en pâtit au printemps. La composition de la végétation s’en trouve modifiée ; les espèces héliophiles déclinent. S’ils ne sont plus du tout exploités, les herbages autrefois utilisés situés en-dessous de l’étage alpin s’embroussaillent puis retournent à la forêt (à l’exception des habitats primaires). Lors de ce processus, les graminées, les espèces à port élevé et celles qui peuvent constituer des réserves importantes ou qui forment des stolons souterrains prennent le dessus. La recolonisation forestière est accélérée lorsque la végétation est clairsemée, dans les stations productives, en présence de ligneux sur ou près de la surface, ainsi que de ligneux à stolons ou à graines légères et supportant la lumière, comme les bouleaux et les peupliers par exemple (Dipner &amp;amp; Volkart 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Anthyllis Bromus.png&lt;br /&gt;
| text = En général, les plantes ayant des formes de croissance avec peu de feuilles au sol, comme la plupart des graminées (sur la photo, le Brome dressé (''Bromus erectus'')), sont souvent sensibles à la taille, tandis que les plantes à rosette comme l’Anthyllide vulnéraire (''Anthyllis vulneraria'') sont plus tolérantes à la taille.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conséquences de la fauche sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Les facteurs suivants, liés à l’exploitation, influencent la biodiversité (selon la communauté végétale et sa vigueur) : dates et fréquences d’utilisation et, surtout pour la faune, type de machines et outils employés. De façon générale, les espèces végétales [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes#Types_biologiques qui n’ont que peu de feuilles proches du sol sont sensibles à la coupe, alors que les plantes à rosettes en profitent plutôt]; les petites espèces peu concurrentielles sont également dépendantes d’une fauche ou d’une pâture régulière dans les herbages situés en-dessous de la limite des arbres (Dullau et al. 2012). Les hémicryptophytes dominent sur les sols mi-secs à humides des herbages exploités. Si le sol devient plus sec, des arbrisseaux nains et des plantes annuelles à floraison précoce peuvent coloniser les espaces entre les touffes et les rosettes. Les plantes à bulbes et à tubercules réussissent aussi à s’implanter dans des conditions sèches et maigres. La morphologie et la physiologie particulières des graminées leur permet de dominer les milieux prairiaux d’Europ centrale, caractérisés par des perturbations régulières (fauche et abroutissement) : les graminées ont une capacité de renouvellement très prononcée et possèdent une grande variété de structures servant à la repousse, sous forme de ramification, stolons, rhizomes, etc. Les graines germent vite et facilement, et les plantes sont promptes à former des fleurs et des fruits après avoir germé (Eggenberg et al. 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = graminees plantes ideales prairies fr.png&lt;br /&gt;
| text = Les graminées – Plantes idéales des prairies. Source : Eggenberg, S., Dalang, T., Dipner, M., Mayer, C., 2001 : Cartographie et évaluation des prairies et pâturages secs d’importance nationale. Rapport technique. Cahier de l’environnement no 325. Editeur : Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), Berne. 252 p.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On opère une distinction entre les effets directs de la fauche sur la faune – à savoir les impacts négatifs provoqués sur la faune par les processus de coupe et de récolte – et les effets indirects – à savoir les impacts négatifs provoqués sur les habitats par les processus de coupe. Le passage des engins de coupe, de récolte et de préparation (faucheuses, faneuses, conditionneuses, etc.) blesse ou tue un grand nombre de petits animaux et de jeunes. Il en est de même avec le passage répété des machines (engins lourds à larges pneus) sur les surfaces. La mortalité directe due à la fauche dépend, pour chaque espèce, de la taille et de la sensibilité corporelles, ainsi que de la mobilité ; par ailleurs, l’ampleur des pertes dépend du comportement et des possibilités de fuite, du lieu où se trouve l’animal lorsqu’a lieu l’exploitation, ainsi que du type d’engin et de la façon dont il est réglé. Les impacts indirects sur la petite faune sont causés par le manque de nourriture, le manque d’abris, le manque de niches pour la reproduction et pour le repos, les perturbations des structures (toiles d’araignées, fourmilières, p. ex.), et la perte des micro-habitats. Une surface fauchée présente cependant des conditions thermiques et physiques plutôt favorables pour les arthropodes et certains oiseaux (ponte, développement larvaire, accès à la nourriture, p. ex.), ce qui peut avoir un effet positif sur une population à plus long terme (Braschler et al. 2009). Les coléoptères semblent également montrer une relative résistance au régime de coupes, au contraire des hémiptères, des papillons de jour et des araignées, sur l’abondance et la diversité desquels la fauche exerce une influence négative drastique (Humbert 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, une partie de la biomasse animale est éliminée lors du transport du produit de coupe. L’ensilage provoque à cet égard une destruction beaucoup plus massive que les foins ou les regains.&lt;br /&gt;
Faucher est nécessaire pour maintenir les milieux ouverts, contribue à la richesse de la flore, et crée un habitat pour une faune diversifiée. Cependant, les impacts négatifs directs et indirects mentionnés plus haut représentent une atteinte sévère pour beaucoup d’espèces animales, et le nombre d’espèces diminue nettement avec l’augmentation de la fréquence des coupes. Les espèces qui ont plusieurs générations par an sont moins sensibles à la fauche que celles qui n’en ont qu’une, car elles peuvent boucler un cycle de développement complet entre deux coupes (Walter et al. 2007).&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche Conservation et revalorisation par la fauche] présente comment on peut procéder aux différentes étapes de la fauche et de la récolte en respectant la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts de la date de coupe sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Le moment auquel on exploite l’herbage a une influence majeure sur la quantité et la qualité du fourrage et sur la composition du peuplement végétal. La plupart des plantes des prairies ont une phénologie très bien adaptée aux délais de fauche traditionnels, tolèrent une première coupe en juin et parviennent régulièrement à la floraison ainsi qu’à la production de graines ; c’est le cas des espèces qui peuvent se reproduire par la voie végétative et de celles qui peuvent fleurir et grainer après une repousse. Les délais de coupe habituels sur les surfaces de promotion de la biodiversité peuvent être consultés dans la brochure de [[Media:Agridea 2023 Promotion de la biodiversite 1200dpi.pdf|Agridea (2023) « Promotion de la biodiversité dans l’exploitation agricole »]]. Une fauche très précoce ou une utilisation trop fréquente peut dépasser la capacité de régénération des plantes de prairies, ce qu’on ne remarque souvent qu’après quelques années.&lt;br /&gt;
Outre le moment de la coupe, l’intervalle entre les utilisations détermine si des espèces peuvent se reproduire, et, le cas échéant, lesquelles : s’il s’écoule au moins six à huit semaines entre la première coupe et la deuxième, de nombreuses espèces d’une prairie à deux coupes peuvent encore parvenir à maturité. Si, par contre, ce délai est raccourci de deux semaines ou plus, plus que la moitié d’entre elles parviennent en une année à la maturité (Poschlod 2011).&lt;br /&gt;
Si la première coupe a lieu après la formation des fruits (graines) mûrs, la plupart des espèces n’atteignent pas une deuxième fois le stade des fleurs ou des fruits – raison pour laquelle les prairies fauchées tardivement peuvent apparaître, en plein été et à la longue, tout aussi pauvres en fleurs que les jachères (en fonction de la composition de la végétation et des conditions thermiques de la station concernée). Les délais de coupe tardifs dans les prairies pauvres en nutriments mènent souvent à un embroussaillement et à une prairie haute, l’horizon de germination reçoit moins de lumière, ce qui évince les espèces peu concurrentielles à port bas. Ce sont les changements survenant lors de la première pousse qui déterminent l’évolution à long terme des herbages. Une prairie riche en nutriments qui est exploitées tard, peu ou pas du tout a tendance à voir la part de mauvaises herbes augmenter (Schmid et al. 2007).&lt;br /&gt;
La possibilité pour la faune de boucler son cycle de reproduction est aussi déterminée par les dates auxquelles les prairies sont exploitées (Burri et al. 2013, 2014). Les exigences concernant l’habitat et, par conséquent, les dates de fauche permettant le succès de la reproduction sont différentes pour chaque espèce ou groupe d’espèces. Une coupe estivale après l’envol des jeunes est ainsi favorable à de nombreux nicheurs des prairies, par contre elle décime les araignées bien plus qu’une coupe printanière ou automnale. Poschold (2011) synthétise les résultats de plusieurs études concernant les dates de fauche optimales pour les papillons de jour et les zygènes. D’un point de vue faunistique, il faudrait laisser dix semaines d’écart entre deux coupes (Walter et al. 2007). Une grande variété d’utilisations des herbages et de dates auxquelles on les exploite a des conséquences positives sur la reproduction de nombreuses espèces et par conséquent sur la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Exemple pratique : Effets de différents procédés de coupe sur la végétation des praires à fromental et des prairies maigres''' &amp;lt;br /&amp;gt; Dans un essai sur plusieurs années, Agrofutura a appliqué différents régimes de fauche sur une prairie à fromental et une prairie maigre à deux coupes. Les dates des foins (25.5 / 15.6 / 15.7) et, sur la prairie maigre, celle des regains (pas de regains, regains précoces mi-août, regains tardifs mi-septembre) ont été fixées à différents moments. Selon les résultats actuels, les deux types de prairies sont très résilients en ce qui concerne les changements de dates de fauche, et quasiment aucun changement n’a été constaté au niveau de la végétation. On note cependant que quelques grandes espèces à floraison tardive, de même que quelques graminées à port élevé profitent d’une coupe tardive à mi-juillet. Le procédé pour les regains, contrairement à celui pour les foins, a quant à lui conduit à des modifications évidentes de la végétation : l’absence de regain a surtout profité aux graminées à port élevé (''Bromus erectus'', ''Arrhenntherum elatius'') au détriment des petites herbacées et des légumineuses. L’abandon de la deuxième coupe a donc conduit à un embroussaillement de la prairie. Une coupe de regains tardive à mi-septembre a provoqué l’évolution inverse ; l’embroussaillement et le déclin des herbes ont été empêchés, tandis que les petites graminées et laîches ainsi que les légumineuses ont pris de l’importance. Des regains effectués à mi-août ou à mi-septembre ont également produit une différence nette : plus la végétation était haute en automne (donc plus les regains étaient effectués tôt), moins le sol recevait de lumière au printemps. Si un peuplement pousse trop en hiver, la végétation se feutre, ne laissant passer que très peu de lumière printanière jusqu’au sol, et empêchant la germination et la croissance des herbes. Les prairies maigres à deux coupes ont donc pu être revalorisées par une coupe de regain tardive, et leur offre en fleurs nettement augmentée – on ignore encore si ces résultats peuvent être transposés à des prairies plus riches en nutriments. Une coupe de regain tardive semble présenter un avantage clair pour les herbacées, ce qui pourrait revêtir toute son importance en regard de la période de végétation qui s’allonge toujours plus sous l’influence du changement climatique (Landolt &amp;amp; Lüthy 2018).&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les effets de la fauche sur la flore sont décrits ici (en allemand) : [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/mahd/ Grünlandleitfaden] &lt;br /&gt;
* Effets de la fauche sur la faune : Van de Poel &amp;amp; Zehm (2014) ont effectué une revue de littérature pour les services de protection de la nature. &lt;br /&gt;
* Walter et al. (2007), Humbert et al. (2009), Humbert et al. (2010) et Humbert (2010) livrent des informations de diverses études. &lt;br /&gt;
* La fiche de l’Agridea de Schiess-Bühler et al. (2011) compile les effets des techniques de récolte sur la diversité spécifique des prairies et publie des recommandations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Effets de la pâture==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Beweidung mit Ziegen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Une pâture adéquate permet de revitaliser des habitats et de favoriser les espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le site [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/beweidung/ Grünlandleitfaden (en allemand)] donne des informations générales sur les effets de la pâture sur le sol, la flore et la faune. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Tout comme la fauche, la pâture exerce un effet sélectif sur les cortèges d’espèces présents. Si la fréquence d’utilisation est élevée (prairie mi-intensive), la végétation est maintenue basse par la pâture, et les strates de végétation proches du sol reçoivent plus de lumière. Le piétinement et l’abroutissement sélectif dus aux herbivores ont un effet similaire : ils créent localement des niches différentes et des zones où les plantes peuvent germer. Les zones de sol nu sont attrayantes pour les arthropodes et la végétation qui reste sur pied leur offre un habitat et des quartiers d’hiver. Bosshard (2016) présente plus en détail au chapitre 2.4.3 les effets particulièrement significatifs de la fauche sur la biodiversité en comparaison de ceux de la pâture. Jusqu’à un certain seuil de pression de pâture minimale, la diversité faunistique est d’autant plus élevée que l’intensité de pâture est faible. Les structures telles que le bois, les tas de pierres, les zones de sol nu, les flaques, les sources et les ruptures de terrain sont très importantes pour la faune (Martin et al. 2018).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_p.C3.A2ture pâture extensive] favorise l’hétérogénéité locale et la dispersion active des plantes par le bétail. Outre les conditions liées à la station, le type et l’intensité de la pâture sont décisifs pour la flore : sur une surface soumise à une pâture extensive, les espèces végétales résistant à la pâture – plantes ligneuses, à forte odeur, toxiques, poilues ou à épines, par exemple – peuvent bien se maintenir ou sont même favorisées. Sur des prairies maigres riches en espèces et pauvres en nutriments, le pâturage est cependant déconseillé, car les plantes sensibles au piétinement et à l’abroutissement, en particulier annuelles et bisannuelles, en souffrent passablement. Pour y remédier, on peut clôturer les surfaces sur lesquelles ces espèces sont présentes et les soumettre à un entretien particulier. En général, les prairies de fauche de valeur ne doivent en aucun cas être pâturées. Pour la promotion de la biodiversité, il est crucial que la gestion du pacage et l’entretien par la pâture soient adaptés à la station.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La végétation ne doit pas devenir trop haute en hiver sur les prairies de fauche sous peine de conduire à une accumulation de nutriments et d’influencer négativement la diversité spécifique par la formation d’un feutrage. On peut contrecarrer cela par une pâture d’automne. Les effets écologiques et l’usage d’un pâturage précoce de printemps sont décrits plus en détail dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’illustration suivante donne un aperçu schématique des différentes qualités d’habitat en cas de fauche respectivement de pâture (Briemle et al. 2014). A noter ici qu’une fauche en mosaïque peut aussi faire s’approcher une surface de fauche des caractéristiques d’un pâturage, et qu’on peut obtenir une bonne diversité structurale également dans les prairies de fauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = konold briemle fr.png&lt;br /&gt;
| text = Quelques aspects de la qualité d’habitat dans un régime de fauche et dans un régime de pâture extensive. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Briemle et al., 2014 : Wiesen und Weiden. Chapitre XI-2.8 dans Konold, 1999. Handbuch Naturschutz und Landschaftspflege : Kompendium zu Schutz und Entwicklung von Lebensräumen und Landschaften. Wiley-VCH, Weinheim. &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires'''&lt;br /&gt;
* Le rapport « Recommandations pour les contrats pâturages LPN » (Martin et al. 2018) décrit les principales recommandations concernant la pâture et son optimisation ; y figurent également les [https://infohabitat.ch/wp-content/uploads/2019/03/Empfehlungen-NHG-Weidevertraege_180925_f.pdf prescriptions pour les pâturage SPB et les prescriptions de l’OPD pour les pâtures d’estivage en général]. &lt;br /&gt;
* Le [https://docplayer.org/24956821-Themenbericht-extensive-weiden.html rapport thématique « Pâturages extensifs » (Schmid 2003)] explique l’effet écologique de la pâture en lien avec la pratique, caractérise les différents types de bétail (bovins, chevaux, moutons, chèvres, autres), indique quelles formes d’exploitation et systèmes de pâture sont adéquats, et quelle gestion de pâturage convient selon l’habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Plantes et animaux des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Magerwiese Fettwiese.png&lt;br /&gt;
| text = Le meilleur et le pire de la biodiversité : prairie maigre riche en espèces et colorée, et prairie grasse monotone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éventail des milieux prairiaux est très large, entre ceux qui sont riches en espèces et, à l’autre extrême, ceux qui sont pauvres en espèces. De façon générale, les herbages font partie des habitats d’Europe potentiellement les plus riches en espèces, avec jusqu’à 80 espèces végétales par mètre carré, et représentent l’habitat principal de nombreuses espèces végétales et animales. Les milieux prairiaux utilisés extensivement présentent une grande diversité d’espèces : plus de 900 espèces animales et végétales de Suisse sont inféodées aux prairies et pâturages secs (PPS) par exemple, et près de la moitié de ces espèces sont menacées. Au contraire, à l’autre bout du spectre, les herbages intensifs n’offrent plus aucun habitat à la plupart des groupes animaux et végétaux. Au niveau d’un paysage, la présence et la répartition d’herbages utilisés de manière différenciée dans une région joue un rôle dans la richesse en espèces globale de celle-ci.&lt;br /&gt;
De nombreux groupes animaux et végétaux ne sont pas liés à un type de végétation précis, mais ont généralement besoin de la présence simultanée de différentes structures d’habitat (Schmidt 2007). Les éléments sur lesquels se construit le lien avec l’habitat peuvent être sa structure, sa connectivité, la taille de ses surfaces ou sa dynamique spatiale et temporelle. Les bases écologiques sont exposées dans les articles sur les différents groupes d’espèces ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Papillons_diurnes Papillons diurnes], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Abeilles_sauvages Abeilles sauvages], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Orthopt%C3%A8res Orthoptères]). Les papillons de jour et les orthoptères sont des groupes dont les prairies et pâturages constituent le centre de gravité de la répartition : 85% des papillons diurnes et 80% des orthoptères de Suisse se développent dans les milieux prairiaux. Pour ces deux groupes, il est de première importance que les surfaces d’herbages extensifs soient les plus grandes et les mieux interconnectées possibles. Des surfaces trop petites ainsi qu’un isolement croissant par des distances relativement grandes entre les surfaces ont des conséquences néfastes sur la taille des populations et leur capacité de survie. Les milieux prairiaux riches en espèces offrent de plus un habitat aux oiseaux des prairies, que ce soit pour y nicher et/ou pour se nourrir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut interroger différentes bases de données sur la présence des espèces dans tel ou tel habitat :&lt;br /&gt;
* La [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/biodiversitaetsindikatoren/oeko-fauna-datenbank-auen.html banque de données éco-faunistique] contient des informations sur l’écologie des espèces de onze groupes d’animaux différents et sur le statut des espèces indicatrices des prairies sèches.&lt;br /&gt;
* Objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA) : la [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/compensation-ecologique-fonctions/les-objectifs-environnementaux-pour-l-agriculture.html liste des espèces OEA] renseigne aussi sur leur présence dans différents types d’habitats (prairie extensive, pâturage extensif).&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Flora Indicativa] compile les caractéristiques écologiques et biologiques de quelque 5500 espèces de plantes vasculaires, 600 espèces de mousses et 200 espèces de lichens de la flore de Suisse et des Alpes. La [https://www.wsl.ch/de/metanavigation/services-und-produkte/software-websites-und-apps/flora-indicativa.html base de données] qui va de pair permet aussi de soumettre des requêtes concernant les habitats.&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Fauna Indicativa] compile les préférences écologiques et les caractéristiques biologiques de toutes les espèces de libellules, orthoptères, carabes et papillons diurnes indigènes de Suisse.&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/recherche.html Classification Phytosuisse] : cet ouvrage de référence décrivant brièvement chaque association végétale (classification selon Delarze et al.) est en cours d’élaboration. Pour l’instant, seules des données sur l’unité IV « Pelouses, prairies et combes à neige » sont disponibles dans les groupements des milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
* Pour les prairies de fauche du canton de Lucerne, Schmid et al (2007) donnent les espèces indicatrices et les espèces caractéristiques de la flore et de la faune pour différents types de prairies. Les [https://lawa.lu.ch/Natur/arten/grundlagen/leitarten espèces caractéristiques (en allemand)] sont décrites pour les habitats du canton de Lucerne.&lt;br /&gt;
* Le rapport final sur le Réseau écologique national REN définit des guildes d’espèces cibles pour différents groupements d’habitats (Berthoud et al. 2004).&lt;br /&gt;
* La [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls clé] présente les espèces caractéristiques pour les herbages fertilisés (Bosshard 2016). &lt;br /&gt;
* Le rapport cartographique, les aides à l’exécution PPS et les autres bases de travail PPS de [https://infohabitat.ch/prairies-et-paturages-secs/?lang=fr infohabitat] donnent de nombreuses et utiles informations sur la présence des espèces et les données négatives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12293</id>
		<title>Milieux prairiaux/Ecologie utile pour la pratique</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12293"/>
				<updated>2023-03-05T16:37:53Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Praxisrelevante Ökologie]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Halbtrockenrasen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les prairies mi-sèches riches en fleurs ont fortement diminué et devraient donc être favorisées comme de nombreux autres habitats prairiaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Habitats des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite de plus près la naissance, l’histoire et le développement des milieux prairiaux. Dans cet article, nous employons, pour les types d’habitats non fertilisés et ceux qui ne sont pas anthropogènes, la classification de Delarze et al. (2015) ; pour les herbages fertilisés (prairies et pâturages gras), nous utilisons celle de Bosshard (2016). Les zones humides, les marais, les clairières forestières, les surfaces rudérales et la végétation pionnière sont traités dans d’autres articles du présent site. Les friches à graminées ne sont pas abordées ; comme il s’agit souvent d’associations rudérales, elles se verront traitées plus tard dans un autre article, le cas échéant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tableau suivant (d’après Delarze et al. 2015) montre les habitats du domaine « milieux prairiaux » qui, selon notre évaluation, nécessitent des mesures de promotion (voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation] (oui/non). Cette évaluation se base sur les indications concernant la « situation en Suisse » et sur la faisabilité de la promotion par l’être humain (création par l’être humain possible). Les habitats marqués d’un « P », pour habitats primaires, sont ceux qui ne dépendent pas d’une influence anthropogène, et ceux avec un « (P) » ne nécessitent généralement pas d’exploitation par les humains pour exister au-dessus de la limite de la forêt (source : Delarze et al. 2015). Degré de menace : LC = non menacé, NT = potentiellement menacé, VU = vulnérable, EN = en danger. Degré de régénération (R) : R2 = 5 à 10 ans, R3 = 10 à 25 ans, R4 = 25 à 50 ans, R5 = 50 à 200 ans (source : Delarze et al. 2015). Pour les prairies et pâturages gras, c’est la classification de Bosshard (2016) qui est reprise (n° 4.5, marqué d’une *). n.d. = non disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Nr.&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
! Mesures nécessaires&lt;br /&gt;
! Menace&lt;br /&gt;
! Durée de régénération&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4&lt;br /&gt;
| Pelouses et prairies&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0&lt;br /&gt;
| Gazons et prairies artificielles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.1&lt;br /&gt;
| Prairie temporaire sur terre assolée&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.2&lt;br /&gt;
| Gazon artificiel, terrain de sport, milieu urbain, etc.&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.3&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à basse altitude (talus de route, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.4&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à haute altitude (piste de ski, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1&lt;br /&gt;
| Dalles rocheuses et lapiez&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.1&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires de basse altitude ''Alysso-Sedion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.2&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires et lapiez de montagne ''Drabo-Seslerion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.3&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de basse altitude ''Sedo-Veronicion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.4&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de montagne ''Sedo-Scleranthion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.1&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles (climat continental, Valais central et Grisons) ''Stipo-Poion'' et ''Cirsio-Brachypodion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.2&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche médio-européenne ''Xerobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.3&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche insubrienne ''Diplachnion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| EN&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.4&lt;br /&gt;
| Pelouse mi-sèche médio-européenne ''Mesobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3&lt;br /&gt;
| Pelouses et pâturages maigres d’altitude&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.1&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à seslerie ''Seslerion''&lt;br /&gt;
| en partie, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.2&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à laiche ferme ''Caricion firmae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.3&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire fraîche ''Caricion ferrugineae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.4&lt;br /&gt;
| Gazon des crêtes ventées ''Elynion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.5&lt;br /&gt;
| Pâturage maigre acide ''Nardion''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.6&lt;br /&gt;
| Pelouse rocheuse acide ''Festucion variae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.7&lt;br /&gt;
| Pelouse acide de l’étage alpin supérieur ''Caricion curvulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4&lt;br /&gt;
| Combes à neige&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.1&lt;br /&gt;
| Combe à neige calcaire ''Arabidion caerulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.2&lt;br /&gt;
| Combe à neige acide ''Salicion herbaceae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5*&lt;br /&gt;
| Prairies grasses&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.1*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de basse altitude ''Arrhenatherion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC bis VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.2*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de montagne ''Polygono-Trisetion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.3*&lt;br /&gt;
| Pâturage de basse et moyenne altitude ''Cynosurion''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.4*&lt;br /&gt;
| Pâturage gras subalpin et alpin ''Poion alpinae''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6&lt;br /&gt;
| Friches à graminées &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.1&lt;br /&gt;
| Friche à chiendent ''Convolvulo-Agropyrion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.2&lt;br /&gt;
| Friche à ''Brachypodium pinnatum''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.3&lt;br /&gt;
| Friche à ''Arrhenaterum elatius''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.4&lt;br /&gt;
| Friche à ''Molinia arundinacea''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.5&lt;br /&gt;
| Friche à ''Calamagrostis varia''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = prairiaux fertilises fr.png&lt;br /&gt;
| text = Classification des milieux prairiaux fertilisés (prairies et pâturages gras). &amp;lt;br/&amp;gt; ° Le chiffre correspond au nombre habituel d’utilisations annuelles (+/-1). &amp;lt;br/&amp;gt; Source: Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard (en allemand).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations complémentaires :&lt;br /&gt;
L’ouvrage « Guide des milieux naturels de Suisse » (Delarze et al. 2015) décrit l’aspect, la structure, les caractéristiques biologiques et les facteurs écologiques des groupes d’habitats. Des fiches donnent les caractéristiques de chaque habitat : y sont décrits l’aspect et l’écologie, le lien avec l’être humain, la définition et les limites, la classification, les espèces caractéristiques, les valeurs biologiques, les exigences écologiques et les menaces, ainsi que la répartition.&lt;br /&gt;
Dans son chapitre 5, le livre « Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas » (Bosshard 2016) – disponible uniquement en allemand – traite la typologie des prairies ; il propose et explique une nouvelle classification des milieux prairiaux fertilisés.&lt;br /&gt;
Le site internet sur les [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/classification.html milieux de Suisse (TypoCH)] indique les espèces dominantes, les caractéristiques et les espèces moins strictement liées à chaque habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen.png&lt;br /&gt;
| text = Sélection de types de prairies (depuis en haut à gauche) : prairie mi-sèche, prairie de fauche de montagne, pelouse sèche, pelouse calcaire sèche à laîche ferme.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Facteurs déterminants=&lt;br /&gt;
D’une part, la flore et la faune présentes dans un habitat dépendent de facteurs liés à la station et des interactions écologiques ; d’autre part, la forme que prennent les habitats dans les milieux prairiaux (à l’exception des habitats primaires) dépend fortement de l’utilisation qu’en font les humains. Elle varie selon le type d’exploitation passé et actuel. Les bases théoriques qui sous-tendent le rapport entre les facteurs pédologiques de la station, les conditions climatiques, le régime hydrique et le cycle des nutriments avec la végétation sont présentés plus en détail dans [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes l’article sur les plantes vasculaires]. &lt;br /&gt;
Historiquement, une majorité des prairies d’Europe centrale est issue de pâturages extensifs. Les surfaces non exploitées en cultures arables étaient utilisées pour une [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Fauche_et_p.C3.A2ture_combin.C3.A9es.2C_p.C3.A2ture_pr.C3.A9coce_de_printemps première pâture de printemps (mise à l’herbe)] et fauchées seulement plus tard dans l’année, une fois que la végétation avait repoussé. Il s’ensuivait un amaigrissement des surfaces intrinsèque au système et, pendant une longue période, la situation sur le plan des nutriments fut le facteur qui limitait l’exploitation. Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite plus en détail l’histoire de cette évolution.&lt;br /&gt;
Au cours des siècles, diverses espèces animales (oiseaux des prairies nichant au sol, certains papillons de jour) ont vu leur reproduction s’adapter aux systèmes d’exploitation de l’assolement triennal qui avait alors cours. Les plantes développèrent des caractéristiques déterminées génétiquement et s’adaptèrent aux conditions locales de leur station et au type d’exploitation : c’est ainsi que se formèrent ce qu’on appelle des écotypes, aux propriétés particulières concernant le moment de la floraison, la tolérance à la pâture et à la fauche, la résistance à la sécheresse, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi tous les facteurs abiotiques qui déterminent la composition de la végétation, la composition du sol, l’hydrologie et les conditions climatiques sont les plus importants. Les conditions météorologiques extrêmes comme la sécheresse estivale, les hivers rigoureux pauvres en neige ou les gels printaniers intenses ont également un fort impact : les longues périodes de sécheresse peuvent provoquer la mort de la végétation et aboutir ainsi à une couverture végétale plus clairsemée, avec des zones de sol nu, qui favorisent le succès de la reproduction par graines de nombreuses espèces. En outre, la composition de la végétation est aussi déterminée par des facteurs biotiques : beaucoup d’espèces peuvent survivre des années dans le stock grainier d’une station sans apparaître à l’air libre. Cependant, les espèces des prairies et les espèces spécialisées des prairies et pâturages secs (PPS) ont, comparativement aux espèces moins spécialisées, plutôt une tendance à produire des graines à courte durée de vie dont le pouvoir germinatif n’excède pas 1 à 3 ans (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard einflussfaktoren de.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) représente les facteurs abiotiques et biotiques essentiels et l’influence de l’exploitation dans l’apparition et l’évolution des herbages dans un diagramme concis. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Conséquences de l’exploitation=&lt;br /&gt;
Le type et l’intensité de l’exploitation ont une grande influence sur la diversité spécifique des milieux prairiaux. Selon comment ils sont utilisés et fertilisés, des synergies ou des objectifs contradictoires apparaissent en matière de biodiversité : si elle est trop intensive ou trop extensive, l’exploitation nuit à la biodiversité ; de même, son absence est préjudiciable. Lorsque de nombreuses espèces de plantes profitent de l’apport de lumière créé par l’exploitation (coupe, pâture), l’augmentation de la fréquence des coupes a un impact négatif, vu que seules quelques espèces peuvent survivre à une coupe fréquente. Aux altitudes moyennes, une grande diversité floristique et faunistique est corrélée à la pauvreté en nutriments des habitats prairiaux (Roth et al. 2013, Schlup et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard p42 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) montre le potentiel de productivité des herbages en fonction de l’intensité d’exploitation et de l’altitude. &amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
zunehmende Nutzungsintensität = Intensité croissante, Ertrag = Rendement (dt MS/ha/an), Anteil der ertragsbildenden Faktoren = Part des facteures influençant le rendement, Artenvielfalt = Diversité spécifique, Artenzusammensetzung = Cortège d'espèces, Bodenstruktur = Structure du sol &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre l’exploitation intensive, l’abandon de l’exploitation des habitats prairiaux dont la pérennité dépend de l’intervention humaine pose aussi problème du point de vue de la biodiversité. Que l’exploitation disparaisse ou soit inadéquate, la succession écologique se poursuit plus ou moins rapidement (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Succession_et_importance_des_milieux_prairiaux Succession et importance des milieux prairiaux]. Une exploitation inadéquate ou trop fréquente conduit au feutrage de la végétation, celle-ci est trop haute en hiver, le sol reçoit donc moins de lumière et la germination en pâtit au printemps. La composition de la végétation s’en trouve modifiée ; les espèces héliophiles déclinent. S’ils ne sont plus du tout exploités, les herbages autrefois utilisés situés en-dessous de l’étage alpin s’embroussaillent puis retournent à la forêt (à l’exception des habitats primaires). Lors de ce processus, les graminées, les espèces à port élevé et celles qui peuvent constituer des réserves importantes ou qui forment des stolons souterrains prennent le dessus. La recolonisation forestière est accélérée lorsque la végétation est clairsemée, dans les stations productives, en présence de ligneux sur ou près de la surface, ainsi que de ligneux à stolons ou à graines légères et supportant la lumière, comme les bouleaux et les peupliers par exemple (Dipner &amp;amp; Volkart 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Anthyllis Bromus.png&lt;br /&gt;
| text = En général, les plantes ayant des formes de croissance avec peu de feuilles au sol, comme la plupart des graminées (sur la photo, le Brome dressé (''Bromus erectus'')), sont souvent sensibles à la taille, tandis que les plantes à rosette comme l’Anthyllide vulnéraire (''Anthyllis vulneraria'') sont plus tolérantes à la taille.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conséquences de la fauche sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Les facteurs suivants, liés à l’exploitation, influencent la biodiversité (selon la communauté végétale et sa vigueur) : dates et fréquences d’utilisation et, surtout pour la faune, type de machines et outils employés. De façon générale, les espèces végétales [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes#Types_biologiques qui n’ont que peu de feuilles proches du sol sont sensibles à la coupe, alors que les plantes à rosettes en profitent plutôt]; les petites espèces peu concurrentielles sont également dépendantes d’une fauche ou d’une pâture régulière dans les herbages situés en-dessous de la limite des arbres (Dullau et al. 2012). Les hémicryptophytes dominent sur les sols mi-secs à humides des herbages exploités. Si le sol devient plus sec, des arbrisseaux nains et des plantes annuelles à floraison précoce peuvent coloniser les espaces entre les touffes et les rosettes. Les plantes à bulbes et à tubercules réussissent aussi à s’implanter dans des conditions sèches et maigres. La morphologie et la physiologie particulières des graminées leur permet de dominer les milieux prairiaux d’Europ centrale, caractérisés par des perturbations régulières (fauche et abroutissement) : les graminées ont une capacité de renouvellement très prononcée et possèdent une grande variété de structures servant à la repousse, sous forme de ramification, stolons, rhizomes, etc. Les graines germent vite et facilement, et les plantes sont promptes à former des fleurs et des fruits après avoir germé (Eggenberg et al. 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = graminees plantes ideales prairies fr.png&lt;br /&gt;
| text = Les graminées – Plantes idéales des prairies. Source : Eggenberg, S., Dalang, T., Dipner, M., Mayer, C., 2001 : Cartographie et évaluation des prairies et pâturages secs d’importance nationale. Rapport technique. Cahier de l’environnement no 325. Editeur : Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), Berne. 252 p.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On opère une distinction entre les effets directs de la fauche sur la faune – à savoir les impacts négatifs provoqués sur la faune par les processus de coupe et de récolte – et les effets indirects – à savoir les impacts négatifs provoqués sur les habitats par les processus de coupe. Le passage des engins de coupe, de récolte et de préparation (faucheuses, faneuses, conditionneuses, etc.) blesse ou tue un grand nombre de petits animaux et de jeunes. Il en est de même avec le passage répété des machines (engins lourds à larges pneus) sur les surfaces. La mortalité directe due à la fauche dépend, pour chaque espèce, de la taille et de la sensibilité corporelles, ainsi que de la mobilité ; par ailleurs, l’ampleur des pertes dépend du comportement et des possibilités de fuite, du lieu où se trouve l’animal lorsqu’a lieu l’exploitation, ainsi que du type d’engin et de la façon dont il est réglé. Les impacts indirects sur la petite faune sont causés par le manque de nourriture, le manque d’abris, le manque de niches pour la reproduction et pour le repos, les perturbations des structures (toiles d’araignées, fourmilières, p. ex.), et la perte des micro-habitats. Une surface fauchée présente cependant des conditions thermiques et physiques plutôt favorables pour les arthropodes et certains oiseaux (ponte, développement larvaire, accès à la nourriture, p. ex.), ce qui peut avoir un effet positif sur une population à plus long terme (Braschler et al. 2009). Les coléoptères semblent également montrer une relative résistance au régime de coupes, au contraire des hémiptères, des papillons de jour et des araignées, sur l’abondance et la diversité desquels la fauche exerce une influence négative drastique (Humbert 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, une partie de la biomasse animale est éliminée lors du transport du produit de coupe. L’ensilage provoque à cet égard une destruction beaucoup plus massive que les foins ou les regains.&lt;br /&gt;
Faucher est nécessaire pour maintenir les milieux ouverts, contribue à la richesse de la flore, et crée un habitat pour une faune diversifiée. Cependant, les impacts négatifs directs et indirects mentionnés plus haut représentent une atteinte sévère pour beaucoup d’espèces animales, et le nombre d’espèces diminue nettement avec l’augmentation de la fréquence des coupes. Les espèces qui ont plusieurs générations par an sont moins sensibles à la fauche que celles qui n’en ont qu’une, car elles peuvent boucler un cycle de développement complet entre deux coupes (Walter et al. 2007).&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche Conservation et revalorisation par la fauche] présente comment on peut procéder aux différentes étapes de la fauche et de la récolte en respectant la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts de la date de coupe sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Le moment auquel on exploite l’herbage a une influence majeure sur la quantité et la qualité du fourrage et sur la composition du peuplement végétal. La plupart des plantes des prairies ont une phénologie très bien adaptée aux délais de fauche traditionnels, tolèrent une première coupe en juin et parviennent régulièrement à la floraison ainsi qu’à la production de graines ; c’est le cas des espèces qui peuvent se reproduire par la voie végétative et de celles qui peuvent fleurir et grainer après une repousse. Les délais de coupe habituels sur les surfaces de promotion de la biodiversité peuvent être consultés dans la brochure de [[Media:Agridea 2023 Promotion de la biodiversite 1200dpi.pdf|Agridea (2023) « Promotion de la biodiversité dans l’exploitation agricole »]]. Une fauche très précoce ou une utilisation trop fréquente peut dépasser la capacité de régénération des plantes de prairies, ce qu’on ne remarque souvent qu’après quelques années.&lt;br /&gt;
Outre le moment de la coupe, l’intervalle entre les utilisations détermine si des espèces peuvent se reproduire, et, le cas échéant, lesquelles : s’il s’écoule au moins six à huit semaines entre la première coupe et la deuxième, de nombreuses espèces d’une prairie à deux coupes peuvent encore parvenir à maturité. Si, par contre, ce délai est raccourci de deux semaines ou plus, plus que la moitié d’entre elles parviennent en une année à la maturité (Poschlod 2011).&lt;br /&gt;
Si la première coupe a lieu après la formation des fruits (graines) mûrs, la plupart des espèces n’atteignent pas une deuxième fois le stade des fleurs ou des fruits – raison pour laquelle les prairies fauchées tardivement peuvent apparaître, en plein été et à la longue, tout aussi pauvres en fleurs que les jachères (en fonction de la composition de la végétation et des conditions thermiques de la station concernée). Les délais de coupe tardifs dans les prairies pauvres en nutriments mènent souvent à un embroussaillement et à une prairie haute, l’horizon de germination reçoit moins de lumière, ce qui évince les espèces peu concurrentielles à port bas. Ce sont les changements survenant lors de la première pousse qui déterminent l’évolution à long terme des herbages. Une prairie riche en nutriments qui est exploitées tard, peu ou pas du tout a tendance à voir la part de mauvaises herbes augmenter (Schmid et al. 2007).&lt;br /&gt;
La possibilité pour la faune de boucler son cycle de reproduction est aussi déterminée par les dates auxquelles les prairies sont exploitées (Burri et al. 2013, 2014). Les exigences concernant l’habitat et, par conséquent, les dates de fauche permettant le succès de la reproduction sont différentes pour chaque espèce ou groupe d’espèces. Une coupe estivale après l’envol des jeunes est ainsi favorable à de nombreux nicheurs des prairies, par contre elle décime les araignées bien plus qu’une coupe printanière ou automnale. Poschold (2011) synthétise les résultats de plusieurs études concernant les dates de fauche optimales pour les papillons de jour et les zygènes. D’un point de vue faunistique, il faudrait laisser dix semaines d’écart entre deux coupes (Walter et al. 2007). Une grande variété d’utilisations des herbages et de dates auxquelles on les exploite a des conséquences positives sur la reproduction de nombreuses espèces et par conséquent sur la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Exemple pratique : Effets de différents procédés de coupe sur la végétation des praires à fromental et des prairies maigres''' &amp;lt;br /&amp;gt; Dans un essai sur plusieurs années, Agrofutura a appliqué différents régimes de fauche sur une prairie à fromental et une prairie maigre à deux coupes. Les dates des foins (25.5 / 15.6 / 15.7) et, sur la prairie maigre, celle des regains (pas de regains, regains précoces mi-août, regains tardifs mi-septembre) ont été fixées à différents moments. Selon les résultats actuels, les deux types de prairies sont très résilients en ce qui concerne les changements de dates de fauche, et quasiment aucun changement n’a été constaté au niveau de la végétation. On note cependant que quelques grandes espèces à floraison tardive, de même que quelques graminées à port élevé profitent d’une coupe tardive à mi-juillet. Le procédé pour les regains, contrairement à celui pour les foins, a quant à lui conduit à des modifications évidentes de la végétation : l’absence de regain a surtout profité aux graminées à port élevé (''Bromus erectus'', ''Arrhenntherum elatius'') au détriment des petites herbacées et des légumineuses. L’abandon de la deuxième coupe a donc conduit à un embroussaillement de la prairie. Une coupe de regains tardive à mi-septembre a provoqué l’évolution inverse ; l’embroussaillement et le déclin des herbes ont été empêchés, tandis que les petites graminées et laîches ainsi que les légumineuses ont pris de l’importance. Des regains effectués à mi-août ou à mi-septembre ont également produit une différence nette : plus la végétation était haute en automne (donc plus les regains étaient effectués tôt), moins le sol recevait de lumière au printemps. Si un peuplement pousse trop en hiver, la végétation se feutre, ne laissant passer que très peu de lumière printanière jusqu’au sol, et empêchant la germination et la croissance des herbes. Les prairies maigres à deux coupes ont donc pu être revalorisées par une coupe de regain tardive, et leur offre en fleurs nettement augmentée – on ignore encore si ces résultats peuvent être transposés à des prairies plus riches en nutriments. Une coupe de regain tardive semble présenter un avantage clair pour les herbacées, ce qui pourrait revêtir toute son importance en regard de la période de végétation qui s’allonge toujours plus sous l’influence du changement climatique (Landolt &amp;amp; Lüthy 2018).&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les effets de la fauche sur la flore sont décrits ici (en allemand) : [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/mahd/ Grünlandleitfaden] &lt;br /&gt;
* Effets de la fauche sur la faune : Van de Poel &amp;amp; Zehm (2014) ont effectué une revue de littérature pour les services de protection de la nature. &lt;br /&gt;
* Walter et al. (2007), Humbert et al. (2009), Humbert et al. (2010) et Humbert (2010) livrent des informations de diverses études. &lt;br /&gt;
* La fiche de l’Agridea de Schiess-Bühler et al. (2011) compile les effets des techniques de récolte sur la diversité spécifique des prairies et publie des recommandations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Effets de la pâture==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Beweidung mit Ziegen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Une pâture adéquate permet de revitaliser des habitats et de favoriser les espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le site [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/beweidung/ Grünlandleitfaden (en allemand)] donne des informations générales sur les effets de la pâture sur le sol, la flore et la faune. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Tout comme la fauche, la pâture exerce un effet sélectif sur les cortèges d’espèces présents. Si la fréquence d’utilisation est élevée (prairie mi-intensive), la végétation est maintenue basse par la pâture, et les strates de végétation proches du sol reçoivent plus de lumière. Le piétinement et l’abroutissement sélectif dus aux herbivores ont un effet similaire : ils créent localement des niches différentes et des zones où les plantes peuvent germer. Les zones de sol nu sont attrayantes pour les arthropodes et la végétation qui reste sur pied leur offre un habitat et des quartiers d’hiver. Bosshard (2016) présente plus en détail au chapitre 2.4.3 les effets particulièrement significatifs de la fauche sur la biodiversité en comparaison de ceux de la pâture. Jusqu’à un certain seuil de pression de pâture minimale, la diversité faunistique est d’autant plus élevée que l’intensité de pâture est faible. Les structures telles que le bois, les tas de pierres, les zones de sol nu, les flaques, les sources et les ruptures de terrain sont très importantes pour la faune (Martin et al. 2018).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_p.C3.A2ture pâture extensive] favorise l’hétérogénéité locale et la dispersion active des plantes par le bétail. Outre les conditions liées à la station, le type et l’intensité de la pâture sont décisifs pour la flore : sur une surface soumise à une pâture extensive, les espèces végétales résistant à la pâture – plantes ligneuses, à forte odeur, toxiques, poilues ou à épines, par exemple – peuvent bien se maintenir ou sont même favorisées. Sur des prairies maigres riches en espèces et pauvres en nutriments, le pâturage est cependant déconseillé, car les plantes sensibles au piétinement et à l’abroutissement, en particulier annuelles et bisannuelles, en souffrent passablement. Pour y remédier, on peut clôturer les surfaces sur lesquelles ces espèces sont présentes et les soumettre à un entretien particulier. En général, les prairies de fauche de valeur ne doivent en aucun cas être pâturées. Pour la promotion de la biodiversité, il est crucial que la gestion du pacage et l’entretien par la pâture soient adaptés à la station.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La végétation ne doit pas devenir trop haute en hiver sur les prairies de fauche sous peine de conduire à une accumulation de nutriments et d’influencer négativement la diversité spécifique par la formation d’un feutrage. On peut contrecarrer cela par une pâture d’automne. Les effets écologiques et l’usage d’un pâturage précoce de printemps sont décrits plus en détail dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’illustration suivante donne un aperçu schématique des différentes qualités d’habitat en cas de fauche respectivement de pâture (Briemle et al. 2014). A noter ici qu’une fauche en mosaïque peut aussi faire s’approcher une surface de fauche des caractéristiques d’un pâturage, et qu’on peut obtenir une bonne diversité structurale également dans les prairies de fauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = konold briemle fr.png&lt;br /&gt;
| text = Quelques aspects de la qualité d’habitat dans un régime de fauche et dans un régime de pâture extensive. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Briemle et al., 2014 : Wiesen und Weiden. Chapitre XI-2.8 dans Konold, 1999. Handbuch Naturschutz und Landschaftspflege : Kompendium zu Schutz und Entwicklung von Lebensräumen und Landschaften. Wiley-VCH, Weinheim. &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires'''&lt;br /&gt;
* Le rapport « Recommandations pour les contrats pâturages LPN » (Martin et al. 2018) décrit les principales recommandations concernant la pâture et son optimisation ; y figurent également les [https://infohabitat.ch/wp-content/uploads/2019/03/Empfehlungen-NHG-Weidevertraege_180925_f.pdf prescriptions pour les pâturage SPB et les prescriptions de l’OPD pour les pâtures d’estivage en général]. &lt;br /&gt;
* Le [https://docplayer.org/24956821-Themenbericht-extensive-weiden.html rapport thématique « Pâturages extensifs » (Schmid 2003)] explique l’effet écologique de la pâture en lien avec la pratique, caractérise les différents types de bétail (bovins, chevaux, moutons, chèvres, autres), indique quelles formes d’exploitation et systèmes de pâture sont adéquats, et quelle gestion de pâturage convient selon l’habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Plantes et animaux des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Magerwiese Fettwiese.png&lt;br /&gt;
| text = Le meilleur et le pire de la biodiversité : prairie maigre riche en espèces et colorée, et prairie grasse monotone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éventail des milieux prairiaux est très large, entre ceux qui sont riches en espèces et, à l’autre extrême, ceux qui sont pauvres en espèces. De façon générale, les herbages font partie des habitats d’Europe potentiellement les plus riches en espèces, avec jusqu’à 80 espèces végétales par mètre carré, et représentent l’habitat principal de nombreuses espèces végétales et animales. Les milieux prairiaux utilisés extensivement présentent une grande diversité d’espèces : plus de 900 espèces animales et végétales de Suisse sont inféodées aux prairies et pâturages secs (PPS) par exemple, et près de la moitié de ces espèces sont menacées. Au contraire, à l’autre bout du spectre, les herbages intensifs n’offrent plus aucun habitat à la plupart des groupes animaux et végétaux. Au niveau d’un paysage, la présence et la répartition d’herbages utilisés de manière différenciée dans une région joue un rôle dans la richesse en espèces globale de celle-ci.&lt;br /&gt;
De nombreux groupes animaux et végétaux ne sont pas liés à un type de végétation précis, mais ont généralement besoin de la présence simultanée de différentes structures d’habitat (Schmidt 2007). Les éléments sur lesquels se construit le lien avec l’habitat peuvent être sa structure, sa connectivité, la taille de ses surfaces ou sa dynamique spatiale et temporelle. Les bases écologiques sont exposées dans les articles sur les différents groupes d’espèces ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Papillons_diurnes Papillons diurnes], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Abeilles_sauvages Abeilles sauvages], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Orthopt%C3%A8res Orthoptères]). Les papillons de jour et les orthoptères sont des groupes dont les prairies et pâturages constituent le centre de gravité de la répartition : 85% des papillons diurnes et 80% des orthoptères de Suisse se développent dans les milieux prairiaux. Pour ces deux groupes, il est de première importance que les surfaces d’herbages extensifs soient les plus grandes et les mieux interconnectées possibles. Des surfaces trop petites ainsi qu’un isolement croissant par des distances relativement grandes entre les surfaces ont des conséquences néfastes sur la taille des populations et leur capacité de survie. Les milieux prairiaux riches en espèces offrent de plus un habitat aux oiseaux des prairies, que ce soit pour y nicher et/ou pour se nourrir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut interroger différentes bases de données sur la présence des espèces dans tel ou tel habitat :&lt;br /&gt;
* La [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/biodiversitaetsindikatoren/oeko-fauna-datenbank-auen.html banque de données éco-faunistique] contient des informations sur l’écologie des espèces de onze groupes d’animaux différents et sur le statut des espèces indicatrices des prairies sèches.&lt;br /&gt;
* Objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA) : la [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/compensation-ecologique-fonctions/les-objectifs-environnementaux-pour-l-agriculture.html liste des espèces OEA] renseigne aussi sur leur présence dans différents types d’habitats (prairie extensive, pâturage extensif).&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Flora Indicativa] compile les caractéristiques écologiques et biologiques de quelque 5500 espèces de plantes vasculaires, 600 espèces de mousses et 200 espèces de lichens de la flore de Suisse et des Alpes. La [https://www.wsl.ch/floraindicativa/index_DE base de données] qui va de pair permet aussi de soumettre des requêtes concernant les habitats.&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Fauna Indicativa] compile les préférences écologiques et les caractéristiques biologiques de toutes les espèces de libellules, orthoptères, carabes et papillons diurnes indigènes de Suisse.&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/recherche.html Classification Phytosuisse] : cet ouvrage de référence décrivant brièvement chaque association végétale (classification selon Delarze et al.) est en cours d’élaboration. Pour l’instant, seules des données sur l’unité IV « Pelouses, prairies et combes à neige » sont disponibles dans les groupements des milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
* Pour les prairies de fauche du canton de Lucerne, Schmid et al (2007) donnent les espèces indicatrices et les espèces caractéristiques de la flore et de la faune pour différents types de prairies. Les [https://lawa.lu.ch/Natur/arten/grundlagen/leitarten espèces caractéristiques (en allemand)] sont décrites pour les habitats du canton de Lucerne.&lt;br /&gt;
* Le rapport final sur le Réseau écologique national REN définit des guildes d’espèces cibles pour différents groupements d’habitats (Berthoud et al. 2004).&lt;br /&gt;
* La [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls clé] présente les espèces caractéristiques pour les herbages fertilisés (Bosshard 2016). &lt;br /&gt;
* Le rapport cartographique, les aides à l’exécution PPS et les autres bases de travail PPS de [https://infohabitat.ch/prairies-et-paturages-secs/?lang=fr infohabitat] donnent de nombreuses et utiles informations sur la présence des espèces et les données négatives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12292</id>
		<title>Milieux prairiaux/Ecologie utile pour la pratique</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12292"/>
				<updated>2023-03-05T16:17:24Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Praxisrelevante Ökologie]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Halbtrockenrasen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les prairies mi-sèches riches en fleurs ont fortement diminué et devraient donc être favorisées comme de nombreux autres habitats prairiaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Habitats des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite de plus près la naissance, l’histoire et le développement des milieux prairiaux. Dans cet article, nous employons, pour les types d’habitats non fertilisés et ceux qui ne sont pas anthropogènes, la classification de Delarze et al. (2015) ; pour les herbages fertilisés (prairies et pâturages gras), nous utilisons celle de Bosshard (2016). Les zones humides, les marais, les clairières forestières, les surfaces rudérales et la végétation pionnière sont traités dans d’autres articles du présent site. Les friches à graminées ne sont pas abordées ; comme il s’agit souvent d’associations rudérales, elles se verront traitées plus tard dans un autre article, le cas échéant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tableau suivant (d’après Delarze et al. 2015) montre les habitats du domaine « milieux prairiaux » qui, selon notre évaluation, nécessitent des mesures de promotion (voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation] (oui/non). Cette évaluation se base sur les indications concernant la « situation en Suisse » et sur la faisabilité de la promotion par l’être humain (création par l’être humain possible). Les habitats marqués d’un « P », pour habitats primaires, sont ceux qui ne dépendent pas d’une influence anthropogène, et ceux avec un « (P) » ne nécessitent généralement pas d’exploitation par les humains pour exister au-dessus de la limite de la forêt (source : Delarze et al. 2015). Degré de menace : LC = non menacé, NT = potentiellement menacé, VU = vulnérable, EN = en danger. Degré de régénération (R) : R2 = 5 à 10 ans, R3 = 10 à 25 ans, R4 = 25 à 50 ans, R5 = 50 à 200 ans (source : Delarze et al. 2015). Pour les prairies et pâturages gras, c’est la classification de Bosshard (2016) qui est reprise (n° 4.5, marqué d’une *). n.d. = non disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Nr.&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
! Mesures nécessaires&lt;br /&gt;
! Menace&lt;br /&gt;
! Durée de régénération&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4&lt;br /&gt;
| Pelouses et prairies&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0&lt;br /&gt;
| Gazons et prairies artificielles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.1&lt;br /&gt;
| Prairie temporaire sur terre assolée&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.2&lt;br /&gt;
| Gazon artificiel, terrain de sport, milieu urbain, etc.&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.3&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à basse altitude (talus de route, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.4&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à haute altitude (piste de ski, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1&lt;br /&gt;
| Dalles rocheuses et lapiez&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.1&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires de basse altitude ''Alysso-Sedion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.2&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires et lapiez de montagne ''Drabo-Seslerion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.3&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de basse altitude ''Sedo-Veronicion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.4&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de montagne ''Sedo-Scleranthion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.1&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles (climat continental, Valais central et Grisons) ''Stipo-Poion'' et ''Cirsio-Brachypodion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.2&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche médio-européenne ''Xerobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.3&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche insubrienne ''Diplachnion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| EN&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.4&lt;br /&gt;
| Pelouse mi-sèche médio-européenne ''Mesobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3&lt;br /&gt;
| Pelouses et pâturages maigres d’altitude&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.1&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à seslerie ''Seslerion''&lt;br /&gt;
| en partie, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.2&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à laiche ferme ''Caricion firmae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.3&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire fraîche ''Caricion ferrugineae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.4&lt;br /&gt;
| Gazon des crêtes ventées ''Elynion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.5&lt;br /&gt;
| Pâturage maigre acide ''Nardion''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.6&lt;br /&gt;
| Pelouse rocheuse acide ''Festucion variae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.7&lt;br /&gt;
| Pelouse acide de l’étage alpin supérieur ''Caricion curvulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4&lt;br /&gt;
| Combes à neige&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.1&lt;br /&gt;
| Combe à neige calcaire ''Arabidion caerulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.2&lt;br /&gt;
| Combe à neige acide ''Salicion herbaceae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5*&lt;br /&gt;
| Prairies grasses&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.1*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de basse altitude ''Arrhenatherion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC bis VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.2*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de montagne ''Polygono-Trisetion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.3*&lt;br /&gt;
| Pâturage de basse et moyenne altitude ''Cynosurion''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.4*&lt;br /&gt;
| Pâturage gras subalpin et alpin ''Poion alpinae''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6&lt;br /&gt;
| Friches à graminées &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.1&lt;br /&gt;
| Friche à chiendent ''Convolvulo-Agropyrion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.2&lt;br /&gt;
| Friche à ''Brachypodium pinnatum''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.3&lt;br /&gt;
| Friche à ''Arrhenaterum elatius''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.4&lt;br /&gt;
| Friche à ''Molinia arundinacea''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.5&lt;br /&gt;
| Friche à ''Calamagrostis varia''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = prairiaux fertilises fr.png&lt;br /&gt;
| text = Classification des milieux prairiaux fertilisés (prairies et pâturages gras). &amp;lt;br/&amp;gt; ° Le chiffre correspond au nombre habituel d’utilisations annuelles (+/-1). &amp;lt;br/&amp;gt; Source: Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard (en allemand).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations complémentaires :&lt;br /&gt;
L’ouvrage « Guide des milieux naturels de Suisse » (Delarze et al. 2015) décrit l’aspect, la structure, les caractéristiques biologiques et les facteurs écologiques des groupes d’habitats. Des fiches donnent les caractéristiques de chaque habitat : y sont décrits l’aspect et l’écologie, le lien avec l’être humain, la définition et les limites, la classification, les espèces caractéristiques, les valeurs biologiques, les exigences écologiques et les menaces, ainsi que la répartition.&lt;br /&gt;
Dans son chapitre 5, le livre « Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas » (Bosshard 2016) – disponible uniquement en allemand – traite la typologie des prairies ; il propose et explique une nouvelle classification des milieux prairiaux fertilisés.&lt;br /&gt;
Le site internet sur les [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/classification.html milieux de Suisse (TypoCH)] indique les espèces dominantes, les caractéristiques et les espèces moins strictement liées à chaque habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen.png&lt;br /&gt;
| text = Sélection de types de prairies (depuis en haut à gauche) : prairie mi-sèche, prairie de fauche de montagne, pelouse sèche, pelouse calcaire sèche à laîche ferme.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Facteurs déterminants=&lt;br /&gt;
D’une part, la flore et la faune présentes dans un habitat dépendent de facteurs liés à la station et des interactions écologiques ; d’autre part, la forme que prennent les habitats dans les milieux prairiaux (à l’exception des habitats primaires) dépend fortement de l’utilisation qu’en font les humains. Elle varie selon le type d’exploitation passé et actuel. Les bases théoriques qui sous-tendent le rapport entre les facteurs pédologiques de la station, les conditions climatiques, le régime hydrique et le cycle des nutriments avec la végétation sont présentés plus en détail dans [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes l’article sur les plantes vasculaires]. &lt;br /&gt;
Historiquement, une majorité des prairies d’Europe centrale est issue de pâturages extensifs. Les surfaces non exploitées en cultures arables étaient utilisées pour une [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Fauche_et_p.C3.A2ture_combin.C3.A9es.2C_p.C3.A2ture_pr.C3.A9coce_de_printemps première pâture de printemps (mise à l’herbe)] et fauchées seulement plus tard dans l’année, une fois que la végétation avait repoussé. Il s’ensuivait un amaigrissement des surfaces intrinsèque au système et, pendant une longue période, la situation sur le plan des nutriments fut le facteur qui limitait l’exploitation. Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite plus en détail l’histoire de cette évolution.&lt;br /&gt;
Au cours des siècles, diverses espèces animales (oiseaux des prairies nichant au sol, certains papillons de jour) ont vu leur reproduction s’adapter aux systèmes d’exploitation de l’assolement triennal qui avait alors cours. Les plantes développèrent des caractéristiques déterminées génétiquement et s’adaptèrent aux conditions locales de leur station et au type d’exploitation : c’est ainsi que se formèrent ce qu’on appelle des écotypes, aux propriétés particulières concernant le moment de la floraison, la tolérance à la pâture et à la fauche, la résistance à la sécheresse, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi tous les facteurs abiotiques qui déterminent la composition de la végétation, la composition du sol, l’hydrologie et les conditions climatiques sont les plus importants. Les conditions météorologiques extrêmes comme la sécheresse estivale, les hivers rigoureux pauvres en neige ou les gels printaniers intenses ont également un fort impact : les longues périodes de sécheresse peuvent provoquer la mort de la végétation et aboutir ainsi à une couverture végétale plus clairsemée, avec des zones de sol nu, qui favorisent le succès de la reproduction par graines de nombreuses espèces. En outre, la composition de la végétation est aussi déterminée par des facteurs biotiques : beaucoup d’espèces peuvent survivre des années dans le stock grainier d’une station sans apparaître à l’air libre. Cependant, les espèces des prairies et les espèces spécialisées des prairies et pâturages secs (PPS) ont, comparativement aux espèces moins spécialisées, plutôt une tendance à produire des graines à courte durée de vie dont le pouvoir germinatif n’excède pas 1 à 3 ans (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard einflussfaktoren de.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) représente les facteurs abiotiques et biotiques essentiels et l’influence de l’exploitation dans l’apparition et l’évolution des herbages dans un diagramme concis. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Conséquences de l’exploitation=&lt;br /&gt;
Le type et l’intensité de l’exploitation ont une grande influence sur la diversité spécifique des milieux prairiaux. Selon comment ils sont utilisés et fertilisés, des synergies ou des objectifs contradictoires apparaissent en matière de biodiversité : si elle est trop intensive ou trop extensive, l’exploitation nuit à la biodiversité ; de même, son absence est préjudiciable. Lorsque de nombreuses espèces de plantes profitent de l’apport de lumière créé par l’exploitation (coupe, pâture), l’augmentation de la fréquence des coupes a un impact négatif, vu que seules quelques espèces peuvent survivre à une coupe fréquente. Aux altitudes moyennes, une grande diversité floristique et faunistique est corrélée à la pauvreté en nutriments des habitats prairiaux (Roth et al. 2013, Schlup et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard p42 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) montre le potentiel de productivité des herbages en fonction de l’intensité d’exploitation et de l’altitude. &amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
zunehmende Nutzungsintensität = Intensité croissante, Ertrag = Rendement (dt MS/ha/an), Anteil der ertragsbildenden Faktoren = Part des facteures influençant le rendement, Artenvielfalt = Diversité spécifique, Artenzusammensetzung = Cortège d'espèces, Bodenstruktur = Structure du sol &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre l’exploitation intensive, l’abandon de l’exploitation des habitats prairiaux dont la pérennité dépend de l’intervention humaine pose aussi problème du point de vue de la biodiversité. Que l’exploitation disparaisse ou soit inadéquate, la succession écologique se poursuit plus ou moins rapidement (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Succession_et_importance_des_milieux_prairiaux Succession et importance des milieux prairiaux]. Une exploitation inadéquate ou trop fréquente conduit au feutrage de la végétation, celle-ci est trop haute en hiver, le sol reçoit donc moins de lumière et la germination en pâtit au printemps. La composition de la végétation s’en trouve modifiée ; les espèces héliophiles déclinent. S’ils ne sont plus du tout exploités, les herbages autrefois utilisés situés en-dessous de l’étage alpin s’embroussaillent puis retournent à la forêt (à l’exception des habitats primaires). Lors de ce processus, les graminées, les espèces à port élevé et celles qui peuvent constituer des réserves importantes ou qui forment des stolons souterrains prennent le dessus. La recolonisation forestière est accélérée lorsque la végétation est clairsemée, dans les stations productives, en présence de ligneux sur ou près de la surface, ainsi que de ligneux à stolons ou à graines légères et supportant la lumière, comme les bouleaux et les peupliers par exemple (Dipner &amp;amp; Volkart 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Anthyllis Bromus.png&lt;br /&gt;
| text = En général, les plantes ayant des formes de croissance avec peu de feuilles au sol, comme la plupart des graminées (sur la photo, le Brome dressé (''Bromus erectus'')), sont souvent sensibles à la taille, tandis que les plantes à rosette comme l’Anthyllide vulnéraire (''Anthyllis vulneraria'') sont plus tolérantes à la taille.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conséquences de la fauche sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Les facteurs suivants, liés à l’exploitation, influencent la biodiversité (selon la communauté végétale et sa vigueur) : dates et fréquences d’utilisation et, surtout pour la faune, type de machines et outils employés. De façon générale, les espèces végétales [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes#Types_biologiques qui n’ont que peu de feuilles proches du sol sont sensibles à la coupe, alors que les plantes à rosettes en profitent plutôt]; les petites espèces peu concurrentielles sont également dépendantes d’une fauche ou d’une pâture régulière dans les herbages situés en-dessous de la limite des arbres (Dullau et al. 2012). Les hémicryptophytes dominent sur les sols mi-secs à humides des herbages exploités. Si le sol devient plus sec, des arbrisseaux nains et des plantes annuelles à floraison précoce peuvent coloniser les espaces entre les touffes et les rosettes. Les plantes à bulbes et à tubercules réussissent aussi à s’implanter dans des conditions sèches et maigres. La morphologie et la physiologie particulières des graminées leur permet de dominer les milieux prairiaux d’Europ centrale, caractérisés par des perturbations régulières (fauche et abroutissement) : les graminées ont une capacité de renouvellement très prononcée et possèdent une grande variété de structures servant à la repousse, sous forme de ramification, stolons, rhizomes, etc. Les graines germent vite et facilement, et les plantes sont promptes à former des fleurs et des fruits après avoir germé (Eggenberg et al. 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = graminees plantes ideales prairies fr.png&lt;br /&gt;
| text = Les graminées – Plantes idéales des prairies. Source : Eggenberg, S., Dalang, T., Dipner, M., Mayer, C., 2001 : Cartographie et évaluation des prairies et pâturages secs d’importance nationale. Rapport technique. Cahier de l’environnement no 325. Editeur : Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), Berne. 252 p.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On opère une distinction entre les effets directs de la fauche sur la faune – à savoir les impacts négatifs provoqués sur la faune par les processus de coupe et de récolte – et les effets indirects – à savoir les impacts négatifs provoqués sur les habitats par les processus de coupe. Le passage des engins de coupe, de récolte et de préparation (faucheuses, faneuses, conditionneuses, etc.) blesse ou tue un grand nombre de petits animaux et de jeunes. Il en est de même avec le passage répété des machines (engins lourds à larges pneus) sur les surfaces. La mortalité directe due à la fauche dépend, pour chaque espèce, de la taille et de la sensibilité corporelles, ainsi que de la mobilité ; par ailleurs, l’ampleur des pertes dépend du comportement et des possibilités de fuite, du lieu où se trouve l’animal lorsqu’a lieu l’exploitation, ainsi que du type d’engin et de la façon dont il est réglé. Les impacts indirects sur la petite faune sont causés par le manque de nourriture, le manque d’abris, le manque de niches pour la reproduction et pour le repos, les perturbations des structures (toiles d’araignées, fourmilières, p. ex.), et la perte des micro-habitats. Une surface fauchée présente cependant des conditions thermiques et physiques plutôt favorables pour les arthropodes et certains oiseaux (ponte, développement larvaire, accès à la nourriture, p. ex.), ce qui peut avoir un effet positif sur une population à plus long terme (Braschler et al. 2009). Les coléoptères semblent également montrer une relative résistance au régime de coupes, au contraire des hémiptères, des papillons de jour et des araignées, sur l’abondance et la diversité desquels la fauche exerce une influence négative drastique (Humbert 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, une partie de la biomasse animale est éliminée lors du transport du produit de coupe. L’ensilage provoque à cet égard une destruction beaucoup plus massive que les foins ou les regains.&lt;br /&gt;
Faucher est nécessaire pour maintenir les milieux ouverts, contribue à la richesse de la flore, et crée un habitat pour une faune diversifiée. Cependant, les impacts négatifs directs et indirects mentionnés plus haut représentent une atteinte sévère pour beaucoup d’espèces animales, et le nombre d’espèces diminue nettement avec l’augmentation de la fréquence des coupes. Les espèces qui ont plusieurs générations par an sont moins sensibles à la fauche que celles qui n’en ont qu’une, car elles peuvent boucler un cycle de développement complet entre deux coupes (Walter et al. 2007).&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche Conservation et revalorisation par la fauche] présente comment on peut procéder aux différentes étapes de la fauche et de la récolte en respectant la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts de la date de coupe sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Le moment auquel on exploite l’herbage a une influence majeure sur la quantité et la qualité du fourrage et sur la composition du peuplement végétal. La plupart des plantes des prairies ont une phénologie très bien adaptée aux délais de fauche traditionnels, tolèrent une première coupe en juin et parviennent régulièrement à la floraison ainsi qu’à la production de graines ; c’est le cas des espèces qui peuvent se reproduire par la voie végétative et de celles qui peuvent fleurir et grainer après une repousse. Les délais de coupe habituels sur les surfaces de promotion de la biodiversité peuvent être consultés dans la brochure de [[Media:Agridea 2023 Promotion de la biodiversite 1200dpi.pdf|Agridea (2023) « Promotion de la biodiversité dans l’exploitation agricole »]]. Une fauche très précoce ou une utilisation trop fréquente peut dépasser la capacité de régénération des plantes de prairies, ce qu’on ne remarque souvent qu’après quelques années.&lt;br /&gt;
Outre le moment de la coupe, l’intervalle entre les utilisations détermine si des espèces peuvent se reproduire, et, le cas échéant, lesquelles : s’il s’écoule au moins six à huit semaines entre la première coupe et la deuxième, de nombreuses espèces d’une prairie à deux coupes peuvent encore parvenir à maturité. Si, par contre, ce délai est raccourci de deux semaines ou plus, plus que la moitié d’entre elles parviennent en une année à la maturité (Poschlod 2011).&lt;br /&gt;
Si la première coupe a lieu après la formation des fruits (graines) mûrs, la plupart des espèces n’atteignent pas une deuxième fois le stade des fleurs ou des fruits – raison pour laquelle les prairies fauchées tardivement peuvent apparaître, en plein été et à la longue, tout aussi pauvres en fleurs que les jachères (en fonction de la composition de la végétation et des conditions thermiques de la station concernée). Les délais de coupe tardifs dans les prairies pauvres en nutriments mènent souvent à un embroussaillement et à une prairie haute, l’horizon de germination reçoit moins de lumière, ce qui évince les espèces peu concurrentielles à port bas. Ce sont les changements survenant lors de la première pousse qui déterminent l’évolution à long terme des herbages. Une prairie riche en nutriments qui est exploitées tard, peu ou pas du tout a tendance à voir la part de mauvaises herbes augmenter (Schmid et al. 2007).&lt;br /&gt;
La possibilité pour la faune de boucler son cycle de reproduction est aussi déterminée par les dates auxquelles les prairies sont exploitées (Burri et al. 2013, 2014). Les exigences concernant l’habitat et, par conséquent, les dates de fauche permettant le succès de la reproduction sont différentes pour chaque espèce ou groupe d’espèces. Une coupe estivale après l’envol des jeunes est ainsi favorable à de nombreux nicheurs des prairies, par contre elle décime les araignées bien plus qu’une coupe printanière ou automnale. Poschold (2011) synthétise les résultats de plusieurs études concernant les dates de fauche optimales pour les papillons de jour et les zygènes. D’un point de vue faunistique, il faudrait laisser dix semaines d’écart entre deux coupes (Walter et al. 2007). Une grande variété d’utilisations des herbages et de dates auxquelles on les exploite a des conséquences positives sur la reproduction de nombreuses espèces et par conséquent sur la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Exemple pratique : Effets de différents procédés de coupe sur la végétation des praires à fromental et des prairies maigres''' &amp;lt;br /&amp;gt; Dans un essai sur plusieurs années, Agrofutura a appliqué différents régimes de fauche sur une prairie à fromental et une prairie maigre à deux coupes. Les dates des foins (25.5 / 15.6 / 15.7) et, sur la prairie maigre, celle des regains (pas de regains, regains précoces mi-août, regains tardifs mi-septembre) ont été fixées à différents moments. Selon les résultats actuels, les deux types de prairies sont très résilients en ce qui concerne les changements de dates de fauche, et quasiment aucun changement n’a été constaté au niveau de la végétation. On note cependant que quelques grandes espèces à floraison tardive, de même que quelques graminées à port élevé profitent d’une coupe tardive à mi-juillet. Le procédé pour les regains, contrairement à celui pour les foins, a quant à lui conduit à des modifications évidentes de la végétation : l’absence de regain a surtout profité aux graminées à port élevé (''Bromus erectus'', ''Arrhenntherum elatius'') au détriment des petites herbacées et des légumineuses. L’abandon de la deuxième coupe a donc conduit à un embroussaillement de la prairie. Une coupe de regains tardive à mi-septembre a provoqué l’évolution inverse ; l’embroussaillement et le déclin des herbes ont été empêchés, tandis que les petites graminées et laîches ainsi que les légumineuses ont pris de l’importance. Des regains effectués à mi-août ou à mi-septembre ont également produit une différence nette : plus la végétation était haute en automne (donc plus les regains étaient effectués tôt), moins le sol recevait de lumière au printemps. Si un peuplement pousse trop en hiver, la végétation se feutre, ne laissant passer que très peu de lumière printanière jusqu’au sol, et empêchant la germination et la croissance des herbes. Les prairies maigres à deux coupes ont donc pu être revalorisées par une coupe de regain tardive, et leur offre en fleurs nettement augmentée – on ignore encore si ces résultats peuvent être transposés à des prairies plus riches en nutriments. Une coupe de regain tardive semble présenter un avantage clair pour les herbacées, ce qui pourrait revêtir toute son importance en regard de la période de végétation qui s’allonge toujours plus sous l’influence du changement climatique (Landolt &amp;amp; Lüthy 2018).&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les effets de la fauche sur la flore sont décrits ici (en allemand) : [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/mahd/ Grünlandleitfaden] &lt;br /&gt;
* Effets de la fauche sur la faune : Van de Poel &amp;amp; Zehm (2014) ont effectué une revue de littérature pour les services de protection de la nature. &lt;br /&gt;
* Walter et al. (2007), Humbert et al. (2009), Humbert et al. (2010) et Humbert (2010) livrent des informations de diverses études. &lt;br /&gt;
* La fiche de l’Agridea de Schiess-Bühler et al. (2011) compile les effets des techniques de récolte sur la diversité spécifique des prairies et publie des recommandations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Effets de la pâture==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Beweidung mit Ziegen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Une pâture adéquate permet de revitaliser des habitats et de favoriser les espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le site [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/beweidung/ Grünlandleitfaden (en allemand)] donne des informations générales sur les effets de la pâture sur le sol, la flore et la faune. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Tout comme la fauche, la pâture exerce un effet sélectif sur les cortèges d’espèces présents. Si la fréquence d’utilisation est élevée (prairie mi-intensive), la végétation est maintenue basse par la pâture, et les strates de végétation proches du sol reçoivent plus de lumière. Le piétinement et l’abroutissement sélectif dus aux herbivores ont un effet similaire : ils créent localement des niches différentes et des zones où les plantes peuvent germer. Les zones de sol nu sont attrayantes pour les arthropodes et la végétation qui reste sur pied leur offre un habitat et des quartiers d’hiver. Bosshard (2016) présente plus en détail au chapitre 2.4.3 les effets particulièrement significatifs de la fauche sur la biodiversité en comparaison de ceux de la pâture. Jusqu’à un certain seuil de pression de pâture minimale, la diversité faunistique est d’autant plus élevée que l’intensité de pâture est faible. Les structures telles que le bois, les tas de pierres, les zones de sol nu, les flaques, les sources et les ruptures de terrain sont très importantes pour la faune (Martin et al. 2018).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_p.C3.A2ture pâture extensive] favorise l’hétérogénéité locale et la dispersion active des plantes par le bétail. Outre les conditions liées à la station, le type et l’intensité de la pâture sont décisifs pour la flore : sur une surface soumise à une pâture extensive, les espèces végétales résistant à la pâture – plantes ligneuses, à forte odeur, toxiques, poilues ou à épines, par exemple – peuvent bien se maintenir ou sont même favorisées. Sur des prairies maigres riches en espèces et pauvres en nutriments, le pâturage est cependant déconseillé, car les plantes sensibles au piétinement et à l’abroutissement, en particulier annuelles et bisannuelles, en souffrent passablement. Pour y remédier, on peut clôturer les surfaces sur lesquelles ces espèces sont présentes et les soumettre à un entretien particulier. En général, les prairies de fauche de valeur ne doivent en aucun cas être pâturées. Pour la promotion de la biodiversité, il est crucial que la gestion du pacage et l’entretien par la pâture soient adaptés à la station.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La végétation ne doit pas devenir trop haute en hiver sur les prairies de fauche sous peine de conduire à une accumulation de nutriments et d’influencer négativement la diversité spécifique par la formation d’un feutrage. On peut contrecarrer cela par une pâture d’automne. Les effets écologiques et l’usage d’un pâturage précoce de printemps sont décrits plus en détail dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’illustration suivante donne un aperçu schématique des différentes qualités d’habitat en cas de fauche respectivement de pâture (Briemle et al. 2014). A noter ici qu’une fauche en mosaïque peut aussi faire s’approcher une surface de fauche des caractéristiques d’un pâturage, et qu’on peut obtenir une bonne diversité structurale également dans les prairies de fauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = konold briemle fr.png&lt;br /&gt;
| text = Quelques aspects de la qualité d’habitat dans un régime de fauche et dans un régime de pâture extensive. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Briemle et al., 2014 : Wiesen und Weiden. Chapitre XI-2.8 dans Konold, 1999. Handbuch Naturschutz und Landschaftspflege : Kompendium zu Schutz und Entwicklung von Lebensräumen und Landschaften. Wiley-VCH, Weinheim. &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires'''&lt;br /&gt;
* Le rapport « Recommandations pour les contrats pâturages LPN » (Martin et al. 2018) décrit les principales recommandations concernant la pâture et son optimisation ; y figurent également les [https://infohabitat.ch/wp-content/uploads/2019/03/Empfehlungen-NHG-Weidevertraege_180925_f.pdf prescriptions pour les pâturage SPB et les prescriptions de l’OPD pour les pâtures d’estivage en général]. &lt;br /&gt;
* Le [https://docplayer.org/24956821-Themenbericht-extensive-weiden.html rapport thématique « Pâturages extensifs » (Schmid 2003)] explique l’effet écologique de la pâture en lien avec la pratique, caractérise les différents types de bétail (bovins, chevaux, moutons, chèvres, autres), indique quelles formes d’exploitation et systèmes de pâture sont adéquats, et quelle gestion de pâturage convient selon l’habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Plantes et animaux des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Magerwiese Fettwiese.png&lt;br /&gt;
| text = Le meilleur et le pire de la biodiversité : prairie maigre riche en espèces et colorée, et prairie grasse monotone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éventail des milieux prairiaux est très large, entre ceux qui sont riches en espèces et, à l’autre extrême, ceux qui sont pauvres en espèces. De façon générale, les herbages font partie des habitats d’Europe potentiellement les plus riches en espèces, avec jusqu’à 80 espèces végétales par mètre carré, et représentent l’habitat principal de nombreuses espèces végétales et animales. Les milieux prairiaux utilisés extensivement présentent une grande diversité d’espèces : plus de 900 espèces animales et végétales de Suisse sont inféodées aux prairies et pâturages secs (PPS) par exemple, et près de la moitié de ces espèces sont menacées. Au contraire, à l’autre bout du spectre, les herbages intensifs n’offrent plus aucun habitat à la plupart des groupes animaux et végétaux. Au niveau d’un paysage, la présence et la répartition d’herbages utilisés de manière différenciée dans une région joue un rôle dans la richesse en espèces globale de celle-ci.&lt;br /&gt;
De nombreux groupes animaux et végétaux ne sont pas liés à un type de végétation précis, mais ont généralement besoin de la présence simultanée de différentes structures d’habitat (Schmidt 2007). Les éléments sur lesquels se construit le lien avec l’habitat peuvent être sa structure, sa connectivité, la taille de ses surfaces ou sa dynamique spatiale et temporelle. Les bases écologiques sont exposées dans les articles sur les différents groupes d’espèces ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Papillons_diurnes Papillons diurnes], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Abeilles_sauvages Abeilles sauvages], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Orthopt%C3%A8res Orthoptères]). Les papillons de jour et les orthoptères sont des groupes dont les prairies et pâturages constituent le centre de gravité de la répartition : 85% des papillons diurnes et 80% des orthoptères de Suisse se développent dans les milieux prairiaux. Pour ces deux groupes, il est de première importance que les surfaces d’herbages extensifs soient les plus grandes et les mieux interconnectées possibles. Des surfaces trop petites ainsi qu’un isolement croissant par des distances relativement grandes entre les surfaces ont des conséquences néfastes sur la taille des populations et leur capacité de survie. Les milieux prairiaux riches en espèces offrent de plus un habitat aux oiseaux des prairies, que ce soit pour y nicher et/ou pour se nourrir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut interroger différentes bases de données sur la présence des espèces dans tel ou tel habitat :&lt;br /&gt;
* La [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/biodiversitaetsindikatoren/oeko-fauna-datenbank-auen.html banque de données éco-faunistique] contient des informations sur l’écologie des espèces de onze groupes d’animaux différents et sur le statut des espèces indicatrices des prairies sèches.&lt;br /&gt;
* Objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA) : la [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/compensation-ecologique-fonctions/les-objectifs-environnementaux-pour-l-agriculture.html liste des espèces OEA] renseigne aussi sur leur présence dans différents types d’habitats (prairie extensive, pâturage extensif).&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Flora Indicativa] compile les caractéristiques écologiques et biologiques de quelque 5500 espèces de plantes vasculaires, 600 espèces de mousses et 200 espèces de lichens de la flore de Suisse et des Alpes. La [https://www.wsl.ch/floraindicativa/index_DE base de données] qui va de pair permet aussi de soumettre des requêtes concernant les habitats.&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Fauna Indicativa] compile les préférences écologiques et les caractéristiques biologiques de toutes les espèces de libellules, orthoptères, carabes et papillons diurnes indigènes de Suisse.&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/phytosuisse/classification.html Classification Phytosuisse] : cet ouvrage de référence décrivant brièvement chaque association végétale (classification selon Delarze et al.) est en cours d’élaboration. Pour l’instant, seules des données sur l’unité IV « Pelouses, prairies et combes à neige » sont disponibles dans les groupements des milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
* Pour les prairies de fauche du canton de Lucerne, Schmid et al (2007) donnent les espèces indicatrices et les espèces caractéristiques de la flore et de la faune pour différents types de prairies. Les [https://lawa.lu.ch/Natur/arten/grundlagen/leitarten espèces caractéristiques (en allemand)] sont décrites pour les habitats du canton de Lucerne.&lt;br /&gt;
* Le rapport final sur le Réseau écologique national REN définit des guildes d’espèces cibles pour différents groupements d’habitats (Berthoud et al. 2004).&lt;br /&gt;
* La [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls clé] présente les espèces caractéristiques pour les herbages fertilisés (Bosshard 2016). &lt;br /&gt;
* Le rapport cartographique, les aides à l’exécution PPS et les autres bases de travail PPS de [https://infohabitat.ch/prairies-et-paturages-secs/?lang=fr infohabitat] donnent de nombreuses et utiles informations sur la présence des espèces et les données négatives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12291</id>
		<title>Milieux prairiaux/Ecologie utile pour la pratique</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique&amp;diff=12291"/>
				<updated>2023-03-05T16:08:22Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland/Praxisrelevante Ökologie]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Halbtrockenrasen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les prairies mi-sèches riches en fleurs ont fortement diminué et devraient donc être favorisées comme de nombreux autres habitats prairiaux.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Habitats des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite de plus près la naissance, l’histoire et le développement des milieux prairiaux. Dans cet article, nous employons, pour les types d’habitats non fertilisés et ceux qui ne sont pas anthropogènes, la classification de Delarze et al. (2015) ; pour les herbages fertilisés (prairies et pâturages gras), nous utilisons celle de Bosshard (2016). Les zones humides, les marais, les clairières forestières, les surfaces rudérales et la végétation pionnière sont traités dans d’autres articles du présent site. Les friches à graminées ne sont pas abordées ; comme il s’agit souvent d’associations rudérales, elles se verront traitées plus tard dans un autre article, le cas échéant.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le tableau suivant (d’après Delarze et al. 2015) montre les habitats du domaine « milieux prairiaux » qui, selon notre évaluation, nécessitent des mesures de promotion (voir chapitre [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation] (oui/non). Cette évaluation se base sur les indications concernant la « situation en Suisse » et sur la faisabilité de la promotion par l’être humain (création par l’être humain possible). Les habitats marqués d’un « P », pour habitats primaires, sont ceux qui ne dépendent pas d’une influence anthropogène, et ceux avec un « (P) » ne nécessitent généralement pas d’exploitation par les humains pour exister au-dessus de la limite de la forêt (source : Delarze et al. 2015). Degré de menace : LC = non menacé, NT = potentiellement menacé, VU = vulnérable, EN = en danger. Degré de régénération (R) : R2 = 5 à 10 ans, R3 = 10 à 25 ans, R4 = 25 à 50 ans, R5 = 50 à 200 ans (source : Delarze et al. 2015). Pour les prairies et pâturages gras, c’est la classification de Bosshard (2016) qui est reprise (n° 4.5, marqué d’une *). n.d. = non disponible.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{| class=&amp;quot;wikitable&amp;quot;&lt;br /&gt;
! Nr.&lt;br /&gt;
! Description&lt;br /&gt;
! Mesures nécessaires&lt;br /&gt;
! Menace&lt;br /&gt;
! Durée de régénération&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4&lt;br /&gt;
| Pelouses et prairies&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0&lt;br /&gt;
| Gazons et prairies artificielles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.1&lt;br /&gt;
| Prairie temporaire sur terre assolée&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.2&lt;br /&gt;
| Gazon artificiel, terrain de sport, milieu urbain, etc.&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.3&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à basse altitude (talus de route, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.0.4&lt;br /&gt;
| Ensemencement après terrassement à haute altitude (piste de ski, etc.)&lt;br /&gt;
| non&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1&lt;br /&gt;
| Dalles rocheuses et lapiez&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.1&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires de basse altitude ''Alysso-Sedion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.2&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles calcaires et lapiez de montagne ''Drabo-Seslerion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.3&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de basse altitude ''Sedo-Veronicion''&lt;br /&gt;
| oui, P&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.1.4&lt;br /&gt;
| Végétation des dalles siliceuses de montagne ''Sedo-Scleranthion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.1&lt;br /&gt;
| Pelouses sèches thermophiles (climat continental, Valais central et Grisons) ''Stipo-Poion'' et ''Cirsio-Brachypodion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.2&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche médio-européenne ''Xerobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.3&lt;br /&gt;
| Pelouse sèche insubrienne ''Diplachnion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| EN&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.2.4&lt;br /&gt;
| Pelouse mi-sèche médio-européenne ''Mesobromion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3&lt;br /&gt;
| Pelouses et pâturages maigres d’altitude&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.1&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à seslerie ''Seslerion''&lt;br /&gt;
| en partie, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.2&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire sèche à laiche ferme ''Caricion firmae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.3&lt;br /&gt;
| Pelouse calcaire fraîche ''Caricion ferrugineae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.4&lt;br /&gt;
| Gazon des crêtes ventées ''Elynion''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.5&lt;br /&gt;
| Pâturage maigre acide ''Nardion''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.6&lt;br /&gt;
| Pelouse rocheuse acide ''Festucion variae''&lt;br /&gt;
| oui, (P)&lt;br /&gt;
| NT&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.3.7&lt;br /&gt;
| Pelouse acide de l’étage alpin supérieur ''Caricion curvulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R5&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4&lt;br /&gt;
| Combes à neige&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.1&lt;br /&gt;
| Combe à neige calcaire ''Arabidion caerulae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.4.2&lt;br /&gt;
| Combe à neige acide ''Salicion herbaceae''&lt;br /&gt;
| non, P&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R4&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5*&lt;br /&gt;
| Prairies grasses&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.1*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de basse altitude ''Arrhenatherion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC bis VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.2*&lt;br /&gt;
| Prairie de fauche de montagne ''Polygono-Trisetion''&lt;br /&gt;
| oui&lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R3&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.3*&lt;br /&gt;
| Pâturage de basse et moyenne altitude ''Cynosurion''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.5.4*&lt;br /&gt;
| Pâturage gras subalpin et alpin ''Poion alpinae''&lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| LC&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6&lt;br /&gt;
| Friches à graminées &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
| &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.1&lt;br /&gt;
| Friche à chiendent ''Convolvulo-Agropyrion''&lt;br /&gt;
| (oui)&lt;br /&gt;
| VU&lt;br /&gt;
| R2&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.2&lt;br /&gt;
| Friche à ''Brachypodium pinnatum''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.3&lt;br /&gt;
| Friche à ''Arrhenaterum elatius''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.4&lt;br /&gt;
| Friche à ''Molinia arundinacea''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| 4.6.5&lt;br /&gt;
| Friche à ''Calamagrostis varia''&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
| n.d.&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = prairiaux fertilises fr.png&lt;br /&gt;
| text = Classification des milieux prairiaux fertilisés (prairies et pâturages gras). &amp;lt;br/&amp;gt; ° Le chiffre correspond au nombre habituel d’utilisations annuelles (+/-1). &amp;lt;br/&amp;gt; Source: Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard (en allemand).&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Informations complémentaires :&lt;br /&gt;
L’ouvrage « Guide des milieux naturels de Suisse » (Delarze et al. 2015) décrit l’aspect, la structure, les caractéristiques biologiques et les facteurs écologiques des groupes d’habitats. Des fiches donnent les caractéristiques de chaque habitat : y sont décrits l’aspect et l’écologie, le lien avec l’être humain, la définition et les limites, la classification, les espèces caractéristiques, les valeurs biologiques, les exigences écologiques et les menaces, ainsi que la répartition.&lt;br /&gt;
Dans son chapitre 5, le livre « Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas » (Bosshard 2016) – disponible uniquement en allemand – traite la typologie des prairies ; il propose et explique une nouvelle classification des milieux prairiaux fertilisés.&lt;br /&gt;
Le site internet sur les [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/typoch/classification.html milieux de Suisse (TypoCH)] indique les espèces dominantes, les caractéristiques et les espèces moins strictement liées à chaque habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Wiesentypen.png&lt;br /&gt;
| text = Sélection de types de prairies (depuis en haut à gauche) : prairie mi-sèche, prairie de fauche de montagne, pelouse sèche, pelouse calcaire sèche à laîche ferme.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Facteurs déterminants=&lt;br /&gt;
D’une part, la flore et la faune présentes dans un habitat dépendent de facteurs liés à la station et des interactions écologiques ; d’autre part, la forme que prennent les habitats dans les milieux prairiaux (à l’exception des habitats primaires) dépend fortement de l’utilisation qu’en font les humains. Elle varie selon le type d’exploitation passé et actuel. Les bases théoriques qui sous-tendent le rapport entre les facteurs pédologiques de la station, les conditions climatiques, le régime hydrique et le cycle des nutriments avec la végétation sont présentés plus en détail dans [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes l’article sur les plantes vasculaires]. &lt;br /&gt;
Historiquement, une majorité des prairies d’Europe centrale est issue de pâturages extensifs. Les surfaces non exploitées en cultures arables étaient utilisées pour une [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Fauche_et_p.C3.A2ture_combin.C3.A9es.2C_p.C3.A2ture_pr.C3.A9coce_de_printemps première pâture de printemps (mise à l’herbe)] et fauchées seulement plus tard dans l’année, une fois que la végétation avait repoussé. Il s’ensuivait un amaigrissement des surfaces intrinsèque au système et, pendant une longue période, la situation sur le plan des nutriments fut le facteur qui limitait l’exploitation. Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux] traite plus en détail l’histoire de cette évolution.&lt;br /&gt;
Au cours des siècles, diverses espèces animales (oiseaux des prairies nichant au sol, certains papillons de jour) ont vu leur reproduction s’adapter aux systèmes d’exploitation de l’assolement triennal qui avait alors cours. Les plantes développèrent des caractéristiques déterminées génétiquement et s’adaptèrent aux conditions locales de leur station et au type d’exploitation : c’est ainsi que se formèrent ce qu’on appelle des écotypes, aux propriétés particulières concernant le moment de la floraison, la tolérance à la pâture et à la fauche, la résistance à la sécheresse, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Parmi tous les facteurs abiotiques qui déterminent la composition de la végétation, la composition du sol, l’hydrologie et les conditions climatiques sont les plus importants. Les conditions météorologiques extrêmes comme la sécheresse estivale, les hivers rigoureux pauvres en neige ou les gels printaniers intenses ont également un fort impact : les longues périodes de sécheresse peuvent provoquer la mort de la végétation et aboutir ainsi à une couverture végétale plus clairsemée, avec des zones de sol nu, qui favorisent le succès de la reproduction par graines de nombreuses espèces. En outre, la composition de la végétation est aussi déterminée par des facteurs biotiques : beaucoup d’espèces peuvent survivre des années dans le stock grainier d’une station sans apparaître à l’air libre. Cependant, les espèces des prairies et les espèces spécialisées des prairies et pâturages secs (PPS) ont, comparativement aux espèces moins spécialisées, plutôt une tendance à produire des graines à courte durée de vie dont le pouvoir germinatif n’excède pas 1 à 3 ans (Guntern et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard einflussfaktoren de.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) représente les facteurs abiotiques et biotiques essentiels et l’influence de l’exploitation dans l’apparition et l’évolution des herbages dans un diagramme concis. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Conséquences de l’exploitation=&lt;br /&gt;
Le type et l’intensité de l’exploitation ont une grande influence sur la diversité spécifique des milieux prairiaux. Selon comment ils sont utilisés et fertilisés, des synergies ou des objectifs contradictoires apparaissent en matière de biodiversité : si elle est trop intensive ou trop extensive, l’exploitation nuit à la biodiversité ; de même, son absence est préjudiciable. Lorsque de nombreuses espèces de plantes profitent de l’apport de lumière créé par l’exploitation (coupe, pâture), l’augmentation de la fréquence des coupes a un impact négatif, vu que seules quelques espèces peuvent survivre à une coupe fréquente. Aux altitudes moyennes, une grande diversité floristique et faunistique est corrélée à la pauvreté en nutriments des habitats prairiaux (Roth et al. 2013, Schlup et al. 2013).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = bosshard p42 fr.png&lt;br /&gt;
| text = Bosshard (2016) montre le potentiel de productivité des herbages en fonction de l’intensité d’exploitation et de l’altitude. &amp;lt;br/&amp;gt; &lt;br /&gt;
zunehmende Nutzungsintensität = Intensité croissante, Ertrag = Rendement (dt MS/ha/an), Anteil der ertragsbildenden Faktoren = Part des facteures influençant le rendement, Artenvielfalt = Diversité spécifique, Artenzusammensetzung = Cortège d'espèces, Bodenstruktur = Structure du sol &amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
Source : Bosshard, A., 2016. Das Naturwiesland der Schweiz und Mitteleuropas. Mit besonderer Berücksichtigung der Fromentalwiesen und des standortgemässen Futterbaus, Bristol-Schriftenreihe Band 50. Haupt Verlag, Bern. © Andreas Bosshard&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Outre l’exploitation intensive, l’abandon de l’exploitation des habitats prairiaux dont la pérennité dépend de l’intervention humaine pose aussi problème du point de vue de la biodiversité. Que l’exploitation disparaisse ou soit inadéquate, la succession écologique se poursuit plus ou moins rapidement (voir chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Succession_et_importance_des_milieux_prairiaux Succession et importance des milieux prairiaux]. Une exploitation inadéquate ou trop fréquente conduit au feutrage de la végétation, celle-ci est trop haute en hiver, le sol reçoit donc moins de lumière et la germination en pâtit au printemps. La composition de la végétation s’en trouve modifiée ; les espèces héliophiles déclinent. S’ils ne sont plus du tout exploités, les herbages autrefois utilisés situés en-dessous de l’étage alpin s’embroussaillent puis retournent à la forêt (à l’exception des habitats primaires). Lors de ce processus, les graminées, les espèces à port élevé et celles qui peuvent constituer des réserves importantes ou qui forment des stolons souterrains prennent le dessus. La recolonisation forestière est accélérée lorsque la végétation est clairsemée, dans les stations productives, en présence de ligneux sur ou près de la surface, ainsi que de ligneux à stolons ou à graines légères et supportant la lumière, comme les bouleaux et les peupliers par exemple (Dipner &amp;amp; Volkart 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Anthyllis Bromus.png&lt;br /&gt;
| text = En général, les plantes ayant des formes de croissance avec peu de feuilles au sol, comme la plupart des graminées (sur la photo, le Brome dressé (''Bromus erectus'')), sont souvent sensibles à la taille, tandis que les plantes à rosette comme l’Anthyllide vulnéraire (''Anthyllis vulneraria'') sont plus tolérantes à la taille.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Conséquences de la fauche sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Les facteurs suivants, liés à l’exploitation, influencent la biodiversité (selon la communauté végétale et sa vigueur) : dates et fréquences d’utilisation et, surtout pour la faune, type de machines et outils employés. De façon générale, les espèces végétales [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Plantes#Types_biologiques qui n’ont que peu de feuilles proches du sol sont sensibles à la coupe, alors que les plantes à rosettes en profitent plutôt]; les petites espèces peu concurrentielles sont également dépendantes d’une fauche ou d’une pâture régulière dans les herbages situés en-dessous de la limite des arbres (Dullau et al. 2012). Les hémicryptophytes dominent sur les sols mi-secs à humides des herbages exploités. Si le sol devient plus sec, des arbrisseaux nains et des plantes annuelles à floraison précoce peuvent coloniser les espaces entre les touffes et les rosettes. Les plantes à bulbes et à tubercules réussissent aussi à s’implanter dans des conditions sèches et maigres. La morphologie et la physiologie particulières des graminées leur permet de dominer les milieux prairiaux d’Europ centrale, caractérisés par des perturbations régulières (fauche et abroutissement) : les graminées ont une capacité de renouvellement très prononcée et possèdent une grande variété de structures servant à la repousse, sous forme de ramification, stolons, rhizomes, etc. Les graines germent vite et facilement, et les plantes sont promptes à former des fleurs et des fruits après avoir germé (Eggenberg et al. 2001).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = graminees plantes ideales prairies fr.png&lt;br /&gt;
| text = Les graminées – Plantes idéales des prairies. Source : Eggenberg, S., Dalang, T., Dipner, M., Mayer, C., 2001 : Cartographie et évaluation des prairies et pâturages secs d’importance nationale. Rapport technique. Cahier de l’environnement no 325. Editeur : Office fédéral de l’environnement, des forêts et du paysage (OFEFP), Berne. 252 p.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On opère une distinction entre les effets directs de la fauche sur la faune – à savoir les impacts négatifs provoqués sur la faune par les processus de coupe et de récolte – et les effets indirects – à savoir les impacts négatifs provoqués sur les habitats par les processus de coupe. Le passage des engins de coupe, de récolte et de préparation (faucheuses, faneuses, conditionneuses, etc.) blesse ou tue un grand nombre de petits animaux et de jeunes. Il en est de même avec le passage répété des machines (engins lourds à larges pneus) sur les surfaces. La mortalité directe due à la fauche dépend, pour chaque espèce, de la taille et de la sensibilité corporelles, ainsi que de la mobilité ; par ailleurs, l’ampleur des pertes dépend du comportement et des possibilités de fuite, du lieu où se trouve l’animal lorsqu’a lieu l’exploitation, ainsi que du type d’engin et de la façon dont il est réglé. Les impacts indirects sur la petite faune sont causés par le manque de nourriture, le manque d’abris, le manque de niches pour la reproduction et pour le repos, les perturbations des structures (toiles d’araignées, fourmilières, p. ex.), et la perte des micro-habitats. Une surface fauchée présente cependant des conditions thermiques et physiques plutôt favorables pour les arthropodes et certains oiseaux (ponte, développement larvaire, accès à la nourriture, p. ex.), ce qui peut avoir un effet positif sur une population à plus long terme (Braschler et al. 2009). Les coléoptères semblent également montrer une relative résistance au régime de coupes, au contraire des hémiptères, des papillons de jour et des araignées, sur l’abondance et la diversité desquels la fauche exerce une influence négative drastique (Humbert 2010).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
De plus, une partie de la biomasse animale est éliminée lors du transport du produit de coupe. L’ensilage provoque à cet égard une destruction beaucoup plus massive que les foins ou les regains.&lt;br /&gt;
Faucher est nécessaire pour maintenir les milieux ouverts, contribue à la richesse de la flore, et crée un habitat pour une faune diversifiée. Cependant, les impacts négatifs directs et indirects mentionnés plus haut représentent une atteinte sévère pour beaucoup d’espèces animales, et le nombre d’espèces diminue nettement avec l’augmentation de la fréquence des coupes. Les espèces qui ont plusieurs générations par an sont moins sensibles à la fauche que celles qui n’en ont qu’une, car elles peuvent boucler un cycle de développement complet entre deux coupes (Walter et al. 2007).&lt;br /&gt;
Le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_fauche Conservation et revalorisation par la fauche] présente comment on peut procéder aux différentes étapes de la fauche et de la récolte en respectant la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Impacts de la date de coupe sur la flore et la faune==&lt;br /&gt;
Le moment auquel on exploite l’herbage a une influence majeure sur la quantité et la qualité du fourrage et sur la composition du peuplement végétal. La plupart des plantes des prairies ont une phénologie très bien adaptée aux délais de fauche traditionnels, tolèrent une première coupe en juin et parviennent régulièrement à la floraison ainsi qu’à la production de graines ; c’est le cas des espèces qui peuvent se reproduire par la voie végétative et de celles qui peuvent fleurir et grainer après une repousse. Les délais de coupe habituels sur les surfaces de promotion de la biodiversité peuvent être consultés dans la brochure de [[Media:Agridea 2023 Promotion de la biodiversite 1200dpi.pdf|Agridea (2023) « Promotion de la biodiversité dans l’exploitation agricole »]]. Une fauche très précoce ou une utilisation trop fréquente peut dépasser la capacité de régénération des plantes de prairies, ce qu’on ne remarque souvent qu’après quelques années.&lt;br /&gt;
Outre le moment de la coupe, l’intervalle entre les utilisations détermine si des espèces peuvent se reproduire, et, le cas échéant, lesquelles : s’il s’écoule au moins six à huit semaines entre la première coupe et la deuxième, de nombreuses espèces d’une prairie à deux coupes peuvent encore parvenir à maturité. Si, par contre, ce délai est raccourci de deux semaines ou plus, plus que la moitié d’entre elles parviennent en une année à la maturité (Poschlod 2011).&lt;br /&gt;
Si la première coupe a lieu après la formation des fruits (graines) mûrs, la plupart des espèces n’atteignent pas une deuxième fois le stade des fleurs ou des fruits – raison pour laquelle les prairies fauchées tardivement peuvent apparaître, en plein été et à la longue, tout aussi pauvres en fleurs que les jachères (en fonction de la composition de la végétation et des conditions thermiques de la station concernée). Les délais de coupe tardifs dans les prairies pauvres en nutriments mènent souvent à un embroussaillement et à une prairie haute, l’horizon de germination reçoit moins de lumière, ce qui évince les espèces peu concurrentielles à port bas. Ce sont les changements survenant lors de la première pousse qui déterminent l’évolution à long terme des herbages. Une prairie riche en nutriments qui est exploitées tard, peu ou pas du tout a tendance à voir la part de mauvaises herbes augmenter (Schmid et al. 2007).&lt;br /&gt;
La possibilité pour la faune de boucler son cycle de reproduction est aussi déterminée par les dates auxquelles les prairies sont exploitées (Burri et al. 2013, 2014). Les exigences concernant l’habitat et, par conséquent, les dates de fauche permettant le succès de la reproduction sont différentes pour chaque espèce ou groupe d’espèces. Une coupe estivale après l’envol des jeunes est ainsi favorable à de nombreux nicheurs des prairies, par contre elle décime les araignées bien plus qu’une coupe printanière ou automnale. Poschold (2011) synthétise les résultats de plusieurs études concernant les dates de fauche optimales pour les papillons de jour et les zygènes. D’un point de vue faunistique, il faudrait laisser dix semaines d’écart entre deux coupes (Walter et al. 2007). Une grande variété d’utilisations des herbages et de dates auxquelles on les exploite a des conséquences positives sur la reproduction de nombreuses espèces et par conséquent sur la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;table border=&amp;quot;0&amp;quot;,  style=&amp;quot;font-size:108%&amp;quot;&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;td&amp;gt; '''Exemple pratique : Effets de différents procédés de coupe sur la végétation des praires à fromental et des prairies maigres''' &amp;lt;br /&amp;gt; Dans un essai sur plusieurs années, Agrofutura a appliqué différents régimes de fauche sur une prairie à fromental et une prairie maigre à deux coupes. Les dates des foins (25.5 / 15.6 / 15.7) et, sur la prairie maigre, celle des regains (pas de regains, regains précoces mi-août, regains tardifs mi-septembre) ont été fixées à différents moments. Selon les résultats actuels, les deux types de prairies sont très résilients en ce qui concerne les changements de dates de fauche, et quasiment aucun changement n’a été constaté au niveau de la végétation. On note cependant que quelques grandes espèces à floraison tardive, de même que quelques graminées à port élevé profitent d’une coupe tardive à mi-juillet. Le procédé pour les regains, contrairement à celui pour les foins, a quant à lui conduit à des modifications évidentes de la végétation : l’absence de regain a surtout profité aux graminées à port élevé (''Bromus erectus'', ''Arrhenntherum elatius'') au détriment des petites herbacées et des légumineuses. L’abandon de la deuxième coupe a donc conduit à un embroussaillement de la prairie. Une coupe de regains tardive à mi-septembre a provoqué l’évolution inverse ; l’embroussaillement et le déclin des herbes ont été empêchés, tandis que les petites graminées et laîches ainsi que les légumineuses ont pris de l’importance. Des regains effectués à mi-août ou à mi-septembre ont également produit une différence nette : plus la végétation était haute en automne (donc plus les regains étaient effectués tôt), moins le sol recevait de lumière au printemps. Si un peuplement pousse trop en hiver, la végétation se feutre, ne laissant passer que très peu de lumière printanière jusqu’au sol, et empêchant la germination et la croissance des herbes. Les prairies maigres à deux coupes ont donc pu être revalorisées par une coupe de regain tardive, et leur offre en fleurs nettement augmentée – on ignore encore si ces résultats peuvent être transposés à des prairies plus riches en nutriments. Une coupe de regain tardive semble présenter un avantage clair pour les herbacées, ce qui pourrait revêtir toute son importance en regard de la période de végétation qui s’allonge toujours plus sous l’influence du changement climatique (Landolt &amp;amp; Lüthy 2018).&amp;lt;/td&amp;gt; &lt;br /&gt;
 &amp;lt;/tr&amp;gt; &lt;br /&gt;
&amp;lt;/table&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* Les effets de la fauche sur la flore sont décrits ici (en allemand) : [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/mahd/ Grünlandleitfaden] &lt;br /&gt;
* Effets de la fauche sur la faune : Van de Poel &amp;amp; Zehm (2014) ont effectué une revue de littérature pour les services de protection de la nature. &lt;br /&gt;
* Walter et al. (2007), Humbert et al. (2009), Humbert et al. (2010) et Humbert (2010) livrent des informations de diverses études. &lt;br /&gt;
* La fiche de l’Agridea de Schiess-Bühler et al. (2011) compile les effets des techniques de récolte sur la diversité spécifique des prairies et publie des recommandations.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Effets de la pâture==&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Beweidung mit Ziegen as 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Une pâture adéquate permet de revitaliser des habitats et de favoriser les espèces.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le site [http://gruenlandleitfaden.offenlandinfo.de/management/massnahmen-und-wirkung/beweidung/ Grünlandleitfaden (en allemand)] donne des informations générales sur les effets de la pâture sur le sol, la flore et la faune. &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
Tout comme la fauche, la pâture exerce un effet sélectif sur les cortèges d’espèces présents. Si la fréquence d’utilisation est élevée (prairie mi-intensive), la végétation est maintenue basse par la pâture, et les strates de végétation proches du sol reçoivent plus de lumière. Le piétinement et l’abroutissement sélectif dus aux herbivores ont un effet similaire : ils créent localement des niches différentes et des zones où les plantes peuvent germer. Les zones de sol nu sont attrayantes pour les arthropodes et la végétation qui reste sur pied leur offre un habitat et des quartiers d’hiver. Bosshard (2016) présente plus en détail au chapitre 2.4.3 les effets particulièrement significatifs de la fauche sur la biodiversité en comparaison de ceux de la pâture. Jusqu’à un certain seuil de pression de pâture minimale, la diversité faunistique est d’autant plus élevée que l’intensité de pâture est faible. Les structures telles que le bois, les tas de pierres, les zones de sol nu, les flaques, les sources et les ruptures de terrain sont très importantes pour la faune (Martin et al. 2018).&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation#Conservation_et_revalorisation_par_la_p.C3.A2ture pâture extensive] favorise l’hétérogénéité locale et la dispersion active des plantes par le bétail. Outre les conditions liées à la station, le type et l’intensité de la pâture sont décisifs pour la flore : sur une surface soumise à une pâture extensive, les espèces végétales résistant à la pâture – plantes ligneuses, à forte odeur, toxiques, poilues ou à épines, par exemple – peuvent bien se maintenir ou sont même favorisées. Sur des prairies maigres riches en espèces et pauvres en nutriments, le pâturage est cependant déconseillé, car les plantes sensibles au piétinement et à l’abroutissement, en particulier annuelles et bisannuelles, en souffrent passablement. Pour y remédier, on peut clôturer les surfaces sur lesquelles ces espèces sont présentes et les soumettre à un entretien particulier. En général, les prairies de fauche de valeur ne doivent en aucun cas être pâturées. Pour la promotion de la biodiversité, il est crucial que la gestion du pacage et l’entretien par la pâture soient adaptés à la station.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
La végétation ne doit pas devenir trop haute en hiver sur les prairies de fauche sous peine de conduire à une accumulation de nutriments et d’influencer négativement la diversité spécifique par la formation d’un feutrage. On peut contrecarrer cela par une pâture d’automne. Les effets écologiques et l’usage d’un pâturage précoce de printemps sont décrits plus en détail dans le chapitre [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base#Origine_des_milieux_prairiaux Origine des milieux prairiaux].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’illustration suivante donne un aperçu schématique des différentes qualités d’habitat en cas de fauche respectivement de pâture (Briemle et al. 2014). A noter ici qu’une fauche en mosaïque peut aussi faire s’approcher une surface de fauche des caractéristiques d’un pâturage, et qu’on peut obtenir une bonne diversité structurale également dans les prairies de fauche.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = konold briemle fr.png&lt;br /&gt;
| text = Quelques aspects de la qualité d’habitat dans un régime de fauche et dans un régime de pâture extensive. &amp;lt;br/&amp;gt; Source : Briemle et al., 2014 : Wiesen und Weiden. Chapitre XI-2.8 dans Konold, 1999. Handbuch Naturschutz und Landschaftspflege : Kompendium zu Schutz und Entwicklung von Lebensräumen und Landschaften. Wiley-VCH, Weinheim. &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations complémentaires'''&lt;br /&gt;
* Le rapport « Recommandations pour les contrats pâturages LPN » (Martin et al. 2018) décrit les principales recommandations concernant la pâture et son optimisation ; y figurent également les [https://infohabitat.ch/wp-content/uploads/2019/03/Empfehlungen-NHG-Weidevertraege_180925_f.pdf prescriptions pour les pâturage SPB et les prescriptions de l’OPD pour les pâtures d’estivage en général]. &lt;br /&gt;
* Le [http://www.poel.ch/pdf/Weidebericht_relais.pdf rapport thématique « Pâturages extensifs » (Schmid 2003)] explique l’effet écologique de la pâture en lien avec la pratique, caractérise les différents types de bétail (bovins, chevaux, moutons, chèvres, autres), indique quelles formes d’exploitation et systèmes de pâture sont adéquats, et quelle gestion de pâturage convient selon l’habitat.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Plantes et animaux des milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Magerwiese Fettwiese.png&lt;br /&gt;
| text = Le meilleur et le pire de la biodiversité : prairie maigre riche en espèces et colorée, et prairie grasse monotone.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’éventail des milieux prairiaux est très large, entre ceux qui sont riches en espèces et, à l’autre extrême, ceux qui sont pauvres en espèces. De façon générale, les herbages font partie des habitats d’Europe potentiellement les plus riches en espèces, avec jusqu’à 80 espèces végétales par mètre carré, et représentent l’habitat principal de nombreuses espèces végétales et animales. Les milieux prairiaux utilisés extensivement présentent une grande diversité d’espèces : plus de 900 espèces animales et végétales de Suisse sont inféodées aux prairies et pâturages secs (PPS) par exemple, et près de la moitié de ces espèces sont menacées. Au contraire, à l’autre bout du spectre, les herbages intensifs n’offrent plus aucun habitat à la plupart des groupes animaux et végétaux. Au niveau d’un paysage, la présence et la répartition d’herbages utilisés de manière différenciée dans une région joue un rôle dans la richesse en espèces globale de celle-ci.&lt;br /&gt;
De nombreux groupes animaux et végétaux ne sont pas liés à un type de végétation précis, mais ont généralement besoin de la présence simultanée de différentes structures d’habitat (Schmidt 2007). Les éléments sur lesquels se construit le lien avec l’habitat peuvent être sa structure, sa connectivité, la taille de ses surfaces ou sa dynamique spatiale et temporelle. Les bases écologiques sont exposées dans les articles sur les différents groupes d’espèces ([https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Papillons_diurnes Papillons diurnes], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Abeilles_sauvages Abeilles sauvages], [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Orthopt%C3%A8res Orthoptères]). Les papillons de jour et les orthoptères sont des groupes dont les prairies et pâturages constituent le centre de gravité de la répartition : 85% des papillons diurnes et 80% des orthoptères de Suisse se développent dans les milieux prairiaux. Pour ces deux groupes, il est de première importance que les surfaces d’herbages extensifs soient les plus grandes et les mieux interconnectées possibles. Des surfaces trop petites ainsi qu’un isolement croissant par des distances relativement grandes entre les surfaces ont des conséquences néfastes sur la taille des populations et leur capacité de survie. Les milieux prairiaux riches en espèces offrent de plus un habitat aux oiseaux des prairies, que ce soit pour y nicher et/ou pour se nourrir.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
On peut interroger différentes bases de données sur la présence des espèces dans tel ou tel habitat :&lt;br /&gt;
* La [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/biodiversitaetsindikatoren/oeko-fauna-datenbank-auen.html banque de données éco-faunistique] contient des informations sur l’écologie des espèces de onze groupes d’animaux différents et sur le statut des espèces indicatrices des prairies sèches.&lt;br /&gt;
* Objectifs environnementaux pour l’agriculture (OEA) : la [https://www.agroscope.admin.ch/agroscope/fr/home/themes/environnement-ressources/biodiversite-paysage/compensation-ecologique-fonctions/les-objectifs-environnementaux-pour-l-agriculture.html liste des espèces OEA] renseigne aussi sur leur présence dans différents types d’habitats (prairie extensive, pâturage extensif).&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Flora Indicativa] compile les caractéristiques écologiques et biologiques de quelque 5500 espèces de plantes vasculaires, 600 espèces de mousses et 200 espèces de lichens de la flore de Suisse et des Alpes. La [https://www.wsl.ch/floraindicativa/index_DE base de données] qui va de pair permet aussi de soumettre des requêtes concernant les habitats.&lt;br /&gt;
* La [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Informations_g%C3%A9n%C3%A9rales#Esp.C3.A8ces Fauna Indicativa] compile les préférences écologiques et les caractéristiques biologiques de toutes les espèces de libellules, orthoptères, carabes et papillons diurnes indigènes de Suisse.&lt;br /&gt;
* [https://www.infoflora.ch/fr/milieux/phytosuisse/classification.html Classification Phytosuisse] : cet ouvrage de référence décrivant brièvement chaque association végétale (classification selon Delarze et al.) est en cours d’élaboration. Pour l’instant, seules des données sur l’unité IV « Pelouses, prairies et combes à neige » sont disponibles dans les groupements des milieux prairiaux.&lt;br /&gt;
* Pour les prairies de fauche du canton de Lucerne, Schmid et al (2007) donnent les espèces indicatrices et les espèces caractéristiques de la flore et de la faune pour différents types de prairies. Les [https://lawa.lu.ch/Natur/arten/grundlagen/leitarten espèces caractéristiques (en allemand)] sont décrites pour les habitats du canton de Lucerne.&lt;br /&gt;
* Le rapport final sur le Réseau écologique national REN définit des guildes d’espèces cibles pour différents groupements d’habitats (Berthoud et al. 2004).&lt;br /&gt;
* La [http://www.agraroekologie.ch/SchluesselGeduengteNaturwiesen.xls clé] présente les espèces caractéristiques pour les herbages fertilisés (Bosshard 2016). &lt;br /&gt;
* Le rapport cartographique, les aides à l’exécution PPS et les autres bases de travail PPS de [https://infohabitat.ch/prairies-et-paturages-secs/?lang=fr infohabitat] donnent de nombreuses et utiles informations sur la présence des espèces et les données négatives.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Autres chapitres sur les milieux prairiaux=&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux Introduction et Résumé]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement Revalorisation et création de prairies riches en espèces par enherbement direct et ensemencement]&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base Informations de base]&lt;br /&gt;
&amp;lt;!--* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Exemples_pratiques Exemples pratiques]--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteures =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]|| [https://www.faunatur.ch/ faunatur]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Andreas Bosshard|| [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Ö+L GmbH] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  || Jean-Yves Humbert || [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Universität Bern, Conservation Biology]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Heiri Schiess ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  André Stapfer ||  &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Markus Staub || [https://www.poel.ch/ Projekte Ökologie Landwirtschaft] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  Gaby Volkart || [http://www.ateliernature.ch/atena/francais.php atena]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux&amp;diff=12290</id>
		<title>Milieux prairiaux</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux&amp;diff=12290"/>
				<updated>2023-03-05T09:12:55Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = blumenwiese AStapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les prairies riches en espèces hébergent jusqu’à 80 espèces de plantes par mètre carré et offrent un habitat à d’innombrables espèces animales, en particulier des papillons, criquets et sauterelles et abeilles sauvages.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Andreas Bosshard], [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Jean-Yves Humbert], Heiri Schiess, André Stapfer, [https://www.poel.ch/ Markus Staub]  &amp;amp; [https://www.ateliernature.ch/lequipe/ Gaby Volkart]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Octobre 2020&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Des prairies multicolores regorgeant de fleurs, un air bruissant des stridulations des sauterelles et criquets, des papillons qui volètent partout, le bétail qui estive sur des alpages richement structurés – autant d’images pleines de nostalgie qui évoquent des herbages riches en espèces. L’exploitation multiséculaire des prairies et pâturages a façonné un paysage agricole diversifié abritant des communautés végétales et animales typiques. Aujourd’hui pourtant, deux cinquièmes des habitats liés à nos milieux prairiaux sont menacés : les responsables en sont d’une part une exploitation trop intensive, d’autre part l’abandon de l’exploitation, ainsi qu’un niveau trophique qui a globalement énormément augmenté, et une utilisation uniforme qui a rendu le paysage monotone. Le potentiel de biodiversité que recèlent nos herbages est considérable : les prairies et pâturages de la surface agricole utile totalisent plus de 600 000 ha, et la zone d’estivage, avec ses plus de 500 000 ha, comprend presque encore autant de surface – dont environ un cinquième en tout est considéré comme potentiellement précieux.&lt;br /&gt;
Quelles mesures pouvons-nous prendre pour recréer des habitats favorables à une flore et une faune diversifiées ? A quoi faut-il faire attention lorsqu’on réalise des projets en faveur de la biodiversité ? Dans les chapitres qui suivent, nous présentons des informations concrètes liées à la pratique ainsi que des recommandations d’exploitation spécifiques pour chaque type d’habitat, et nous les mettons en lien avec les connaissances de base en écologie.&lt;br /&gt;
La conservation et la revalorisation des herbages riches en espèces requièrent une exploitation optimale – en plus de mesures importantes de portée générale comme la mise en réseau et la connexion fonctionnelle des différents habitats et la création de structures. Cet aspect, essentiel, comprend un mode d’exploitation variable et dynamique, l’emploi de techniques de fauche et de récolte respectueuses et la diminution ou cessation des apports de nutriments. Nous livrerons ultérieurement des recommandations concernant la pâture et pour maintenir ouverts des habitats prairiaux, ainsi que sur les aspects concrets de la revalorisation et de la création d’habitats à neuf par l’enherbement direct et l’ensemencement (chapitres en cours d’élaboration).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Introduction =&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = alpine Wiesen und Weiden 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = En Suisse, les prairies et pâturages des zones d’estivage totalisent plus de 500'000 hectares. Les connaissances sur la qualité de ces surfaces sont encore trop lacunaires.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les prairies et pâturages constituent près de 70% de la superficie agricole en Suisse. A la faveur de plusieurs siècles d’exploitation par les humains, un paysage cultivé diversifié s’est formé, avec son lot d’habitats pour les plantes et les animaux. L’intensification de l’exploitation, l’augmentation des apports d’azote, ainsi que d’autres atteintes ont eu pour conséquence qu’environ 40 pourcent des types d’habitats des milieux prairiaux sont considérés comme menacés. Les prairies et pâturages secs, particulièrement précieux, ainsi que les prairies à fromental si riches en fleurs, autrefois répandues, ont quasiment disparu lors des dernières décennies. Grande est donc la nécessité d’agir pour conserver les surfaces vertes riches en espèces qui existent encore, et pour revaloriser et recréer les habitats prairiaux importants pour de nombreux animaux et végétaux. Pour élaborer les principes fondamentaux et les conseils pratiques présentés dans cet article, nous avons consulté en premier lieu la littérature germanophone – surtout suisse mais aussi allemande. L’accent est porté sur la biodiversité. Certains aspects tels que la production agricole ne sont pas abordés. La littérature émanant de la recherche traditionnelle sur les milieux prairiaux a été consultée mais n’est pas obligatoirement citée. Lors de la mise en œuvre des mesures de revalorisation et de conservation, il convient de garder à l’esprit que les recommandations générales doivent toujours être vérifiées quant à leur adéquation à chaque projet concret.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept de « milieux prairiaux » – le terme « herbages » sera aussi utilisé dans cet article – comprend, selon les critères écologiques, toutes les associations végétales durables d’herbacées d’origine naturelle (zones inondées des plaines alluviales, bordures des zones marécageuses, sites particulièrement séchards, zones au-dessus de la limite des arbres) ou apparues suite à une exploitation par les humains (prairies et pâturages fertilisés ou non, prairies de fauche, prairies humides, pelouses maigres, vergers) (Becker et al. 2014).  '''Le présent article emploie le terme « milieux prairiaux » comme terme générique pour tous les types d’habitats correspondants, détaillés dans Delarze et al. (2015) dans la catégorie « Pelouses et prairies »''' &amp;lt;ref&amp;gt;Delarze, Raymond ; Gonseth, Yves ; Eggenberg, Stefan ; Vust, Mathias (2015) :  Guide des milieux naturels de Suisse, &lt;br /&gt;
Ecologie, menaces, espèces caractéristiques. 3e édition revue et augmentée. Payot.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et couvre par conséquent tant des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux habitats anthropogènes que des milieux primaires]. Les [https://www.ateliernature.ch/lequipe/ zones humides] sont traitées dans un article séparé.&amp;lt;!--nicht erwähnen, weil beides nur auf Deutsch vorliegt: Guntern et al. (2013, p. 96), donnent un aperçu des termes utilisés pour les milieux prairiaux, de même que Wikipédia https://de.wikipedia.org/wiki/Grünland.--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les informations utiles pour la pratique concernant les milieux prairiaux sont présentées dans les chapitres suivants :&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique '''Ecologie utile pour la pratique''' :] Y sont exposées les liens écologiques les plus utiles à la compréhension et à la mise en œuvre des mesures de promotion. La classification des types de milieux prairiaux qui sous-tend les chapitres suivants est expliquée, de même que les facteurs principaux qui influencent ces milieux, et les liens fondamentaux entre l’exploitation (fauche, pâture) et les cortèges floristique et faunistique des herbages&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation '''Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation''' :] Ce chapitre fournit des recommandations pratiques au niveau des mesures, d’une part, et au niveau des types d’habitats, d’autre part. Il thématise d’abord les mesures qui ne concerne pas les surfaces individuelles (utilisation variable et dynamique, création de structures, mise en réseau des surfaces restantes). Suivent les recommandations qui concernent la fauche et la récolte liées aux surfaces individuelles, avec un accent mis notamment sur des méthodes respectueuses, ménageant la faune. L’amaigrissement et la combinaison de la fauche et de la pâture (mise à l’herbe au printemps, pâturage d’automne) sont brièvement traités. Il est crucial pour les milieux prairiaux riches en espèces d’éviter ou réduire les apports de nutriments : le chapitre cite des recommandations de base, la thématique sera, le cas échéant, traitée ultérieurement. De même que les thèmes « Eviter l’embroussaillement / maintenir l’ouverture », « Débroussailler les surfaces envahies » et « Pâture pour les milieux prairiaux riches en espèces ». La dernière partie du chapitre complète les recommandations d’exploitation spécifiques pour chaque type d’habitat.&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement '''Revalorisation et création par enherbement direct et ensemencement'''].&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base '''Informations de base''' :] Ce chapitre traite de plus près l’importance, la naissance, la situation et l’évolution des milieux prairiaux. Il met en lumière les changements qualitatifs et quantitatifs ainsi que les menaces et leurs causes, du point de vue, d’une part, des habitats, et d’autre part des communautés d’espèces des herbages. La typologie des milieux prairiaux, les connaissances qui manquent encore qui seraient utiles pour la pratique, et les bases légales complètent ce chapitre.&lt;br /&gt;
* Exemples pratiques : Ils seront traités ultérieurement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Milieux_prairiaux&amp;diff=12289</id>
		<title>Milieux prairiaux</title>
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				<updated>2023-03-05T09:10:47Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Grünland]]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
__NOTOC__&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = blumenwiese AStapfer zg 96 dpi.jpg&lt;br /&gt;
| text = Les prairies riches en espèces hébergent jusqu’à 80 espèces de plantes par mètre carré et offrent un habitat à d’innombrables espèces animales, en particulier des papillons, criquets et sauterelles et abeilles sauvages.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.faunatur.ch/portr%C3%A4t/ Karin Loeffel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.agraroekologie.ch/ueber-uns/team/ Andreas Bosshard], [https://www.cb.iee.unibe.ch/about_us/pd_dr_humbert_jean_yves/index_eng.html Jean-Yves Humbert], Heiri Schiess, André Stapfer, [https://www.poel.ch/ Markus Staub]  &amp;amp; [https://www.ateliernature.ch/lequipe/ Gaby Volkart]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction || [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Octobre 2020&lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Des prairies multicolores regorgeant de fleurs, un air bruissant des stridulations des sauterelles et criquets, des papillons qui volètent partout, le bétail qui estive sur des alpages richement structurés – autant d’images pleines de nostalgie qui évoquent des herbages riches en espèces. L’exploitation multiséculaire des prairies et pâturages a façonné un paysage agricole diversifié abritant des communautés végétales et animales typiques. Aujourd’hui pourtant, deux cinquièmes des habitats liés à nos milieux prairiaux sont menacés : les responsables en sont d’une part une exploitation trop intensive, d’autre part l’abandon de l’exploitation, ainsi qu’un niveau trophique qui a globalement énormément augmenté, et une utilisation uniforme qui a rendu le paysage monotone. Le potentiel de biodiversité que recèlent nos herbages est considérable : les prairies et pâturages de la surface agricole utile totalisent plus de 600 000 ha, et la zone d’estivage, avec ses plus de 500 000 ha, comprend presque encore autant de surface – dont environ un cinquième en tout est considéré comme potentiellement précieux.&lt;br /&gt;
Quelles mesures pouvons-nous prendre pour recréer des habitats favorables à une flore et une faune diversifiées ? A quoi faut-il faire attention lorsqu’on réalise des projets en faveur de la biodiversité ? Dans les chapitres qui suivent, nous présentons des informations concrètes liées à la pratique ainsi que des recommandations d’exploitation spécifiques pour chaque type d’habitat, et nous les mettons en lien avec les connaissances de base en écologie.&lt;br /&gt;
La conservation et la revalorisation des herbages riches en espèces requièrent une exploitation optimale – en plus de mesures importantes de portée générale comme la mise en réseau et la connexion fonctionnelle des différents habitats et la création de structures. Cet aspect, essentiel, comprend un mode d’exploitation variable et dynamique, l’emploi de techniques de fauche et de récolte respectueuses et la diminution ou cessation des apports de nutriments. Nous livrerons ultérieurement des recommandations concernant la pâture et pour maintenir ouverts des habitats prairiaux, ainsi que sur les aspects concrets de la revalorisation et de la création d’habitats à neuf par l’enherbement direct et l’ensemencement (chapitres en cours d’élaboration).&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Introduction =&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-600px&lt;br /&gt;
| bilddatei = alpine Wiesen und Weiden 96 dpi.JPG&lt;br /&gt;
| text = En Suisse, les prairies et pâturages des zones d’estivage totalisent plus de 500'000 hectares. Les connaissances sur la qualité de ces surfaces sont encore trop lacunaires.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les prairies et pâturages constituent près de 70% de la superficie agricole en Suisse. A la faveur de plusieurs siècles d’exploitation par les humains, un paysage cultivé diversifié s’est formé, avec son lot d’habitats pour les plantes et les animaux. L’intensification de l’exploitation, l’augmentation des apports d’azote, ainsi que d’autres atteintes ont eu pour conséquence qu’environ 40 pourcent des types d’habitats des milieux prairiaux sont considérés comme menacés. Les prairies et pâturages secs, particulièrement précieux, ainsi que les prairies à fromental si riches en fleurs, autrefois répandues, ont quasiment disparu lors des dernières décennies. Grande est donc la nécessité d’agir pour conserver les surfaces vertes riches en espèces qui existent encore, et pour revaloriser et recréer les habitats prairiaux importants pour de nombreux animaux et végétaux. Pour élaborer les principes fondamentaux et les conseils pratiques présentés dans cet article, nous avons consulté en premier lieu la littérature germanophone – surtout suisse mais aussi allemande. L’accent est porté sur la biodiversité. Certains aspects tels que la production agricole ne sont pas abordés. La littérature émanant de la recherche traditionnelle sur les milieux prairiaux a été consultée mais n’est pas obligatoirement citée. Lors de la mise en œuvre des mesures de revalorisation et de conservation, il convient de garder à l’esprit que les recommandations générales doivent toujours être vérifiées quant à leur adéquation à chaque projet concret.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Le concept de « milieux prairiaux » – le terme « herbages » sera aussi utilisé dans cet article – comprend, selon les critères écologiques, toutes les associations végétales durables d’herbacées d’origine naturelle (zones inondées des plaines alluviales, bordures des zones marécageuses, sites particulièrement séchards, zones au-dessus de la limite des arbres) ou apparues suite à une exploitation par les humains (prairies et pâturages fertilisés ou non, prairies de fauche, prairies humides, pelouses maigres, vergers) (Becker et al. 2014).  '''Le présent article emploie le terme « milieux prairiaux » comme terme générique pour tous les types d’habitats correspondants, détaillés dans Delarze et al. (2015) dans la catégorie « Pelouses et prairies »''' &amp;lt;ref&amp;gt;Delarze, Raymond ; Gonseth, Yves ; Eggenberg, Stefan ; Vust, Mathias (2015) :  Guide des milieux naturels de Suisse, &lt;br /&gt;
Ecologie, menaces, espèces caractéristiques. 3e édition revue et augmentée. Payot.&amp;lt;/ref&amp;gt;, et couvre par conséquent tant des [https://biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique#Habitats_des_milieux_prairiaux habitats anthropogènes que des milieux primaires]. Les zones humides sont traitées dans un article séparé.&amp;lt;!--nicht erwähnen, weil beides nur auf Deutsch vorliegt: Guntern et al. (2013, p. 96), donnent un aperçu des termes utilisés pour les milieux prairiaux, de même que Wikipédia https://de.wikipedia.org/wiki/Grünland.--&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les informations utiles pour la pratique concernant les milieux prairiaux sont présentées dans les chapitres suivants :&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Ecologie_utile_pour_la_pratique '''Ecologie utile pour la pratique''' :] Y sont exposées les liens écologiques les plus utiles à la compréhension et à la mise en œuvre des mesures de promotion. La classification des types de milieux prairiaux qui sous-tend les chapitres suivants est expliquée, de même que les facteurs principaux qui influencent ces milieux, et les liens fondamentaux entre l’exploitation (fauche, pâture) et les cortèges floristique et faunistique des herbages&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Conservation_et_revalorisation_par_l%E2%80%99optimisation_de_l%E2%80%99exploitation '''Conservation et revalorisation par l’optimisation de l’exploitation''' :] Ce chapitre fournit des recommandations pratiques au niveau des mesures, d’une part, et au niveau des types d’habitats, d’autre part. Il thématise d’abord les mesures qui ne concerne pas les surfaces individuelles (utilisation variable et dynamique, création de structures, mise en réseau des surfaces restantes). Suivent les recommandations qui concernent la fauche et la récolte liées aux surfaces individuelles, avec un accent mis notamment sur des méthodes respectueuses, ménageant la faune. L’amaigrissement et la combinaison de la fauche et de la pâture (mise à l’herbe au printemps, pâturage d’automne) sont brièvement traités. Il est crucial pour les milieux prairiaux riches en espèces d’éviter ou réduire les apports de nutriments : le chapitre cite des recommandations de base, la thématique sera, le cas échéant, traitée ultérieurement. De même que les thèmes « Eviter l’embroussaillement / maintenir l’ouverture », « Débroussailler les surfaces envahies » et « Pâture pour les milieux prairiaux riches en espèces ». La dernière partie du chapitre complète les recommandations d’exploitation spécifiques pour chaque type d’habitat.&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Revalorisation_et_cr%C3%A9ation_de_prairies_riches_en_esp%C3%A8ces_par_enherbement_direct_et_ensemencement '''Revalorisation et création par enherbement direct et ensemencement'''].&lt;br /&gt;
* [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Milieux_prairiaux/Informations_de_base '''Informations de base''' :] Ce chapitre traite de plus près l’importance, la naissance, la situation et l’évolution des milieux prairiaux. Il met en lumière les changements qualitatifs et quantitatifs ainsi que les menaces et leurs causes, du point de vue, d’une part, des habitats, et d’autre part des communautés d’espèces des herbages. La typologie des milieux prairiaux, les connaissances qui manquent encore qui seraient utiles pour la pratique, et les bases légales complètent ce chapitre.&lt;br /&gt;
* Exemples pratiques : Ils seront traités ultérieurement.&lt;br /&gt;
&amp;lt;br/&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12288</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12288"/>
				<updated>2023-03-04T19:57:21Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“] : Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [https://www.pronatura.ch/sites/pronatura.ch/files/2017-11/leitfaden_fuer_die_aufwertung_von_brachliegenden_trockenstandorten_durch_beweidung-beitraege_zum_naturschutz_in_der_schweiz_nr_37-2016_highres.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [https://www.trameverteetbleue.fr/documentation/references-bibliographiques/syntheses-bibliographiques-sur-traits-vie-39-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar d'orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [https://www.biofotoquiz.ch/domain/standard/id/278/tab/standard Biofotoquiz] : Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)] : Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/24899466-Heuschrecken-bestimmungsschluessel-fuer-die-oestlichen-suedalpen.html Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen] : Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App] : Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12287</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T19:55:58Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“] : Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [https://www.pronatura.ch/sites/pronatura.ch/files/2017-11/leitfaden_fuer_die_aufwertung_von_brachliegenden_trockenstandorten_durch_beweidung-beitraege_zum_naturschutz_in_der_schweiz_nr_37-2016_highres.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [https://www.trameverteetbleue.fr/documentation/references-bibliographiques/syntheses-bibliographiques-sur-traits-vie-39-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar d'orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [https://www.biofotoquiz.ch/domain/standard/id/278/tab/standard Biofotoquiz] : Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)] : Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen] : Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App] : Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12286</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12286"/>
				<updated>2023-03-04T19:55:28Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“] : Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [https://www.pronatura.ch/sites/pronatura.ch/files/2017-11/leitfaden_fuer_die_aufwertung_von_brachliegenden_trockenstandorten_durch_beweidung-beitraege_zum_naturschutz_in_der_schweiz_nr_37-2016_highres.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [https://www.trameverteetbleue.fr/documentation/references-bibliographiques/syntheses-bibliographiques-sur-traits-vie-39-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar d'orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [https://www.biofotoquiz.ch/domain/standard/id/278/tab/standard Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12285</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12285"/>
				<updated>2023-03-04T19:53:14Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“] : Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [https://www.pronatura.ch/sites/pronatura.ch/files/2017-11/leitfaden_fuer_die_aufwertung_von_brachliegenden_trockenstandorten_durch_beweidung-beitraege_zum_naturschutz_in_der_schweiz_nr_37-2016_highres.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [https://www.trameverteetbleue.fr/documentation/references-bibliographiques/syntheses-bibliographiques-sur-traits-vie-39-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12284</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12284"/>
				<updated>2023-03-04T19:44:48Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“] : Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [https://www.pronatura.ch/sites/pronatura.ch/files/2017-11/leitfaden_fuer_die_aufwertung_von_brachliegenden_trockenstandorten_durch_beweidung-beitraege_zum_naturschutz_in_der_schweiz_nr_37-2016_highres.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12283</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T19:41:56Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12282</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T19:39:15Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland] : Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles] : Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques] : L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12281</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T19:38:02Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [https://www.agrarforschungschweiz.ch/fr/2012/01/la-mise-en-reseau-des-surfaces-ecologiques-favorise-les-sauterelles/ Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12280</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T19:33:16Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O. (2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12279</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12279"/>
				<updated>2023-03-04T19:30:27Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12278</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12278"/>
				<updated>2023-03-04T19:29:34Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12277</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T19:26:36Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || Prof. Dr. Peter Detzel, [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res  surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
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		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T18:20:27Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res  surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| Prof. Dr. Peter Detzel || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [https://www.pronatura-ag.ch/de Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12275</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T18:05:38Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res  surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12274</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12274"/>
				<updated>2023-03-04T18:01:24Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res  surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [https://www.zh.ch/content/dam/zhweb/bilder-dokumente/themen/umwelt-tiere/naturschutz/artenschutz/aktionsplaene-fauna/heuschrecken/oedipoda_caerulescens_ap.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12273</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12273"/>
				<updated>2023-03-04T17:56:06Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res  surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.pronatura.ch/fr/prairies-et-paturages?file=tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/lebensraeume/Wiesen/Pro_Natura_Praxis_Blumenwiese.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien] : Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-fleurs-des-champs.pdf Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs] : Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://www.wwf.ch/sites/default/files/doc-2019-02/2010-03-fiched%27information-zones-arides-de-caillasse.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes] : Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12272</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12272"/>
				<updated>2023-03-04T17:32:20Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes petits biotopes] qui diversifient la structure – [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_biotopes#Les_petits_biotopes_un_par_un tas de branches ou de pierres par exemple] –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les [[https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Surfaces_pionni%C3%A8res  surfaces de gravier], les creux humides et les [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau flaques temporaires]. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des [https://www.biodivers.ch/fr/index.php/Petits_plans_d%E2%80%99eau plans d’eau] ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12271</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T14:02:04Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/beratung-und-wissen/wohn-und-arbeitsumfeld/dachbegruenungen0.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
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		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T13:54:36Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://docplayer.org/20659374-Die-blaufluegelige-sandschrecke-sphingonotus-caerulans-auf-den-extensiv-begruenten-daechern-der-europa-allee-zuerich.html Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich] : Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/angebote_u_beratung/beratung/dachbegruenungen.html Stadt Zürich. Dachbegrünung] : Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung] : Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12269</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12269"/>
				<updated>2023-03-04T13:49:06Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : /* Enherbement direct et herbe à semences */&lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)] : Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.vorarlberg.at/pdf/berichtblaufluegeligesand.pdf Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich]&lt;br /&gt;
: Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/angebote_u_beratung/beratung/dachbegruenungen.html Stadt Zürich. Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12268</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12268"/>
				<updated>2023-03-04T13:48:31Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://public.bibliothek.uni-halle.de/hercynia/article/view/1671 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)]&lt;br /&gt;
: Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.vorarlberg.at/pdf/berichtblaufluegeligesand.pdf Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich]&lt;br /&gt;
: Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/angebote_u_beratung/beratung/dachbegruenungen.html Stadt Zürich. Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12267</id>
		<title>Orthoptères</title>
		<link rel="alternate" type="text/html" href="https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12267"/>
				<updated>2023-03-04T13:30:08Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Fauna Indicativa ==&lt;br /&gt;
La [http://www.cscf.ch/cscf/home/projekte/fauna-indicativa.html Fauna Indicativa] est un ouvrage de consultation et en même temps un outil pour l’évaluation de données faunistiques. Il visualise sous forme tabulaire les préférences écologiques et les propriétés biologiques de toutes les espèces de d’orthoptères.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [http://public.bibliothek.uni-halle.de/index.php/hercynia/article/viewFile/218/224 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)]&lt;br /&gt;
: Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.vorarlberg.at/pdf/berichtblaufluegeligesand.pdf Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich]&lt;br /&gt;
: Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/angebote_u_beratung/beratung/dachbegruenungen.html Stadt Zürich. Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12266</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T13:19:20Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [http://public.bibliothek.uni-halle.de/index.php/hercynia/article/viewFile/218/224 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)]&lt;br /&gt;
: Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.vorarlberg.at/pdf/berichtblaufluegeligesand.pdf Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich]&lt;br /&gt;
: Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/angebote_u_beratung/beratung/dachbegruenungen.html Stadt Zürich. Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [https://www.naturalis.nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

	<entry>
		<id>https://biodivers.ch/fr/index.php?title=Orthopt%C3%A8res&amp;diff=12265</id>
		<title>Orthoptères</title>
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				<updated>2023-03-04T13:17:33Z</updated>
		
		<summary type="html">&lt;p&gt;VB2 : &lt;/p&gt;
&lt;hr /&gt;
&lt;div&gt;[[de:Heuschrecken]]&lt;br /&gt;
{{Startfoto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = JM 29293745804 8952ea6513 h.jpg&lt;br /&gt;
| text = Le Criquet ensanglanté (''Stethophyma grossum'') est un habitant des prairies humides et des bas-marais..&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review || [http://www.goeg.de/ueber-uns/team Prof. Dr. Peter Detzel], [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch], [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] &amp;amp; [http://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction|| [http://filoplume.ch/ Sandrine Seidel]&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Publication || Juillet  2017&lt;br /&gt;
|} &lt;br /&gt;
&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
{{TOC limit|2}}&lt;br /&gt;
= Résumé =&lt;br /&gt;
Notre faune comprend plus de 100 espèces d’orthoptères, dont les aptitudes à voler, creuser et striduler sont étonnantes. La diversité de leurs formes et de leurs couleurs est également surprenante. Les orthoptères sont des espèces synanthropes – c’est-à-dire liées aux habitats créés par l’être humain – et thermophiles. Les prairies et pâturages, tant secs qu’humides, abritent la plupart des espèces. Quelques espèces vivent dans les forêts claires ou sur des surfaces pionnières comme les zones inondables et les éboulis. Du fait de leur rayon d’action de moins d’un kilomètre en moyenne, de nombreuses espèces d’orthoptères sont tributaires d’un habitat présentant une structure diversifiée à petite échelle. Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat des orthoptères.&lt;br /&gt;
Le maintien d’habitats ouverts est primordial pour toutes les espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La restauration de la dynamique naturelle ou l’exploitation extensive régulière des surfaces occupées est donc décisive. La fauche doit être pratiquée de façon à ménager une mosaïque de bandes refuges et de zones fauchées à des moments différents. Lors d’un enherbement, choisir des parcelles à proximité de surfaces déjà occupées par les orthoptères et enherber de façon clairsemée. 40% des plus de 100 espèces d’orthoptères indigènes figurent sur la Liste Rouge. Les espèces des surfaces pionnières en particulier ont grand besoin de notre soutien.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Systématique =&lt;br /&gt;
Les orthoptères sont classés en deux groupes faciles à distinguer. Les sauterelles (Ensifera) ont des antennes de même longueur ou plus longues que le corps, comportant au moins 30 articles, tandis que les criquets (Caelifera) ont des antennes plus courtes que le corps. Les femelles des sauterelles possèdent pour la plupart un ovipositeur bien visible, au contraire de celles des criquets qui ont des pièces génitales plus petites. La courtilière est la seule espèce sans longues antennes ni grand ovipositeur qui fait toutefois partie du groupe des sauterelles. Détails de la systématique des [https://fr.wikipedia.org/wiki/Ensifera Ensifera] et [https://fr.wikipedia.org/wiki/Caelifera Caelifera]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=Eléments d’écologie pour la pratique=&lt;br /&gt;
== Habitats ==&lt;br /&gt;
Les orthoptères occupent la plupart des habitats terrestres jusqu’à une altitude de 3100&amp;amp;nbsp;m. On les trouve dans les prairies et pâturages extensifs, les jachères, les vignobles, les forêts, les zones humides, les marais et les zones alluviales. De manière générale, on peut les décrire comme des espèces thermophiles et synanthropes, qui vivent dans des paysages fortement marqués par l’activité humaine. Gravières et carrières peuvent ainsi abriter de nombreuses espèces rares lorsque ces milieux sont maintenus ouverts et qu’ils bénéficient d’une exploitation extensive. En milieu urbain, les orthoptères trouvent une multitude de micro-habitats dans les friches industrielles et les grandes gares de marchandises, sur les places en gravier et les surfaces rudérales. Les parcs, jardins et toits plats ont moins d’importance pour les espèces rares, mais peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Lebensraeuume_Gruppen_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Prairies maigres, sites marécageux, forêts claires et éboulis comptent parmi les habitats les plus importants pour les orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Comme presque tous les orthoptères sont hélio- et thermophiles, ils ont besoin d’habitats présentant des surfaces ouvertes et une couverture végétale clairsemée. Ce sont moins les associations végétales précises que la structure et le microclimat qui définissent le lien entre une espèce d’orthoptère et son habitat. La densité et la hauteur de la végétation sont déterminantes, de même que la température et l’humidité. Une mosaïque d’habitats présentant une structure diversifiée est optimale pour la diversité des orthoptères. Les transitions entre habitats, comme les ourlets forestiers avec prairie humide, et les haies le long de prairies extensives, abritent un nombre particulièrement élevé d’espèces. Lorsque la dynamique naturelle n’existe plus, des travaux d’entretien réguliers sont nécessaires pour maintenir des surfaces ouvertes et une bonne diversité structurale.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les espèces d’orthoptères suisses peuvent se répartir en quatre groupes selon leur habitat (tiré de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
# Espèces des prairies et pâturages secs (43 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces des bas-marais et tourbières (11 espèces) &lt;br /&gt;
# Espèces forestières et semi-forestières, surtout aux altitudes inférieures (24 espèces)&lt;br /&gt;
# Espèces pionnières des zones alluviales, affleurements rocheux, pierriers ou karst (25 espèces)&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==Caractéristiques et reproduction==&lt;br /&gt;
La forme, le comportement et la coloration des orthoptères en font des animaux bien adaptés à leur habitat et leur procurent souvent un bon camouflage. La couleur du corps de nombreux orthoptères peut varier fortement au sein d’une même espèce et, de ce fait, ne constitue le plus souvent pas un critère d’identification. La couleur n’est pas toujours déterminée génétiquement, mais peut changer au cours du développement et s’adapter à la couleur du milieu. Les adultes ne peuvent par contre plus changer de couleur ; ils ne peuvent qu’éventuellement devenir plus foncés.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les orthoptères connaissent un développement hémimétabole (métamorphose incomplète). Après l’éclosion, la larve a déjà une allure d’orthoptère, et elle ressemble un peu plus à l’adulte après chaque mue. Jusqu’à 12 mues sont nécessaires aux grillons pour atteindre le stade adulte, 5 à 7 pour les sauterelles, et 4 à 5 pour les criquets. Ce n’est qu’après la dernière mue que seront achevées les ailes et les pièces génitales. La plupart des orthoptères vivent une année, leurs larves éclosant du printemps à l’été. On trouve les adultes en été et en automne, leur apparition dépendant surtout de l’altitude et des conditions microclimatiques. Seuls les grillons (Gryllidae) et les criquets de la famille des Tetrigidae passent l’hiver au stade de larves ou d’adultes et, par conséquent, apparaissent tôt au printemps suivant. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
L’accouplement a lieu quelques jours ou quelques semaines après la dernière mue, la ponte débutant quelques jours plus tard déjà. Chez la plupart des orthoptères, les femelles pondent leurs œufs dans le sol ou à la base des plantes. Grâce à leur ovipositeur, les sauterelles peuvent déposer leurs œufs plus profondément dans le sol que les criquets. D’autres espèces pondent dans les écorces fissurées et les parties de plantes riches en moelle, ou fixent les œufs sur les tiges ou les feuilles. Le développement des œufs de la plupart des espèces indigènes, de la ponte à l’éclosion, s’étend de l’automne au printemps suivant, voire sur plusieurs années pour quelques espèces. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les exigences des œufs concernant l’humidité et la température déterminent l’habitat de chaque espèce. Les espèces des milieux humides ne peuvent souvent pas survivre si leurs œufs ne sont pas assez humides en hiver. Elles ont besoin d’une période d’inondation. Le développement des œufs des acridiens (Acrididea) des habitats secs est plus long après l’hiver et ces espèces ont besoin de sols plus chauds. La température nécessaire est atteinte grâce au rayonnement solaire qui réchauffe les surfaces de sol nu. D’autres espèces, qui vivent dans une végétation plus haute et plus dense, parviennent à achever le développement de leurs œufs malgré un rayonnement plus faible. On trouve ainsi quelques spécialistes parmi les orthoptères, avec des exigences très spécifiques concernant leur habitat. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus''), par exemple, vit en Suisse exclusivement sur les bancs de gravier pauvres en végétation des grands cours d’eau alpins.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-1000px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Eiablage_Lebensraum-Fluegel.png&lt;br /&gt;
| text = De gauche à droite : Le Barbitiste des bois (''Barbitistes serricauda'') pond ses œufs dans l’écorce fissurée des plantes ligneuses. Le Criquet des iscles (''Chorthippus pullus'') n’est présent que le long des grands cours d’eau alpins. Les ailes atrophiées de la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'') la rendent inapte au vol. La Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') est une grande migratrice au sein des orthoptères.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Taille des populations et dispersion ==&lt;br /&gt;
La taille des populations peut fortement varier d’une année à l’autre. Une vague de froid ou une longue période de pluie au début du printemps peuvent suffire à faire chuter les effectifs. Des observations isolées montrent que même des populations comptant moins de 50 individus peuvent survivre plusieurs années si la qualité de l’habitat ne diminue pas. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La plupart des espèces d’orthoptères sont sédentaires et ne se déplacent que dans un rayon de quelques mètres à 1 km au maximum. Les ailes de nombreuses espèces sont atrophiées (p. ex. chez la Miramelle des moraines (''Podisma pedestris'')). Il existe cependant quelques espèces migratrices, comme la Grande sauterelle verte (''Tettigonia viridissima'') qui peut parcourir une distance de plusieurs kilomètres en un été. De grandes densités de population peuvent favoriser la dispersion d’espèces sédentaires ; en effet, la mobilité croît lors de stress lié à la densité et des individus macroptères, aux ailes beaucoup plus longues que d’habitude, peuvent apparaître. Cette augmentation de la taille des ailes permet de parcourir de plus longues distances, y compris à des espèces qui normalement ne volent pas. La propagation des œufs et des individus par transport passif (p. ex. cours d’eau, trafic ferroviaire, transport avec le foin ou les animaux de pâture) n’a pas été suffisamment étudiée. Pour plusieurs espèces, ce mode de dispersion semble toutefois bien fonctionner, car il arrive régulièrement de trouver des individus isolés ou des petites populations initiales loin des populations connues.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Conservation et promotion=&lt;br /&gt;
== Mesures générales ==&lt;br /&gt;
=== Espèces des milieux prairiaux et des zones humides  ===&lt;br /&gt;
* Exploiter les prairies et pâturages de façon extensive et renoncer aux machines lourdes, en particulier dans les zones humides&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’épandage d’engrais artificiels et de biocides, en particulier insecticides&lt;br /&gt;
* Promouvoir les surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) présentant un niveau de qualité QII&lt;br /&gt;
* Renoncer à l’irrigation des prairies maigres et des steppes&lt;br /&gt;
* Lutter contre l’embroussaillement des prairies et pâturages maigres et contre leur transformation en jachère&lt;br /&gt;
* Renoncer au drainage des zones humides et restaurer le régime hydrique naturel&lt;br /&gt;
* Conserver les pâturages, qui, en règle générale, présentent une structure plus hétérogène et sont plus riches en espèces, sauf en cas de fauche annuelle&lt;br /&gt;
* Protéger et restaurer les zones humides&lt;br /&gt;
* Aménager et entretenir les plans d’eau, en favorisant les rives en pente très douce&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces forestières et semi-forestières===&lt;br /&gt;
* Créer des lisières étagées avec strate herbacée et valoriser celles qui existent&lt;br /&gt;
* Conserver les vieux peuplements, arbres-biotopes et haies avec leurs ourlets&lt;br /&gt;
* Eclaircir les forêts et talus pour favoriser leur ensoleillement&lt;br /&gt;
* Entretenir les talus et bords de chemin de façon extensive&lt;br /&gt;
* Pratiquer une sylviculture adaptée au site, renoncer aux monocultures (d’épicéas p. ex.)&lt;br /&gt;
* Transformer les monocultures en forêts naturelles à plusieurs essences&lt;br /&gt;
* Renoncer aux engrais et aux biocides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Espèces pionnières des rives des cours d’eau  ===&lt;br /&gt;
((Repris de : [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)]&lt;br /&gt;
* Revitaliser les cours d’eau, en priorité les sites occupés par des espèces pionnières&lt;br /&gt;
* Renoncer au remblayage et à l’endiguement des surfaces riveraines occupées par des orthoptères&lt;br /&gt;
* Renoncer à toute destruction de bancs de sable, de gravier ou de pierres situés sur des surfaces occupées, et immédiatement en amont resp. en aval de celles-ci&lt;br /&gt;
* Permettre des crues régulières et assez fortes pour assurer l’érosion naturelle des bancs couverts de végétation dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Assurer le dépôt régulier de sédiments dans les sites occupés pour garantir la régénération des bancs de sédiments dans les zones alluviales&lt;br /&gt;
* Revitaliser le plus grand nombre possible de cours d’eau pour favoriser la recolonisation des régions abandonnées en créant des sites potentiellement favorables&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = Mosaik_aus_Gruenlandtypen_-_Suedschwarzwald_-_IMG_7876b.jpg&lt;br /&gt;
| text = La richesse structurale de ces surfaces offre aux espèces des milieux prairiaux un habitat idéal.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles ==&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, les petits éléments qui diversifient la structure – tas de branches ou de pierres par exemple –  jouent un rôle secondaire par rapport aux surfaces de sol nu (importants pour la ponte notamment) et aux éléments qui stockent la chaleur, comme les zones rocheuses, les surfaces de gravier, les creux humides et les flaques temporaires. Les structures nouvellement aménagées doivent mesurer au moins 20&amp;amp;nbsp;m&amp;lt;sup&amp;gt;2&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare. Il faut protéger les surfaces ouvertes naturelles et les zones richement structurées comme les moraines, les éboulis, les surfaces graveleuses et les zones d’atterrissement des plans d’eau ; elles ne doivent pas être comblées ni reboisées.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée  ==&lt;br /&gt;
De nombreux orthoptères menacés sont tributaires d’un pacage extensif ou d’une fauche régulière pour freiner la densification de la végétation. Le moment optimal pour la coupe dépend de l’espèce. Pour les espèces qui pondent leurs œufs dans le sol, les mois de mai à août sont défavorables. Pour celles qui pondent sur ou dans des végétaux, faucher avant mai ou après août est problématique. L‘exploitation en elle-même peut causer des dommages. Les pertes sont dues par exemple à la faucheuse-conditionneuse ou à l’andainage et à l’évacuation du produit de la coupe. Afin de réduire les pertes pour toutes les espèces, les points suivants doivent être respectés de façon générale lors de la fauche :&lt;br /&gt;
 &lt;br /&gt;
* De façon générale, il faut réduire au minimum le nombre de coupes, une coupe par an représentant l’intensité optimale&lt;br /&gt;
* Fauche précoce : pas sur toute la surface ; fauche tardive : après la floraison de la plupart des plantes&lt;br /&gt;
* Un entretien différencié donne les meilleurs résultats, c’est-à-dire une mosaïque de surfaces fauchées à des moments différents et de bandes refuges fauchées seulement une année sur deux.&lt;br /&gt;
* La hauteur de coupe doit mesurer au moins 10&amp;amp;nbsp;cm&lt;br /&gt;
* Les faucheuses à barre de coupe occasionnent le moins de dégâts, les faucheuses à disques sont les plus nocives ; faucher à la faux est la technique la plus respectueuse&lt;br /&gt;
* Pour permettre aux animaux de se disperser, laisser sécher le foin sur place et l’évacuer en tous les cas&lt;br /&gt;
* Les faucheuses-conditionneuses sont à proscrire&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.buntewiese-tuebingen.de/app/download/6569219764/Hiller%202014%20Auswirkungen%20verschiedener%20Mahdkonzepte%20auf%20die%20Heuschreckenfauna%20st%C3%A4dtischer%20Gr%C3%BCnfl%C3%A4chen%20-%20Naturschutz%20und%20Landschaftsplanung.pdf?t=1490555371 Hiller, D. &amp;amp; Betz, O.(2014). Auswirkungen verschiedener Mahdkonzepte auf die Heuschreckenfauna städtischer Grünflächen]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/npf/pdf_public/2014/30491_20141107_083216_MA_GrichtingStefan_2002.pdf  Grichting, S. (2002). Heuschrecken (Orthoptera) von Trockensteppen und extensiv bewirtschafteten Wiesen im Pfynwald (VS, Schweiz)]&lt;br /&gt;
: Etude sur les exigences écologiques et la répartition des orthoptères sur des prairies exploitées plus ou moins intensivement.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/1440_4_F.pdf Agridea (2011). Techniques de récolte des prairies et diversité des espèces]&lt;br /&gt;
: La fiche thématique montre les impacts des différentes techniques de fauche et de récolte sur la diversité des espèces et fournit des recommandations pour une fenaison la plus respectueuse possible de la faune.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Conserver les jachères tournantes et les bandes herbeuses ==&lt;br /&gt;
Lorsqu’on aménage des jachères tournantes et des bandes herbeuses non fauchées, il faut veiller à ce que les environs immédiats abritent des orthoptères, car ceux-ci ne peuvent souvent se disperser que sur de courtes distances. A chaque coupe, on épargne 10% de la prairie, qui servent alors de zones refuges.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [http://www.agraroekologie.ch/NuL07-10_Mueller_Bosshard.pdf Müller, M. &amp;amp; Bosshard, B. (2012). Altgrasstreifen fördern Heuschrecken in Ökowiesen - Eine Möglichkeit zur Strukturverbesserung im Mähgrünland]&lt;br /&gt;
: Etude des impacts positifs des bandes herbeuses non fauchées servant de zones refuges lors de la fauche en prairie extensive. &lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2012_01_f_1723.pdf Duss, M. et al. (2012). La mise en réseau des surfaces écologiques favorise les sauterelles]&lt;br /&gt;
: Etude de l’impact d’un projet de mise en réseau des surfaces de compensation écologique (SCE) sur la répartition de deux espèces d’orthoptères. Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/download.php?filename=2001_1112_102.pdf Peter, B. &amp;amp; Walter, T. (2001). Les orthoptères ont besoin des surfaces de compensation écologiques]&lt;br /&gt;
: L’analyse comparée de situations avant et après l’introduction des surfaces de promotion de la biodiversité (SPB) montre leur importance pour les orthoptères. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-800px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Buntbrache_Altgrassstreifen_AK.png&lt;br /&gt;
| text = A gauche et au milieu : Le Phanéroptère porte-faux (''Phaneroptera falcata'') et le Conocéphale bigarré (''Conocephalus fuscus'') apprécient la végétation haute des jachères florales.&lt;br /&gt;
A droite : Le Criquet des clairières (''Chrysochraon dispar'') profite des bandes herbeuses non fauchées.&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Pacage ==&lt;br /&gt;
Le pacage doit privilégier les races traditionnelles ou les animaux légers. De manière générale, l’élevage de moutons avec berger semble être particulièrement favorable aux orthoptères. La densité de bétail ne doit pas être trop élevée. La charge annuelle ne devrait pas dépasser 150 unités de gros bétail&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt; par hectare (UGB/ha). La pratique du pacage en enclos est recommandée – elle permet d’obtenir un effet analogue à la fauche tournante.&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
&amp;lt;small&amp;gt;&amp;lt;sup&amp;gt;1&amp;lt;/sup&amp;gt;L’intensité de pacage est le produit de la charge en bétail, en unités de gros bétail par hectare, multipliée par le nombre de jours de pâture (UGB/ha*jj). La valeur exacte change selon la taille et l’âge des animaux, et peut être obtenue avec le [https://www.agate.ch/portal/web/agate/gve-rechner calculateur UGB de l’Office fédéral de l’agriculture.]&amp;lt;/small&amp;gt;  &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/allegra-pierre-le-chevrier Pro Natura. Projet „Allegra Pierre le Chevrier“]&lt;br /&gt;
: Pro Natura lance des projets avec divers animaux de pâture afin de préserver durablement les milieux secs des Alpes, entre autre pour la conservation des orthoptères. Le résumé des différents projets et les résultats des suivis peuvent être consultés dans les [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_de/2_unsere_themen/biodiversitaet/Leitfaden_fuer_die_Aufwertung_von_brachliegenden_Trockenstandorten_durch_Beweidung-Beitraege%20zum%20Naturschutz_in_der_Schweiz_Nr%2037-2016_HighRes.pdf Guide : Revalorisation par la pâture de sites secs à l'abandon (en allemand) (2016).]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Enherbement direct et herbe à semences  ==&lt;br /&gt;
L’enherbement direct et la technique de l’herbe à semences sont préférables à l’ensemencement, car les insectes et les œufs peuvent être transportés en même temps que le matériel végétal lors de ces deux processus. Cela revêt une importance particulière pour les espèces qui disposent d’un faible potentiel de dispersion. Pour conserver la diversité génétique régionale des espèces animales et végétales, les semences et l’herbe doivent provenir de [https://www.regioflora.ch/fr/ parcelles sources situées dans les environs], c’est-à-dire être [https://fr.wikipedia.org/wiki/Indig%C3%A8ne_(%C3%A9cologie) indigènes]. Pour le succès de la colonisation, les parcelles receveuses doivent se situer à 1&amp;amp;nbsp;km au maximum, ou mieux seulement 500&amp;amp;nbsp;m, de surfaces déjà occupées par des orthoptères. L’apport de pierres ou de sédiments fins lors de l’enherbement peut permettre de maintenir à long terme des petits secteurs de sol nu.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations de base''' &amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [http://public.bibliothek.uni-halle.de/index.php/hercynia/article/viewFile/218/224 Elias, D. &amp;amp; Thiede, S. (2008). Verfrachtung von Heuschrecken (Insecta : Ensifera et Caelifera) mit frischem Mähgut im Wulfener Bruch (Sachsen-Anhalt)]&lt;br /&gt;
: Cette étude montre le rôle important que la technique de l’herbe à semence joue pour les orthoptères, en particulier pour les espèces peu mobiles.&lt;br /&gt;
* [http://www.agrarforschungschweiz.ch/artikel/2001_07_71.pdf  Bosshard, A. &amp;amp; Kuster, D. (2001). L`importance de prairies à foin extensives nouvellement crées pour papillons diurnes et sauterelles]&lt;br /&gt;
: Cette analyse montre que des prairies extensives nouvellement créées peuvent être rapidement colonisées par des espèces menacées d’orthoptères et de papillons de jour.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales '''&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
* [https://www.regioflora.ch/fr/ Regio Flora - le portail pour favoriser la diversité dans les herbages]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’enherbement direct de prairies et pâturages.&lt;br /&gt;
* [https://agridea.abacuscity.ch/abauserimage/Agridea_2_Free/2591_4_F.pdf?xet=1490159151539 Agridea (2015). Enherbement direct de prairie riches en espèces dans l'agriculture]&lt;br /&gt;
: Guide pratique pour l’utilisation de semences régionales dans les surfaces de promotion de la biodiversité.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-hoch&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Gewaesser_PZ.png&lt;br /&gt;
| text = Les berges des rivières et des plans d’eau sont des corridors importants pour la dispersion et doivent être entretenues en alternance.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Zones humides et sites secs ==&lt;br /&gt;
===  Entretenir les milieux rudéraux et les ourlets des zones humides  ===&lt;br /&gt;
De nombreuses espèces déposent leurs œufs dans la tige des végétaux au bord des rivières et plans d’eau. Les berges sont des corridors jouant un important rôle de dispersion pour la faune. L’entretien extensif des zones humides et des fossés tout au long de l’année est par conséquent essentiel :&lt;br /&gt;
* Alternance de [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée|la fauche]] sur les berges, laisser la végétation intacte 1 à 2 ans sur une berge&lt;br /&gt;
* Echelonner la fauche des ourlets d’une même berge et évacuer la matière coupée&lt;br /&gt;
* Ne pas broyer sur place la matière coupée (mulch)&lt;br /&gt;
* Par le [[#Pacage| pâturage extensif]] ou la [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| fauche]], perturber régulièrement les milieux rudéraux par secteurs afin d’empêcher l’embuissonnement et de créer des surfaces à [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| structure diversifiée]]&lt;br /&gt;
* Lutter contre les plantes invasives, en particulier les renouées (''Fallopia'') et l’impatiente glanduleuse (''Impatiens glandulifera'')&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Débroussaillage des sites secs === &lt;br /&gt;
La couverture par la végétation arborée et arbustive ne doit pas dépasser 25% sur les sites de grande taille, 10% sur les sites plus petits. La pâture extensive ou la fauche conviennent bien au maintien à long terme de PPS ouverts. Les mesures de valorisation des sites secs seront traitées ultérieurement.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Milieu urbain==&lt;br /&gt;
=== Entretien extensif des surfaces en gravier et des friches industrielles  ===&lt;br /&gt;
Une riche faune orthoptérologique peut se développer en bordure de milieu urbain et sur les sites industriels, pour peu qu’ils comptent de grandes surfaces de terrain nu. Ce sont par exemple les zones en gravier et les friches industrielles où la végétation est éparse. Ces parcelles doivent être entretenues extensivement (cf : [[#Concepts de fauche et évacuation de la matière coupée| concepts de fauche]]). On peut en accroître la richesse structurale en les entretenant par secteurs plus petits et en y ajoutant des petits [[#Protéger les surfaces à structure diversifiée et en créer de nouvelles| éléments de structure]].&lt;br /&gt;
=== Enherbement et entretien des toits plats===&lt;br /&gt;
Les toits plats peuvent servir de biotopes relais à quelques espèces d’orthoptères, comme l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'') ou l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Jusqu’à présent, aucune colonisation durable par une population n’y a été constatée. Lors de l’aménagement des toits, il faut prêter attention aux points suivants :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des plantes et semences indigènes&lt;br /&gt;
* Maintenir des zones non végétalisées et en créer régulièrement de nouvelles en enlevant la couche supérieure du sol&lt;br /&gt;
* Utiliser sable, gravier et caillasse de différentes granulométries&lt;br /&gt;
* Entretenir la végétation de façon extensive et par secteurs&lt;br /&gt;
* Assurer la richesse structurale au moyen de tas de gravier, bois, etc.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Liens'''&lt;br /&gt;
* [https://www.vorarlberg.at/pdf/berichtblaufluegeligesand.pdf Speck, M. &amp;amp; Brenneisen, S. (2014). Die Blauflügelige Sandschrecke (Sphingonotus caerulans) auf den extensiv begrünten Dächern der Europa-Allee in Zürich]&lt;br /&gt;
: Cette étude atteste la présence de l’espèce de la Liste Rouge sur les toits plats de Zurich. L’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') n’a pas été trouvé dans cette étude, mais dans d’autres qui sont citées ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt-zuerich.ch/ted/de/index/gsz/angebote_u_beratung/beratung/dachbegruenungen.html Stadt Zürich. Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations exhaustives concernant l’aménagement et l’entretien des toits enherbés, illustrées de nombreux exemples concrets.&lt;br /&gt;
* [https://www.stadt.sg.ch/home/raum-umwelt/bauen-sanieren/natur-stadt.html Stadt St. Gallen, Amt für Umwelt und Energie (2014). Leitfaden Dachbegrünung]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées sur l’installation et les types d’enherbement des toits plats. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Fotos-links-650px&lt;br /&gt;
| bilddatei = Heuschrecken_Siedlungsgebiet.png&lt;br /&gt;
| text = Les toits plats peuvent servir de biotopes relais pour la colonisation de nouveaux habitats par l’Oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens'') et l’Oedipode aigue-marine (''Sphingonotus caerulans'').&lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
=== Aménager et entretenir des prairies fleuries et des zones arides  === &lt;br /&gt;
En tenant compte des points suivants, on peut favoriser la présence d’orthoptères relativement exigeants dans les parcs et jardins :&lt;br /&gt;
* N’utiliser que des semences indigènes&lt;br /&gt;
* Semer de façon clairsemée et ne pas fumer&lt;br /&gt;
* Laisser des surfaces de sol nu&lt;br /&gt;
* Au maximum 2 fauches par an, avec faucheuse à barre de coupe ou à la faux, et de façon échelonnée&lt;br /&gt;
* Entretenir de façon échelonnée les friches, bandes herbeuses non fauchées et ourlets autour des buissons et arbustes de 5 à 10 m afin de prévenir l’embroussaillement&lt;br /&gt;
* Evacuer le produit de la coupe&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''Informations générales'''&lt;br /&gt;
* [http://www.pronatura.ch/tl_files/dokumente_fr/2_nos_themes/biotopes/Prairies/Pro_Natura_Pratique_Prairies_fleuries.pdf Pro Natura 2014. Prairies fleuries, aménagement et entretien]&lt;br /&gt;
: Informations détaillées concernant l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries, grandes ou petites. &lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_blumenwiesen_f.pdf WWF Suisse 2010. Un paradis multicolore de fleurs des champs]&lt;br /&gt;
: Instructions étape par étape pour l’aménagement et l’entretien de prairies fleuries pour les particuliers.&lt;br /&gt;
* [https://assets.wwf.ch/downloads/priv_ruderal_f.pdf WWF Suisse 2010. Les zones arides de caillasse, de gravier et de sable sont vivantes]&lt;br /&gt;
: Instructions pour l’aménagement et l’entretien de zones arides pour les particuliers.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Aménagement et entretien de milieux pionniers secondaires == &lt;br /&gt;
Du fait que leurs habitats originels – plaines alluviales, zones incendiées, etc. – ont largement disparu, les milieux pionniers créés par les humains sont devenus de précieux habitats secondaires pour les orthoptères. La conservation de ces milieux pionniers nécessite des actions d’entretien régulières pour contrer l’accumulation de litière, la création d’un « tapis » de végétation et son enchevêtrement (« Verfilzung »), ainsi que l’embroussaillement. Les orthoptères trouvent de précieuses surfaces pionnières :&lt;br /&gt;
* Dans les carrières et gravières&lt;br /&gt;
* Dans les vignes&lt;br /&gt;
* Dans les sablières, glaisières et marnières&lt;br /&gt;
* Dans les gares et sur les voies de chemin de fer&lt;br /&gt;
* Dans les friches industrielles&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
==  Réintroduction d’animaux ==&lt;br /&gt;
Dans l’optique de la protection de la nature, on ne doit envisager la réintroduction d’orthoptères disparus qu’en dernier recours. En effet, c’est toujours la protection des populations existantes qui figure au premier plan, et une réintroduction ne se réalise qu’à grands frais. Le succès d’une telle entreprise dépend de l’élaboration soigneuse d’une stratégie de réintroduction et du strict respect des [https://portals.iucn.org/library/efiles/documents/2013-009.pdf lignes directrices de l’UICN pour les réintroductions]. La réintroduction d’orthoptères est sujette à autorisation et doit être menée par des spécialistes, raison pour laquelle nous n’en traitons pas plus en détail ici.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
{{Foto-rechts-quer&lt;br /&gt;
| bilddatei = GSM 5012435629 6b68a9c506 b.jpg&lt;br /&gt;
| text = L’Ėphippigère des vignes (''Ephippiger diurnus'') occupe les prairies sèches clairsemées et les lisières. Elle fait partie des espèces fortement menacées.  &lt;br /&gt;
}}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Protection des espèces =&lt;br /&gt;
Du fait de leurs exigences en matière d’habitat, de nombreuses espèces d’orthoptères ont besoin de mesures de conservation tout à fait spécifiques. L’ordre de priorité des espèces menacées, établi selon leurs besoins de conservation, est présenté dans la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-especes-prioritaires-nationales.html Liste des espèces prioritaires au niveau national (2011)].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Il existe peu de connaissances tirées de la pratique concernant la protection ciblée d’espèces d’orthoptères. En Suisse, on ne trouve à l’heure actuelle qu’un [http://kbnl.ch/wp-content/uploads/2016/11/webseite_Ocaerulescens.pdf résumé des meilleures pratiques de la conservation spécifique] et un [http://www.aln.zh.ch/internet/baudirektion/aln/de/naturschutz/artenfoerderung/ap_fa/oedland/_jcr_content/contentPar/downloadlist/downloaditems/40_1298476571873.spooler.download.1387468488719.pdf/Oedipoda_caerulescens_AP.pdf concept de protection du canton de Zurich], tous deux pour l’oedipode turquoise (''Oedipoda caerulescens''). Dans les pays voisins, les publications suivantes concernant les mesures de conservation sont disponibles :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
'''France''' &lt;br /&gt;
* [http://www.trameverteetbleue.fr/documentation/cote-recherche/syntheses-bibliographiques-especes Synthèses bibliographiques sur les traits de vie d'espèces - Orthoptères]&lt;br /&gt;
'''Allemagne'''&lt;br /&gt;
* [http://www.nlwkn.niedersachsen.de/naturschutz/natura_2000/vollzugshinweise_arten_und_lebensraumtypen/vollzugshinweise-fuer-arten-und-lebensraumtypen-46103.html#Wirbellose Niedersächsischer Landesbetrieb für Wasserwirtschaft, Küsten- und Naturschutz. Niedersächsische Strategie zum Arten- und Biotopschutz]&amp;lt;br /&amp;gt;&lt;br /&gt;
'''Autriche''' &lt;br /&gt;
* [http://www.zobodat.at/pdf/NaturschutzbundBgld_9_2013_0001-0160.pdf Zuna-Kratky, T. et. al. (2013). Schutzprogramm für die gefährdeten Heuschrecken des Nordburgenlands]&lt;br /&gt;
'''Pays-Bas '''&lt;br /&gt;
* [http://repository.naturalis.nl/document/161506 Schut, D.  et al. (2008). Actieplan prioritaire Sprinkhanen in Noord-Brabant]&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Menaces =&lt;br /&gt;
Presque 40% des 105 espèces d’orthoptères étudiées pour la [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] sont menacées. Les plus fortement menacées sont les espèces pionnières le long des cours d’eau et celles des bas-marais et tourbières. Conserver les dernières populations de ces espèces-là est donc de première importance. Les plus grandes menaces qui pèsent sur tous les orthoptères sont présentées ci-dessous :&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
* Perte et fragmentation des habitats suite au changement de l’utilisation du paysage, comme la transformation des milieux prairiaux en terres arables, l’urbanisation ou l’industrialisation&lt;br /&gt;
* Intensification de l’exploitation, en particulier emploi de faucheuses et de faucheuses-conditionneuses, fumure et augmentation du nombre de coupes par année, ainsi qu’augmentation de la charge en bétail sur des petites surfaces&lt;br /&gt;
* Manque de processus (naturels) maintenant des paysages ouverts et un sol par endroits nu, et homogénéisation du paysage&lt;br /&gt;
* Densification de la végétation due à l’eutrophisation&lt;br /&gt;
* Usage d’insecticides&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Les autres menaces qui sont, quant à elles, propres aux habitats particuliers sont les suivantes :&lt;br /&gt;
* Espèces des milieux prairiaux : pacage intensif ou fauche fréquente, prolifération des strates arbustive et herbacée due à la transformation en jachère, appauvrissement de la diversité végétale, fumure des prairies et pâturages&lt;br /&gt;
* Espèces des zones humides : modifications du régime hydrique des zones humides, exploitation agricole plus intensive des prairies humides&lt;br /&gt;
* Espèces forestières et semi-forestières : étagement insuffisant de la lisière (strates arbustive et herbacée), élimination des haies, des petits éléments structuraux et des zones rocheuses, intensification de la sylviculture, emploi de biocides, monoculture, usage touristique (surtout ski et VTT)&lt;br /&gt;
* Espèces pionnières : endiguement des cours d’eau et atteintes au régime de charriage des sédiments, modifications du régime et de la dynamique hydriques, prolifération des strates arbustive et herbacée dans les milieux ouverts&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Ce qu’on ignore encore =&lt;br /&gt;
Les lacunes dans les connaissances à disposition ne sont pas une fatalité et concernent en particulier la conservation.&lt;br /&gt;
* Succès de la conservation des espèces rares&lt;br /&gt;
* Taille minimale des populations viables&lt;br /&gt;
* Connectivité des populations d’orthoptères de différentes espèces et cortèges d’espèces&lt;br /&gt;
* Conséquences de l’exploitation des surfaces herbagères sur chaque type d’habitat : les connaissances acquises sur les pelouses sèches sont-elles transposables aux prairies humides par exemple ?&lt;br /&gt;
* Effet barrière des routes à plusieurs voies (autoroutes)&lt;br /&gt;
* Conséquences du changement climatique, en particulier des longues périodes de sécheresse ou des fortes pluies&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Exemples pratiques=&lt;br /&gt;
Pour les orthoptères, nous n’avons trouvé qu’un seul exemple concret qui décrive en détail les mesures réalisées et qui comprenne une étude de suivi. Nous attendons donc avec plaisir vos retours d’expériences et vos propositions par [http://biodivers.ch/index.php/kontakt.html e-mail].&lt;br /&gt;
* [http://www.parcs.ch/nwp/pdf_public/2014/26962_20140130_123116_Kurth_Salome_2007.pdf Kurth, S. (2007). Planning a migration corridor for the highly endangered grasshopper Chorthippus pullus (Orthoptera, Acrididae) in the Rottensand (Pfynwald, VS)] &lt;br /&gt;
: Création d’un couloir de migration pour le Criquet des iscles au Bois de Finges, et observation de son utilisation.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Liens généraux=&lt;br /&gt;
* [https://lepus.unine.ch/carto/index.php?lang=fr Centre Suisse de Cartographie de la Faune (CSCF). info fauna - Distribution des espèces]&lt;br /&gt;
* [https://www.bafu.admin.ch/bafu/fr/home/themes/biodiversite/publications/publications-biodiversite/liste-rouge-orthopteres.html OFEV (2007). Liste rouge des espèces menacées en Suisse : Orthoptères (2007)] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch Orthoptera Suisse. Plateforme d'orthoptères pour la Suisse et l'Europe] &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/links Orthoptera.ch. Liste de liens pour les sites Web internationaux] &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Glossaire et autre liens d’un intérêt particulier ==&lt;br /&gt;
* [https://www.orthoptera.ch/glossar Glossar von orthoptera.ch]&lt;br /&gt;
* [http://www.biofotoquiz.ch/biofotoquiz/index.php?domain=standard&amp;amp;classID=278 Biofotoquiz]&lt;br /&gt;
: Quiz avec photos d’orthoptères et d’autres animaux et végétaux pour apprendre à reconnaître les espèces.&lt;br /&gt;
* [https://offene-naturfuehrer.de/web/Heuschreckenarten_nach_einfachen_Merkmalen_bestimmen_(Bayern) Heuschreckenarten nach einfachen Merkmalen bestimmen (Bayern)]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination wiki des orthoptères de Bavière. Le lecteur est guidé par les critères, la connaissance des termes spécialisés est requise.  &lt;br /&gt;
* [http://www.andre-rey.ch/cms/fileadmin/pdf/Heuschecken_Bestimmungsschluessel_Suedalpen.pdf Fontana et al. (2002). Heuschrecken-Bestimmungsschlüssel für die östlichen Südalpen]&lt;br /&gt;
: Clé de détermination avec dessins détaillés des critères. &lt;br /&gt;
* [http://www.orthoptera.ch/info-app-wiki/orthoptera-app Orthoptera App]&lt;br /&gt;
: Cette application de détermination des orthoptères pour IPhone et Androïd présente, pour chaque espèce, de nombreuses photos, enregistrements et informations générales. Les observations peuvent être saisies dans l’application et transmises au CSCF par ce moyen.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Littérature recommandée  =&lt;br /&gt;
== Littérature concernant la pratique ==&lt;br /&gt;
* Detzel, P. (1998). Die Heuschrecken Baden-Württembergs. Stuttgart Hohenheim, Ulmer.&lt;br /&gt;
: A ce jour le meilleur livre traitant des orthoptères sous l’angle de l’écologie pratique et des mesures de conservation. Les mesures d’amélioration sont présentées par espèce et habitat. Elles en font un guide général très valable, mais il manque les instructions pour la mise en œuvre. Dans l’ensemble un bon livre pour débuter, mais il est indispensable de développer le sujet.&lt;br /&gt;
* Ingrisch, S. &amp;amp; Köhler, G. (1998). Die Heuschrecken Mitteleuropas. Vol. Bd. 629. Magdeburg, Westarp Wissenschaften.&lt;br /&gt;
: Livre très complet et général sur la biologie, la dynamique des populations et les habitats des orthoptères, moins sur la valorisation des habitats et les mesures de conservation. Malgré sa date de parution, il reste intéressant et informatif.&lt;br /&gt;
* Schlumprecht, H. &amp;amp; Waeber, G. (2003). Heuschrecken in Bayern. Stuttgart Hohenheim, Ulmer. &lt;br /&gt;
: Atlas de détermination très complet comportant de nombreuses informations sur le mode de vie et l’habitat de chaque espèce. Menaces et protection sont traitées dans des exemples provenant de Bavière, et on y trouve des conseils pour la valorisation espèce par espèce.&lt;br /&gt;
* Maas, S., Detzel, P. &amp;amp; Staudt, A. (2002). Gefährdungsanalyse der Heuschrecken Deutschlands  - Verbreitungsatlas, Gefährdungseinstufung und Schutzkonzepte. Bonn-Bad Godesberg, Bundesamt für Naturschutz.&lt;br /&gt;
: Atlas détaillé des orthoptères d’Allemagne, avec analyses des menaces, et informations sur les habitats, la biologie et la répartition de chaque espèce. Les données sur la valorisation des habitats sont concises.&lt;br /&gt;
* [http://dgfo-articulata.de/articulata Articulata - Zeitschrift der Deutschen Gesellschaft für Orthopterologie]&lt;br /&gt;
: Des articles sur la conservation d’orthoptères paraissent régulièrement dans la revue de la Société allemande d’orthoptérologie (DGfO). Des articles plus anciens peuvent être téléchargés en format PDF.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
== Ouvrages de détermination ==&lt;br /&gt;
* Baur, B., Bauer, H., Rösti, C., &amp;amp; Rösti, D. (2006). Die Heuschrecken der Schweiz. Bern, Haupt Verlag.&lt;br /&gt;
: Clé de détermination intuitive des orthoptères de Suisse avec de très beaux dessins de détail. Contient des cartes de répartition et des explications sur les critères les plus importants.&lt;br /&gt;
* Fischer, J., Steinlechner, D., Zehm, A., Poniatowski, D., et al., éd. Bayerische Akademie für Naturschutz und Landschaftspflege (2016). Die Heuschrecken Deutschlands und Nordtirols. Bestimmen - Beobachten - Schützen. Wiebelsheim Hunsrück, Quelle &amp;amp; Meyer.&lt;br /&gt;
: Ce livre sort du lot. Il contient des photos de détail des critères de détermination des adultes et des larves, une présentation de la période principale d’activité de toutes les espèces, et bien plus encore.&lt;br /&gt;
* D’autres livres de détermination nationaux et internationaux sont listés sur [http://www.orthoptera.ch/literatur Orthoptera.ch].&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
= Auteurs =&lt;br /&gt;
{|&lt;br /&gt;
| Texte  || [https://www.biodivers.ch/index.php/bienvenue.html Association biodivers ]|| info@biodivers.ch&lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Review|| [http://www.goeg.de/kontakt  Prof. Dr. Peter Detzel] || [http://www.goeg.de/ Gruppe für ökologische Gutachten] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Dr. Axel Hochkirch] || [https://www.uni-trier.de/index.php?id=20299 Université de Trèves] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.naturalis.nl/en/science/researchers/roy-kleukers Roy Kleukers] || [http://www.naturalis.nl/nl/en Naturalis Biodiversity Center] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
|  ||  [https://www.orthoptera.ch/ueber-uns Florin Rutschmann] || [http://www.pronatura-aargau.ch/cms/index.php?id=4&amp;amp;no_cache=1 Pro Natura Aargau] &lt;br /&gt;
|-&lt;br /&gt;
| Traduction ||  Sandrine Seidel || [http://filoplume.ch/ Filoplume Traduction] &lt;br /&gt;
|}&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;lt;!-- biodivers-Links zu Arten: Kiesbankgrashüpfer Chorthippus pullus, Blauflügelige Ödlanschrecke Oedipoda caerulescens → Aktionsplandrehscheibe, Grüne Heupferd Tettigonia viridissima, Alpenschrecke Anonconotus alpinus &lt;br /&gt;
biodivers-Links zu Lebensräumen: Kleinstrukturen, Hecke, Stillgewässer (mehrfach), Fliessgewässer (mehrfach), Wald und Waldrand (mehrfach), Feuchtgebiete, Sumpf, Grünland, Trockenwiesen und Trockenweisen, Entbuschung von Trockenwiesen (mehrfach)--&amp;gt;&lt;/div&gt;</summary>
		<author><name>VB2</name></author>	</entry>

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